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Au Fil de la Semoy à Haulmé


Au Fil de la Semoy, dans le département des Ardennes, est une coquette petite brasserie-friterie se situant sur le Site de la Base de Loisirs et du camping de Haulmé, dans la Vallée de la Semoy, laquelle vient de rouvrir, suite à un changement d’exploitants.

On y mange de bons petits plats et de belles salades composées, tout en ayant la possibilité de boire une bonne bière.

En terrasse, la vue est splendide et reposante. Il y a ici des airs d’arrière pays niçois.

A l’intérieur, on peut y découvrir un bar et une belle salle de restaurant joliment décorée.

Les nouveaux gérants savent accueillir les clients, avec une gentillesse naturelle.

Mon menu du jour tournera autour d’une fricadelle, avec des frites, quelques crudités et une sauce Samouraï. Une bonne bière de Chimay Bleue sera la bienvenue, pour ce repas champêtre.

Une grande glace, au chocolat blanc, viendra clôturer gentiment ce joli moment de détente dans un coin de paradis.

Si vous voulez vous évader et manger à un prix raisonnable, c’est ici que vous devez venir.

A découvrir !

Ecrit par Philippe Chauveau-Beaubaton

Voir en ligne : AU FIL DE LA SEMOY

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« Chez Rosa » à Tournavaux


« Chez Rosa » est un gentil petit café-restaurant de campagne ouvert depuis le mardi 2 juillet 2019, suite au départ des propriétaires de « La Taverne du Ch’ti » dont l’établissement était fermé depuis un bon bout de temps.

Situé au carrefour des routes allant de Monthermé vers Les Hautes-Rivières, ainsi que de celle venant de la base de loisirs et du village de Haulmé, ce restaurant se trouve juste avant Thilay, au lieu-dit Blossette, 1 route de Thilay.

L’accueil y est très sympathique et assuré par Rose-Maria Dewoitine, la patronne. Quant à son fils Quentin, c’est lui qui officie en cuisine. Rosa est une ardennaise, originaire de Monthermé.

Il y a une belle terrasse d’été, pour y prendre ses repas, ainsi qu’une plus petite, devant l’établissement, pour y boire un verre, tout en regardant les gens monter ou descendre de l’autobus dont l’arrêt se fait ici.

Ouvert, pour le moment, de 9 heures à 21 heures, la maison n’accepte pas les cartes de crédit, mais il faut dire que le repas y est à 15 euros hors boissons avec une entrée, un plat et un dessert.

Aujourd’hui, le Chef Quentin proposait à ses clients un menu du jour simple et bon, avec deux entrées, deux viandes avec frites et deux desserts.

Pour ma part, mon choix s’est orienté vers une assiette copieuse de crudités, une entrecôte sauce au poivre bien cuisinée et une mousse au chocolat.

Voilà une halte qui fait bonne figure et où tout un chacun peut y consommer des boissons chaudes ou froides, des glaces et s’y restaurer, tant pour les locaux, les vacanciers de la base de loisirs et du camping, les motards et les randonneurs de passage.

A découvrir, dans ces belles Ardennes et à proximité de la Belgique !

 

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La Table du Concept à Charleville-Mézières


Eric Arnaud, Maître-Sommelier, a eu la brillante idée de s’associer avec le jeune et brillant Chef de Cuisine Thibaut Pérotin pour ouvrir, il y a trois mois, le restaurant La Table du Concept juste à côté de son Bar à Vins Le Concept, sous les arcades de la Place Ducale à Charleville-Mézières, laquelle n’a rien à envier à sa petite sœur jumelle et parisienne, la fameuse Place des Vosges.

C’est autour d’un surprenant vin hongrois que je suis accueilli par Eric Arnaud, en terrasse. Le nez est assez floral et en bouche se développent des notes de pêches blanches. Ce vin est sec et il fait le bonheur, surtout lorsqu’il est bien frais comme c’est le cas, d’un apéritif surprenant, avec une crème de chou-fleur au lard rôti. C’est un Château Dereszla de 2016 du Domaine Tokaji.

Eric Arnaud me présente son Chef de Cuisine et Associé Thibaut Pérotin, lequel va me concocter les plats que je souhaite déguster. Thibaut ne travaille que sur des produits frais et tout est élaboré dans sa cuisine. Il privilégie les circuits courts ainsi que les légumes de saisons. Je constate, au cours de mon repas, que le Chef Thibaut Pérotin a déjà une belle signature culinaire avec un vrai talent.

Eric Arnaud, grâce à son Chef de Cuisine aux magnifiques compositions pleines de goûts et d’idées, vient de réussir son pari fou d’ouvrir un restaurant gastronomique. On vient dans son Bar à Vins, pour déguster ses derniers bons crus autour de planches de charcuteries, de fromages ou de pâtes. A présent, on pourra continuer à se délecter des nectars de la vigne, autour d’un repas digne des plus belles tables.

Je commence par une agréable mise en bouche composée par notre Chef. C’est un tartare de truite de Vendresse, avec sa délicieuse chips faite à partir de la peau de ce poisson, accompagné d’une bille de concombre et d’un pain gris aux céréales.

Arrive ensuite une tarte fine aux légumes de saison qui s’avère être une véritable palette de peintre. L’ensemble est superbement assaisonné à l’huile de roquette et vinaigre de miel ardennais, très bien travaillé, frais et très subtil. La présentation est audacieuse, en même temps qu’harmonieuse et soignée. Un vrai délice, surtout avec ce Chorey les Beaune de 2015 de la Maison Champy très fruité.

Le poisson est, quant à lui, tout simplement divin. Il s’agit d’un Monochrome de Cabillaud et son émulsion coco avec sa crème de chou-fleur. Un bel ensemble terre-mer travaillé d’une manière très artistique, ainsi qu’une cuisson bien maîtrisée . Un pur régal qui nous transporte vers l’océan et un poisson d’une fraîcheur exceptionnelle, comme s’il avait été pêché au cours de la nuit.

Le dessert me ramène au pays de mon enfance, lorsque notre Maman trempait des biscuits Thé Brun dans du café bien fort. Elle montait des étages pâtissiers, en rajoutant une crème sucrée au beurre et des blancs montés en neige entre chaque couche de biscuit. Elle appelait cela le Gâteau de Mareil car il avait été composé, pour la première fois, dans la maison de campagne de ses parents qui passaient toutes les fins de semaine à Mareil-Marly, dans le département des Yvelines. Merci, Chef Pérotin, de m’avoir fait voyager ainsi sur son élégante composition.

Sur ce joli dessert, Eric me propose un verre de Maury aux notes de fruits rouges confits légèrement madérisées, pouvant rappeler un délicieux Porto ou un Vieux Byrrh. Quelle superbe fin de repas !

Une bien belle Maison à découvrir !

Rédaction et crédit photo Philippe Chauveau-Beaubaton

La Table du Concept

37/39 Place Ducale

08000 CHARLEVILLE-MÉZIÈRES

Tél. 09.83.97.42.86

 

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« Histoire d’amour Fatale » de Carole Trappler


Histoire d’amour Fatale
Qui me rend un peu bancale
Histoire d’amour fatale
Qui me rend bien trop banale
Histoire d’amour d’une Vie pas toujours très réussie
Des coups de chagrin, des coups de reins dans tous ces coups qui ne mènent à rien…
Mes coups d’amour, mes coups de joie, je ne sais plus exprimer tout ça…
Souillée par tous ces hommes en chaleur qui se régalaient dans ma pudeur
Malgré mes râles et mes hauts de cœur, ils m’ont rempli d’horreur qui a pris grâce dans mes frayeurs.
Solitaire mais guerrière… Telle une Amazone je me nourris de la Vie. Elle a sa place dans mon lit quand d’autres y sont à jamais bannis.
Elle est ma première histoire d’Amour et c’est à elle que j’écris.
Même si parfois j’aimerais lui demander pourquoi elle m’a donné tant de beauté
Elle ne m’a pas favorisé au contraire elle m’a toujours piégé et emprisonné dans des peines bien lourdes à porter.
Mais
Mes coups d’amour, mes coups de Je t’aime
Prends-les et garde-les pour Toi
Mes coups d’amour mes coups de sang
En sont presque indécents.
Certes Pas comme ceux qui bercent un enfant.
Tu m’animes sur tes chemins parsemés d’épines… Tu me réanimes quand tu m’offres ta lumière cristalline qui grandit au fond de Moi… Elle devient le guide de ma foi en toi.
Dans la rivière de toutes les lois
Coule cet Amour qui vogue vers Toi
Belle et toujours fidèle aux sourires qui se dessinent grâce à Toi.
Tu es Divine Mystique Réaliste Guérisseuse Angélique comme Dramatique Tragique Arrogante Meurtrière et Mélancolique… Le Bien et le Mal dans ta réincarnation éternelle… Et tu m’as fait Mal..
Mais
Je prends ton Bien pour une nouvelle Vie toujours plus Belle et certes plus facile.
Je te laisse Le Mal(e) que tu offriras à ceux qui n’ont pas appris à te croquer et qui ignorent toutes tes Libertés accompagnées de tes Vérités dont je ne me lasse pas de m’imprégner.
Ce que je souhaite à tous ceux qui croient et qui n’ont pas peur de Toi.
Toi et Moi réunies pour l’Infini avec ceux qui l’auront bien compris et qui respecteront tes lois bien définies.

Carole Trappler et son coup de Cœur pour la Vie.

Présentation de notre nouvelle collaboratrice au Journal La Libre Gazette, Carole Trappler :

Carole Trappler est née dans le Territoire de Belfort le 10 avril 1969.
Passionnée par le Cinéma et le théâtre elle écrit dès son plus jeune âge des sketchs et d’autres écrits mis en poèmes ou en chansons.
Elle obtient une médaille d’or en 1987 remise par le maire de Paris Jacques Chirac pour une maitrise en français et en dactylographie.
Elle choisit toutefois de travailler dans le monde de la nuit ou elle est engagée comme attachée commerciale, organisatrice de soirée VIP et Barmaid jusqu’en 2006.
En 2006 suite à un accident, elle quitte cette profession et reste un temps dans un fauteuil roulant à se battre contre la maladie. Elle accède ainsi au net jusque là inconnu et prends part par la suite à des parties de poker professionnelles.
Elle tournera pour Tf1 dans l’émission Reportage en 2009 son histoire ayant sensibilisée le public, elle sera repérée et sponsorisée par une Room de poker en ligne en 2012.
Elle intégrera par la suite la Team de Monsieur Big Roger l’actuel joueur français deux fois champion du monde de poker.
Le soutien et l’amour des personnes qui lui était offert à travers les réseaux sociaux et le net l’ont motivé à dépasser la maladie et à se relever de son fauteuil, mois après mois, pour aller à la rencontre de vrais joueurs live et surtout de ces personnes qui la soutiennent.
Sa Voix radiophonique l’amènera par la suite à produire et a animer différents types d’émissions aussi diverses les unes que les autres.
Elle créa sa propre radio Ppandco (pour le plaisir, pour le partage et confidences) aux côtés d’Alain Onnein. Elle enchaîne depuis avec des partenariats.
Les auditeurs la surnomme très vite The Voice on Air et la surnomme la nouvelle « Macha Béranger » des ondes.
Des photographes comme Jacques Beneich et Sofyling la mette en lumière grâce à leurs objectifs, son image de « Femme » « Maman » « Artiste » « modèle » resplendit de sensualité.
Entre sa Voix qui interpelle, son physique agréable, son esprit artistique et sa sensualité, elle décide alors de se lancer dans l’écriture et l’interprétation de ses textes en collaboration avec la compositrice et interprète Angela Mancino. De cette collaboration naissent ainsi « Terre » « L’enfer » « Ça fait du bien » ‘Aime moi encore » et quelques autres titres.
Carole a également repris en français la chanson U Turn du groupe AARON
Récompenses
Médaille d’Or en Français récompensée par Jacques Chirac en Juin 1987
 

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Chimay et l’Auberge de Poteaupré


Après la visite de l’Abbaye Notre-Dame de Scourmont, en Belgique – endroit dédié à la spiritualité mais aussi à la vie puisque c’est en ces lieux que sont élaborées, les réputées bières de Chimay, par des Moines Trappistes disposant d’une brasserie, d’une ferme et d’une fromagerie – un détour s’imposait par l’Espace Chimay et l’Auberge de Poteaupré.

Il est très agréable, outre le vin, de déguster une bonne bière de Chimay Bleue, au fût, autour d’un repas simple pris dans ce lieu plein de bonnes surprises gustatives comme ces fameux fromages d’Abbaye fabriqués par nos bons moines belges.

Le temps étant plutôt clément, en ce jour de pèlerinage touristique et gastronomique, c’est en terrasse qu’il fallait prendre place pour rêvasser et goûter au plaisir d’une belle évasion chez nos cousins wallons.

Un filet américain préparé (ou steak tartare, comme on dit en France) – avec ses copeaux de fromage de Chimay, ses crudités variés et ses bonnes frites belges – est le plat idéal d’été, d’autant qu’il est divinement assaisonné et que ce fromage apporte d’autres notes gustatives à cette jolie et fraîche préparation.

Impossible de quitter ce lieu très sympathique, sans une petite douceur sucrée comme cette Dame au Caramel qui vous transportera assurément au paradis.

A découvrir !

Crédit photo et rédaction Philippe Chauveau-Beaubaton

 

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« LES SCYTHES – LE BONNET PHRYGIEN – MITHRA – LES AMAZONES » par Bruno Ressuche


 

 

 

 

 

 

Le décret de 1792 stipule que Le sceau de l’État portera pour type la France sous les traits d’une femme vêtue à l’Antique, debout, tenant de la main droite une pique surmontée du bonnet phrygien.

Arborée par les sans-culottes de la Révolution, le bonnet phrygien, cette coiffe adoptée par une divinité indo-iranienne, nous vient des Scythes.

Les Scythes Comme pour à peu près chaque peuple de l’Antiquité, il est difficile de cerner avec exactitude les contours, tant géographiques que culturels, du peuple scythe. Le terme “Scythe” désigne un ensemble de peuples indo-européens antiques d’Eurasie centrale qui parlent une langue commune, issus de cultures regroupées sous l’appellation culture d’Andronovo, qui ont adopté la culture du Karassouk avec le mode de vie des cavaliers nomades vers 1500, puis la culture Scythe à proprement parlé, à l’ouest, vers 800 av. JC.

Le terme Scythes viendrait du grec Skuthès qui désigne au pluriel à la fois les Scythes à proprement dit, et tous les peuples du Nord-Est de l’Europe et du Nord de l’Asie. Scythès est fils d’Héraclès et de la femme serpent (Hérodote). Dans la Bible (Genèse), les Scythes apparaissent sous le nom d’Achkenaz (Genèse). Il n’y a pas d’organisation pyramidale de ce peuple et chaque clan ou tribu peut porter un nom différent dont les Sarmates, Alains, Sodges, Cimmériens, Sakas ou Saces, Scythes de la mer noire, Lazyges, Taïfales, Roxolans, Dahéens, Parnis, Massagètes.

La culture d’Andronovo

Au début du IIe millénaire av. JC, les cultures regroupée sous l’appellation culture Andronovo, couvrent la Sibérie méridionale, de la Mongolie à la mer Caspienne, aux portes de l’Iran actuel. Les Mèdes et les Perses qui constitueront l’Iran sont originaires de Sibérie méridionale. L’habitat des andronoviens est constitué de maisons en bois à demi-enterrées, et organisées en petits villages fortifiés. Dans cette vaste région aux forêts d’alors humides, les Andronoviens pratiquent l’agriculture céréalière, blé et orge, et l’élevage sédentaire de chevaux, moutons et chèvres. La métallurgie est très développée, notamment celle du bronze, grâce aux minerais de l’Altaï qu’ils exportent vers l’Iran et en Bactriane, au pied de l’Hindu Kush. La société andronovienne est divisée en plusieurs classes dominées par les guerriers-conducteurs de chars à deux roues dont ils sont les inventeurs (plus exactement, le char apparait à cette période dans la culture de Sintasha en partie commune). Les morts sont inhumés dans des kourganes, des tumuli. Le feu l’eau et le soleil sont objets de culte. Le culte du soleil représenté par anthropomorphisme et identifié à Mithra, y est particulièrement important. Des sacrifices rituels sont pratiqués. Les kapnobatai, ceux qui marchent sur les nuages, les chamans, brûlent du chanvre sur les pierres chaudes des saunas pour entrer dans des transes extatiques. Le cannabis consommé larga manu, est l’objet d’un commerce florissant qui initie la future route de la soie. La culture des pierres levées est très présente et de nombreux pétroglyphes représentent des scènes de guerre, de chasse, et rituelles.

La culture Karassouk

Un changement climatique transforme les forêts humides en steppes arides. L’élevage devient transhumant, les villages itinérants sont désormais constitués de yourtes que ces pasteurs sont les premiers à employer. L’orfévrerie de haute-volée se développe. Mobiles grâce aux chevaux, à l’invention de la selle et du harnachement dont l’étrier, aux chariots à quatre roue dans lesquels ils vivent, des tribus Andronoviennes devenues karassoukiennes se déplacent vers le Sud-Ouest à l’âge du fer.

La culture scythe

On les appelle les Scythes. Ils développent les cataphractaires destinés aux “nobles-officiers” tandis que les guerriers du peuple deviennent les redoutables cavaliers-archers. Cavaliers émérites, ils inventent le pantalon. Si le pantalon long fut adopté par les Grecs de la Mer Noire au contact des Scythes, comme par les Perses, il faut noter que l’antiquité occidentale l’a toujours considéré comme extrêmement indécent. Cependant, quand Alexandre le Grand créa sa cavalerie, il la dota non seulement des arcs et des flèches, mais du pantalon long des Scythes. La coiffe andronovienne, puis karassoukienne et scythe, est un bonnet en pointe couvrant la nuque et les joues.

La polygamie est de règle, et le rôle social des femmes recluses est mineur. Seules 20% des femmes de la branche scythique des Sauromates ou Sarmates peuvent accéder au statut de cavalières-guerrières et constituent la base de la légende des amazones dites sauromatides. Les Scythes ont gardé l’antique coutume d’installer des saunas où ils brûlent de grandes quantité de cannabis. Ils font commerce de cette plante vers la Chine et vers l’Europe.

Migrations et conquêtes

Des branches du peuple Scythe traversent la Thrace, et peuplent l’Anatolie et la future Perse.

En 695 av. JC, la perturbation climatique dite subatlantique pousse les Cimmériens, peuple scythique installé en Crimée depuis six siècles, vers l’Anatolie. Ils y dévastent la riche Phrygie du roi Midas, bientôt occupée par la Lydie du roi Crésus. Les Scythes installés en Mer noire, soumettent la Perse puis l’Égypte. Les Assyriens les désignent sous le vocable Sakas, francisé en Saces. A cette époque, les Grecs fondent des colonies au nord de la mer Noire, telle la cité d’Olbia du Pont.

Au milieu du V° siècle av. JC, Hérodote séjourne dans la cité d’Olbia du Pont. Il décrit avec précision la culture du cavalier scythe : Les Scythes sont grands, blonds ou roux à la peau claire, avec des yeux clairs, gris ou bleus. Une étude génétique démontre que les populations andronoviennes, puis scythes proprement dites de l’âge du fer, sont originaire d’Europe du nord et de l’est.

Les Scythes ont gardé la coiffe andronovienne.

333 av. JC. La Phrygie est sous la domination d’Alexandre le Grand. Les Grecs donnent l’appellation bonnet phrygien ou bonnet oriental, à cette coiffe qui orne invariablement la tête de Mithra.

Au IIIe siècle av. JC, la tribu scythe des Parni fait la conquête de la province perse de Parthie et y fonde la dynastie des Arsacides en 247 av. JC.

Au IIe siècle av. JC, le roi Scythe Mithridate Ier fait la conquête d’une grande partie de l’empire des Séleucides. L’empire parthe s’étend des sources de l’Euphrate, dans ce qui est aujourd’hui le Sud-Est de la Turquie, jusqu’à l’Est de l’Iran. L’Empire, situé sur la route de la soie reliant l’Empire romain à l’Empire han en Chine, devient un carrefour culturel et commercial majeur. Notons ici que Mithridate vient de Mithra.

Polybe signale cette cotte de mailles en – 179, à propos de la cavalerie scythe coiffée d’un casque conique.

Mithra

Mithra est un dieu dit indo-iranien de la Lumière dont l’oeil est le Soleil, de l’Amitié, du Serment et des Contrats. Il semble que sa région d’origine soit le massif de l’Hindou Kouch au nord de l’Afganistan et du Pakistan. Comme nous l’avons vu précédemment, le culte de la lumière, du soleil identifié à Mithra est très prégnant dans la culture d’Andronovo. Mithra y est associé à Varuna, tous deux garantissant les serments, les contrats, la vérité, et le bon ordre du monde. Varuna gère l’ordre cosmique ou supra-lunaire, Mithra l’infra-lunaire, le terrestre. On retrouvera cette distinction supra/infra lunaires chez Aristote et chez les Stoïciens.

Par l’intermédiaire des peuples d’origine andronovienne, Mèdes, Perses, Scythes, Sarmates, etc., le couple Varuna-Mithra prend très tôt une place prépondérante dans tout l’Iran ancien, de l’Iraq à l’Inde, de l’Ukraine à l’Ienisseï. Au cours du deuxième millénaire av. JC, voire antérieurement, Varuna devient le Seigneur Sage et prend le nom d’Ahura Mazda, le dieu suprême d’une religion structurée, le mazdéisme. Puis, Zarathoustra (Zoroastre chez les Grecs) réforme la religion et l’oriente vers une forme de monothéisme au seul bénéfice d’Ahura Mazda, entouré d’un certain nombre d’entités mineures dont Mitra.

Selon Zarathoustra,

Dieu n’a besoin ni d’adoration, ni d’intermédiaire,

Les rites et les sacrifices traditionnels doivent cesser mais la tradition du culte du feu est conservée.

Il y a en tout homme deux tendances, le bien et le mal. Un dualisme apparent repose sur le combat entre le Bien et le Mal, le jour et la nuit, la vie et la mort, symbolisés par la Lumière et les Ténèbres.

L’Homme a son libre arbitre pour choisir entre le bien et le mal. Tout homme est l’ouvrier de dieu pour faire évoluer le monde.

L’homme, par la pureté de sa vie, de ses pensées, de ses paroles et de ses actes, doit se détourner des puissances du Mal et mériter ainsi le bonheur après la mort. (bonne pensée, bonne parole, bonne action).

Si les gens s’adonnent à la bonté ils ne récolteront que la bonté, s’ils se livrent à la méchanceté, ils seront envahis par le mal.

La bonté est inhérente à l’homme, elle est une lumière qui vient du fond de soi. L’Homme n’est heureux qu’en donnant le bonheur.

Il y a une vie éternelle après la mort et un jugement des âmes lors de la traversée du pont de Chinvat. Si les bonnes actions l’emportent sur les mauvaises, l’âme va dans la Maison des Chants par un pont au-delà duquel l’attend le Seigneur de la Lumière. Dans le cas contraire, il s’agit d’un voyage jusqu’à la Maison du Druj. La Maison des Chants est éternelle, mais pas la Maison du Druj dont la durée est limitée. Ainsi, après le temps effectué dans la Maison du Druj, tous les êtres punis vont au Paradis.

La résurrection survient à la fin des temps avec une régénération du monde qui rétablit la justice.

On peut s’étonner de la proximité du zoroastrisme avec le christianisme.

Au IVe siècle av. JC, Mithra réoccupe sa place dans le panthéon perse. Par la suite, la dynastie parthe d’Iran d’origine scythe (247 av. JC, 226 apr. JC) le vénère et l’inclut parfois dans le nom de ses rois, tel Mithradate, qui signifie donné par Mithra. Si les Grecs connaissaient Mithra au travers de leurs relations avec les Scythes et les Perses et l’identifient à Hélios, les colonies romaines d’Asie mineure permettent la diffusion du mithraïsme dans l’Empire romain. Partout, on lui dédie des temples, de l’Espagne à la mer Noire, de l’Écosse au Sahara. A Rome, plus de cent vingt temples lui sont dédiés. Les affranchis et les soldats apprècient particulièrement ce culte du respect de la parole donnée. Il fait son entrée dans la littérature latine vers l’an 80, lorsque le poète Statius écrit : « Que tu préfères porter le nom vermeil de Titan, suivant la tradition du peuple achéménide, ou d’Osiris frugifère, ou de celui qui sous le roc de l’antre Persique force les cornes du taureau récalcitrant : Mithra ! »

Vers 180, l’empereur Commode, fils du stoïcien Marc-Aurèle, lui-même, abandonne le culte d’Isis et est initié au culte de Mithra. Vers 200, une inscription atteste qu’un affranchi de la maison de l’empereur fut prêtre de Mithra l’invincible sous Septime Sévère. Les successeurs de Septime Sévère, Caracalla et Geta, se montrèrent aussi favorables à cette religion. En 274, Aurélien officialise le mithraïsme comme religion de l’empire, et déclare le 25 décembre, jour anniversaire de la divinité avec la notion de Sol invictus.

En 312, Constantin I° se convertit au christianisme ; le mithraïsme perd de son influence et, après un bref renouveau sous Julien dit l’Apostat (331-363), il disparaît.Le 8 novembre 392, l’empereur Théodose proclame le christianisme religion officielle de l’empire romain et interdit les autres cultes. C’est là le départ des persécutions religieuses contre les fidèles de Mithra.

Le mithriacisme ou mithraïsme, continue pourtant à influencer le christianisme :

En ce qui concerne la date de Noël, décidée par le pape Jules I° en 340.

Sur le choix du dimanche, jour sacré du Soleil (d’où le sunday britannique ou le Sonntag allemand).

Pour le pain et le vin consacrés dans l’eucharistie.

On représente Mithra naissant d’un rocher, en présence de bergers. Il n’est pas étonnant non plus que la mitre, la coiffe des évêques, rappelle celle de Mithra jusque dans son appellation, et que la tiare (mot d’origine perse) papale, dérive du frigium, ou bonnet phrygien.

Dans l’interprétation qu’en donnent les Romains, le mithriacisme repose sur une conception mythique de l’histoire de l’univers : A l’origine, un dieu sort du chaos puis il désigne un successeur à qui il remet l’insigne du pouvoir absolu : la foudre. Mithra surgit d’un rocher, tenant une torche et un glaive, pour combattre le mal. Il veille sur l’ordre du monde, assure sa survie en luttant contre les esprits mauvais. Il fait miraculeusement jaillir une source d’une paroi rocheuse. Puis, il se met à la poursuite du taureau dont le sacrifice redonnera au monde la force vitale. Il capture la bête, la maîtrise et l’égorge dans une caverne, comme il en a reçu l’ordre du Soleil, par l’intermédiaire d’un corbeau messager.

La première attestation de la présence de Mithra à Rome remonte au premier siècle de notre ère. Le roi Parthe Tiridate, qui en 66 est couronné à Rome, aurait, selon Pline l’Ancien, initié Néron au repas des mages, et l’aurait honoré du nom de Mithra. Les représentations romaines de cette scène sont très nombreuses : Mithra est vêtu d’un bonnet perse, d’un pantalon phrygien. Il est figuré en pleine action, dans une scène très dynamique, où le vent gonfle son manteau. Autour du dieu et du taureau sacrifié, on note la présence d’autres animaux, un chien, un serpent ; un scorpion et un crabe mordent les parties génitales du taureau – autant de figures et d’actes symboliques. Le sang qui jaillit de la blessure, comme le sperme de l’animal, sont des principes vitaux qui vont permettre la régénération du monde. Cette victoire est célébrée par un grand banquet où sont présents le Soleil et Mithra. Ce dernier, devenu Sol invictus, Soleil à la fois invaincu et invincible, monte vers le ciel en char solaire. Le mythe semble faire apparaître la prédominance de Mithra sur le Soleil. Mithra est souvent accompagné par le Soleil et la Lune, placés de part et d’autre du dieu. Deux personnages sont également présents : Cautès, placé à gauche, sous le Soleil, porte une torche levée, et Cautopatès, à droite, sous la Lune, baisse la sienne vers le sol. L’un est le soleil levant, l’autre le soleil couchant, Mithra tient symboliquement une position médiane.

Ces figures renvoient au déroulement du temps et rappellent l’importance des astres et de l’astrologie.

Après 150, on estime qu’à Rome, il dut se construire plus d’une centaine de sanctuaires dédié à Mithra. Le culte de Mithra est intimement lié au mithraeum, sanctuaire où se retrouvent les adeptes, aucune cérémonie n’ayant lieu à l’extérieur. Ce lieu représente une grotte qui renvoie au mythe de Mithra tauroctone et symbolise le cosmos. Les plans de ces temples présentent des caractéristiques communes : pièce d’accès pour revêtir les habits rituels, salle cultuelle en contrebas avec des banquettes en maçonnerie inclinées comme celles d’un triclinium et placées le long des murs, stèle représentant Mithra sacrifiant le taureau, niche avec statue au fond de la pièce, plafond voûté qui représente le ciel étoilé et les planètes. Le rituel qui se déroule dans le mithréum doit comprendre un premier temps d’instruction qui prend appui sur une iconographie abondante, puis un repas rituel. Ce banquet sacramentel commémore et réactualise celui de Mithra et du Soleil. La nourriture prise permet une régénération aussi bien physique que spirituelle. Il est probable que la cérémonie comprenait des sacrifices d’animaux, et que l’eau et le feu y jouaient un rôle important. Son geste d’immolation du taureau a une dimension cosmique : Le sacrifice est un acte de création : le sacrifice fonde le monde. Lors de son initiation, le néophyte, passant de l’obscurité à la lumière, meurt symboliquement, puis renaît à une vie autre. Les rites initiatiques exigent courage et endurance physique. C’est peut-être à la rudesse de ces épreuves que fait allusion le texte, sujet à caution, de l’Histoire Auguste :  » Il [Commode] profana par un sacrifice humain réel le culte de Mithra ; habituellement on se contente d’y raconter ou d’y simuler quelque scène capable d’inspirer l’effroi.  »  » Et nous, tu nous as sauvés en répandant le sang porteur d’éternité.  » Les cérémonies s’achèvent sur une poignée de main avec le Pater, manifestation physique du pacte, du serment qui lie les mithriastes. Les initiés s’élèvent graduellement dans la hiérarchie, selon une échelle codifiée de sept grades, qui les conduit à remplir différentes fonctions.

Les raisons du succès Le mithriacisme prône des vertus qui correspondent aux valeurs romaines :

La fides, c’est-à-dire la loyauté, le respect de la parole donnée.

Le courage physique aussi, manifesté lors des épreuves initiatiques, le sens de la discipline au sein d’une stricte hiérarchie trouvent des échos au sein de l’armée.

On trouve des mithraeum en France, Suisse, Angleterre, Allemagne, Belgique, Espagne, Maroc, Algérie, Balkans, et sous la basilique Saint Pierre de Rome !

Vers le IIIe siècle apparaît le manichéisme de Mani. Un des fondements du manichéisme est de séparer le monde en deux : le royaume de la Lumière, le royaume de la Vie divine, où s’exprime ce qui est de l’éternité ; le royaume des Ténèbres, le royaume de la matière, le royaume des « morts », où s’exprime ce qui est de l’espace/temps.

En conclusion, il apparaît que :

Le bonnet phrygien est un bonnet scythe d’origine andronovienne.

Mithra est une figure symbolique d’origine andronovienne avant d’être associé au dieu Ahura-Mazda, de constituer le Sol invictus romain, puis d’influencer fortement le christianisme.

Le minotaure grec et la tauromachie découlent du culte de Mithra dont l’origine est a minima andronovienne.

A culture andronovienne puis karassoukienne initièrent la route du cannabis qui devint route de la soie.

L’origine des langues indo-européennes dites iraniennes est plutôt située au sud-est de l’actuel Moscou.

Les Scythes inventèrent le pantalon, la selle et l’étrier.

Les Amazones étaient Sarmates-Scythes.

 

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Le monde de Tchar Scaille


Je rêvais d’un autre monde et je l’ai trouvé. Une sorte de monde parallèle d’après la mort, avec une passerelle vers plus de beauté, d’authenticité et de tolérance, où règne la paix et la sérénité, dans un mélange du temps qui n’est plus illusoire et où le passé, le présent et le futur ne font plus qu’un. Un joli monde dans lequel on peut ripailler et se régaler enfin de produits frais, sains et bien cuisinés. Un monde vous permettant de décider et de prendre le temps des choses, en savourant chaque bouchée comme si vous étiez en train de manger des morceaux de la manne céleste de l’Exode.

Lorsque vous arrivez sur ce plateau qui semble dominer une vallée éphémère, vous tombez nez-à-nez avec un bon gros chien de berger qui n’a rien d’un cerbère, donc, rassurez-vous, vous n’êtes pas aux portes de l’enfer.

Tchar Scaille, en wallon, signifie chariot d’ardoise !

L’endroit est étrange, comme s’il était sorti de vos rêves les plus fous ou les plus flous, après un chemin forestier interminable que vous prenez entre les Hauts-Buttés et Monthermé, dans les Ardennes. L’homme qui m’accueille n’est pas banal et on le croirait tout droit sorti d’un opéra de Verdi, comme s’il était la réincarnation d’un Falstaff beaucoup moins corpulent et autant médiéval que celtique, bien qu’il soit résolument de notre époque. C’est lui le patron, Philippe Boudart, initiateur de ce concept culotté autant que non conventionnel.

C’est un menu unique et pantagruélique, à 28 euros, pensé et concocté avec le jeune Chef Juan Thiry, qui vous est proposé.

Philippe Boudart vous informe que vous êtes le seul maître à bord. Vous décidez du moment des trois services, vous mangez ce que vous voulez et si un met vous plaît particulièrement vous pouvez en redemander. Ici, tout est frais et fait Maison. Les légumes bio viennent des potagers de Chooz. Quant au porc, Philippe propose plus volontiers de la femelle qui, dit-il, sent beaucoup moins le cochon et est plus proche du poulet rôti à la broche, au niveau gustatif, comme c’est ici la tradition.

Une jolie mise en bouche, bien fraîche, qui tourne autour de l’artichaut, arrive dans un bol noir. Elle est succulente car relevée à point avec un poivre en grains qui développe des arômes élégants en sublimant l’ensemble. Une bière de Chimay Bleue au fût, bien fraîche, sera ma boisson favorite pour ce joli repas.

Arrivent ensuite, sur mon imposante et solide table, les entrées présentées sur une planche à découper. Un vrai tableau de légumes goûteux et bien préparés. Chou blanc, cerneaux de noix, lentilles, poire au chèvre, avec du bon pain cuit ici. Pour les petits mangeurs, le repas pourrait s’arrêter ici. Pour ceux, plus adeptes de tables royales où se succèdent des denrées à n’en plus finir, le festival se poursuit.

Philippe vient de revêtir une blouse noire de maquignon, façon Merlin l’Enchanteur, et entre en scène avec son cochon rôti qu’il présente à tous ses clients. La vue de cette pièce de viande est un ravissement et un agréable fumet s’en dégage pour venir chatouiller vos narines et vous inviter à continuer ce festin.

Un canapé en courgette fait de truite saumonée en tartare, donne un avant-goût de la suite. Une viande magnifique de porc, comme on n’en voit pratiquement plus, avec une saveur exceptionnelle, cuite merveilleusement, à la peau légèrement croquante et à la chair juteuse. Cinq bols de légumes et sauce viennent agrémenter cette belle viande, comme ces pommes de terre, ces carottes, cette croquette, cette sauce onctueuse, ces pois gourmands et cette courgette.

Vous restera-t-il une place pour les desserts, avec le nougat glacé, la figue, la rhubarbe, l’abricot, la sauce caramel au gingembre. Un vrai gourmet gourmand ira volontiers jusque-là !

A découvrir !

Crédit photo et rédaction Philip Beaubaton

Voir en ligne : TCHAR SCAILLE

 

 

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Le Point de Chute à Tournavaux


Au fond de la Vallée de la Semoy, dans le département des Ardennes, se trouve le petit village bien calme de Tournavaux dans lequel se situe un coquet petit restaurant nommé Le Point de Chute.

Quoi de mieux, dans les premiers jours torrides de cet été 2019, que de s’attabler en terrasse et à l’ombre, avec une circulation d’air appréciable.

Si vous prenez le menu du jour proposé à 16 euros hors boissons, vous ne serez pas déçu sur la quantité et la qualité. Pour ce prix abordable, vous avez un buffet d’entrées froides et de desserts à volonté, avec un plat chaud.

Les entrées se composent de terrine de poissons, de saumon fumé, de charcuteries et de crudités. Tout est bien préparé, sur un buffet réfrigéré et vous n’avez plus qu’à vous servir.

La patronne me propose un poulet jaune en plat chaud, avec une sauce béarnaise, des pommes de terre rissolées et des haricots verts avec une petite pointe d’ail qui fait toute la différence au niveau du goût.

Pour le dessert, il ne vous reste plus qu’à recommencer la même opération que pour les entrées et vous servir de plusieurs bonnes pâtisseries.

Une cuisine simple mais copieuse, dans un endroit charmant, et il n’en faut pas plus pour passer une excellente journée loin du tumulte et de la canicule ambiante.

Vaut le détour !

Écrit par Philippe Chauveau-Beaubaton

Voir en ligne : LE POINT DE CHUTE

 

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« ETUDE DE L’EVOLUTION DES CROYANCES ET DES RELIGIONS » par Bruno Ressuche


NAISSANCE ET EVOLUTION DES CROYANCES ET RELIGIONS D’après l’œuvre de Mircea Eliade

Résumé Chez toutes les peuplades primitives, dans l’acception de non encore organisées en macro-société, l’observation de l’univers et des manifestations surnaturelles de la nature fait naître le concept de transcendance du ciel, de Toute-puissance d’un Être Céleste Suprême bon et protecteur à l’image du père, inaccessible, passif, créateur, garant de l’Ordre et de la Loi cosmique. Souvent, l’Être Céleste Suprême est descendu sur terre pour créer l’Ancêtre mythique de l’Homme à qui il a transmis la Connaissance et le moyen de dépasser sa condition humaine par des rituels initiatiques rédempteurs. C’est l’Alliance primordiale. Il est et reste ainsi le dieu des alliances et des pactes qui lient les contractants.

Dans un second temps, on passe du concept au concret. En effet, les vicissitudes du quotidien incitent l’Homme à personnifier les manifestations atmosphériques, principalement la foudre et le tonnerre, en un dieu dit atmosphérique accessible, dynamique et puissant.

Les sociétés agraires s’organisant et se complexifiant, le monarque favorise le culte de celui des dieux qui le légitime le mieux auprès de ses sujets. Ce dieu est un dieu des manifestations, tel l’orage. On l’invoque pour ses pluies génésiques. Il domine alors la fécondité végétale, animale et humaine. En cas d’inefficacité de son culte lors de catastrophes majeures telles les sécheresses seulement, on se tournera de nouveau et en dernier recours vers l’Être Céleste Suprême. A posteriori, l’importance de la fécondité induit la croyance en un couple primordial faisant intervenir une déesse-Mère, la Terre fécondée par un Principe mâle. Les rapports étroits entre la lune, l’eau, la fertilité et la féminité se conjugueront avec le complexe soleil-souverain-géniteur. L’évolution cyclique des différentes phases lunaires et la disparition temporaire de l’astre pendant trois jours le font être comparé à la nature évolutive et mortelle de l’Homme. D’autre part, ses quartiers et son cycle court de vingt-huit jours permettent de mesurer le temps à brève échéance. Quant au soleil immuable, quotidiennement et annuellement cyclique, il symbolise l’éternité et l’immortalité.

LE CIEL.

Dieux ouraniens, rites et symboles célestes.

L’Être Céleste Suprême

La prière la plus populaire au monde s’adresse à : notre père qui êtes aux cieux. La prière la plus ancienne s’adresse au Père céleste. Dans les sociétés archaïques, on observe la quasi-universalité des croyances en un Être Céleste Suprême, créateur de l’Univers et garant de la fécondité de la terre par sa force créatrice. La pluie qu’il déverse est qualifiée d’épiphanie. Gardien des pactes, il veille à l’observance des lois et au respect de la parole donnée. L’éclair foudroie celui qui les enfreint.

Le ciel révèle sa transcendance, sa force et sa sacralité. La contemplation de la voûte céleste fait révélation. Pour la conscience primitive, elle constitue et provoque une première expérience religieuse. Pour une mentalité archaïque constatant les phénomènes miraculeux essentiellement météorologiques de la nature, cette dernière n’est pas totalement naturelle. La transcendance du ciel se déduit de la connaissance intuitive de sa hauteur infinie, de sa puissance et de son immuabilité.

La caractéristique très haut devient logiquement un attribut de l’Etre Céleste Suprême. Les régions supérieures et inaccessibles du ciel deviennent synonymes de réalité absolue et de pérennité, d’éternité. Ces zones sidérales sont la demeure du ou des dieux que l’Homme cherche à atteindre par des cérémonies initiatiques au cours desquelles il gravit les marches d’un sanctuaire, les degrés d’une échelle, etc. Ainsi, par les rituels, les hommes abandonnent peu à peu leur condition humaine, telles les âmes purifiées des défunts dans leur ascension céleste. La hauteur du ciel confère à l’Être Céleste Suprême sa sacralité et sa puissance religieuse. Les cycles astronomiques, les nuages, les tempêtes, la foudre, le tonnerre, les météorites et autre arc-en-ciel, ne sont que des moments atmosphériques de cette hiérophanie.

L’Être Céleste Suprême habite près d’un fleuve : la voie lactée. Son nom signifie le Très Haut. Le soleil et la lune sont ses yeux, la foudre est son regard, le tonnerre est sa voix. Il est éternel. Ce dieu toujours bon et généreux entend et voit tout. Il est omniscient et omnipotent. Gardien des pactes, il défend la moralité et récompense les vertueux.

NB :

Ouranien : adj. masc. relatif aux divinités célestes. D’Ouranos, nom d’une divinité primordiale personnifiant le ciel. Ouranos vient du grec ancien : ciel étoilé, firmament.

Épiphanie : manifestation.

Hiérophanie : manifestation du sacré. Mot créé ici par M. Eliade à partir de hieros : sacré et phainein : révélé.

Créateur, il fait tomber la pluie. Ses éclairs frappent et désignent l’Arbre sacré, le chêne puisque c’est l’arbre le plus souvent touché en occident. Il créé l’Univers puis l’Ancêtre mythique à qui, lors d’un court séjour sur terre, il révèle les mystères : son nom secret, sa généalogie, le but de l’Univers et de l’Homme ainsi que les rituels initiatiques. Juge, il institue les lois. Dominant les passages et les transformations, il est le maître des destins. Il préside à l’initiation qui révèle la véritable théophanie, la place de l’Homme dans le cosmos, la Connaissance, la sotériologie et la métaphysique.

Il peut aussi ne s’être jamais intéressé aux hommes et ne les avoir pas même créés lui-même. C’est au moins la version postérieure à la mutation de toute micro-société dite primitive en macro-société. Trop inaccessible, il n’est alors plus vénéré par des rites et cette croyance ne donne plus lieu à aucun culte (6). C’est la vie religieuse évolutive qui pousse l’Être Céleste Suprême vers l’oubli progressif. En effet, la dureté de la vie quotidienne contraint l’Homme à baisser les yeux et à vénérer un, puis des dieux atmosphériques dynamiques. Ce n’est que menacé par la mort que l’Homme lèvera à nouveau les yeux pour invoquer le ciel, pour s’en remettre à la Transcendance céleste. Bien que ne faisant plus l’objet d’aucun culte, l’Être Céleste Suprême sera directement interpellé en cas de phénomène météorologique gravissime, lorsque la vénération de la divinité de substitution se révélera inefficace. Nous avons déjà noté la distance entre l’Homme et cette transcendance dite Être Céleste Suprême mais, au regard de son inaccessibilité et de sa non-concrétisation, il serait plus juste de traduire cette Transcendance par Non-Etre Céleste Suprême.

Le Couple Ciel-Terre

Parfois, à la figure ouranienne masculine est adjointe une déesse, la Terre-Mère fertilisée par le principe céleste.

Exemples :

En terre de Canaan, avant le VII° siècle avant JC, la déesse Ashera est l’épouse de Yahvé.

Chez les Nabatéens, avant le VII° siècle après JC, la grande déesse Allat est associée au dieu mineur Allah.

NB :

Une théophanie (des radicaux grecs, « dieu » et « apparition » est, dans le domaine religieux, la manifestation d’un dieu au cours de laquelle, la révélation d’un message divin aux hommes ou simplement un avertissement a normalement lieu.

Sotériologie : doctrine du salut.

Les Dieux de substitution ou des manifestations

Dans les sociétés ayant dépassé le stade primitif, il y a personnification mythique des attributs ouraniens tels le tonnerre, l’éclair, le vent, etc.

Ce sont d’autres forces sacrées, accessibles, plus proches des vicissitudes du quotidien de l’Homme, plus utiles, plus actives, qui dominent et stimulent les cultes, se substituant à l’Être Céleste Suprême transcendant et passif. Le sacré se concrétise. Mais, aussi complexes que deviennent les croyances, elles révèlent toujours leur structure archétypale. En effet, l’Inconscient de l’Homme renferme des trames symboliques a priori, les archétypes, ce qui explique la proximité des croyances primitives développées dans différentes régions du monde.

Ces divinités de substitution s’adjoignent la puissance physique et, fait nouveau, la souveraineté. Elles sont garantes des cycles et de l’Ordre cosmiques. Les souverains humains se réclament de cette caution divine.

Exemples :

En Chine, l’empereur céleste se dit fils du ciel, fils de Shang-di, fils de dieu. Le premier dieu céleste dans version primordiale d’Etre Céleste Suprême, est lao-tianye, le vieux sage céleste

Gengis khan se substituait directement au dieu des manifestations, se déclarant le maître de l’empire terrestre, laissant l’empire céleste à dieu.

Au 4° millénaire av-JC à Babylone, Anu, Être Céleste Suprême d’origine sumérienne et dont le nom signifie ciel, perd de son importance avec l’apparition de l’Histoire. Dieu non personnifié, il n’est pas ou plus représenté. On ne lui voue aucun culte ritualisé. Il a perdu son statut cosmogonique. Sa résidence est la plus haute et le déluge de l’Épopée de Gilgamesh n’a pu l’atteindre. Ayant progressivement glissé d’Être Céleste Suprême en dieu atmosphérique, il porte désormais les attributs de la souveraineté. Seigneur des armées, il cautionne et justifie la monarchie. Seul le monarque l’invoque. En tant que dieu ouranien, il reste le père. A partir du début du II° millénaire av-JC, la fête du nouvel an ne le commémore plus et c’est Marduk devenu le Créateur qui se substitue à lui.

Le nom de l’Être Céleste Suprême pré-védique Dyaus devient un nom commun indoaryen dénué de toute sacralité pour signifier le jour, le ciel (le dies latin). Le substitut de cet Être Céleste Suprême Dyaus est le dieu Varuna qui, conservant les attributs ouraniens, devient le dieu souverain universel et omniscient. Garant des pactes, il lie les contractants. On le représente d’ailleurs avec une corde, attribut ouranien.

En Perse, c’est Ahura-Mazda qui lui correspond. Son nom signifie le voyant, l’omniscient. Dans les inscriptions de Darius Ier, il est désigné comme le plus grand des dieux. Généralement invoqué seul, il est considéré comme la source du pouvoir royal. Il possède tous les caractères de Varuna qui l’a précédé en tant qu’Être Céleste Suprême. Pour veiller sur le respect les pactes, Ahura-Mazda créé le médiateur Mithra à qui il confère ses attributs.

En Grèce, Hésiode témoigne de l’Être Céleste Suprême Ouranos qui œuvre par la magie. Ouranos est remplacé par Zeus qui œuvre par la force physique. Zeus est le maître d’une armée d’éclairs, cette épiphanie qu’est la foudre et qui consacre les lieux de culte. Zeus conserve les caractères onomastiques éclat et jour. Il est celui qui tonne, celui qui envoie les vents favorables, celui qui foudroie ou le pluvieux. Hésiode, dans Les travaux et les jours, l’appelle également le fermier ou chtonios parce qu’il commande la pluie et assure la fertilité des champs. Le culte qu’on lui voue est moins intense que ceux destinés à d’autres divinités. Il est surtout invoqué dans les domaines de l’agriculture et de l’expiation. Il domine l’agriculture en tant que garant de l’Ordre cosmique, du cycle des saisons et des phénomènes météorologiques, et l’expiation en tant que garant de l’ordre moral, des normes, des contrats et de la parole donnée. Zeus est souverain mais il a encore ce caractère ouranien primitif de pater familias. Souverain, il est garant de l’autorité monarchique. Il n’est pas créateur mais, maître de la pluie, il est celui qui fertilise. Sous sa forme taurine évoquant la puissance fertilisante, il enlève Europe.

Les Germains adorent Wothan, Wodan ou Odhin. Ouranien, il vainc grâce à la magie en liant, en paralysant. On voit ici la similitude avec le chamanisme ouralo-altaïque. On est bien dans le magico-religieux. Odhin s’attribue les attributs divins agricoles, de la fertilité et de la parole donnée qui relie et lie.

Chez les Celtes, Taranis, dieu du ciel orageux (taran = tonner) a d’étroits rapports avec le chêne et les oiseaux annonciateurs du temps météorologique : l’orage, et cyclique : le printemps. Divinité de la fertilité, il contrôle les saisons et amène la pluie.

Jupiter, souverain cosmique absolu tel Zeus, est adoré sur les hauteurs. Il règne sur l’Olympe, et, d’un signe de tête, ébranle l’Univers. Ses surnoms sont fulgurator, fulgur, fertrius : celui qui frappe ou lapis, pierre, et dans ce cas, il est représenté par un silex. Par la foudre, Jupiter punit ceux qui manquent à la parole donnée, qui violent un traité. Jupiter, gardant des traces de l’uranisme, n’intervient pas par la force physique mais par la magie en agissant directement sur les forces spirituelles.

Dieux de l’orage, déesse et fils démiurge

Les Êtres Célestes Suprêmes passifs se sont donc spécialisés en des divinités puissamment actives de l’ouragan et de la pluie, plus accessibles, plus concrètes et plus nettement personnifiées, répondant à la soif de concret de l’Homme lorsqu’il s’organise en sociétés complexes. On les dit dieux de l’orage, déversant les pluies vitales des sociétés agraires et justifiant l’accentuation de leur puissance fécondante. Ils perdent peu à peu leur transcendance, leur autonomie céleste, leur souveraineté absolue.

Ce ne sont plus des créateurs cosmogoniques mais des procréateurs dans l’ordre biologique, dans les cultes agraires. Chacun d’eux est accompagné voire dominé par une grande déesse dont dépend la fécondité universelle. Ils perdent leur rôle principal au profit de la grande Mère ou d’un fils divinisé de la végétation, souvent démiurge qui se réclame du Père céleste et qui, par son humanité, souffre, meurt et ressuscite périodiquement. Il entretient ainsi un rapport étroit avec la végétation, l’initiation, la souffrance, la mort et la résurrection. Il offre la rédemption.

Ainsi Dionysos est fils de Zeus, Osiris fils du ciel et de la Terre, Alein fils de Baal. On le représente sous la forme d’un taureau fécondateur dont le beuglement correspond au tonnerre. Sous la forme taurine, la divinité génésique céleste féconde une déesse vache aux proportions cosmiques. Les peintures rupestres l’illustrent parfaitement. La maîtrise des eaux et de la fécondité universelle lui confère des prestiges lunaires. La lune commande les eaux, les pluies et distribue la fécondité universelle. Les cornes taurines sont souvent assimilées au croissant lunaire. En accentuant leurs fonctions météorologiques et génésiques, les dieux célestes deviennent partenaire de la grande Mère chtonico-lunaire et assimilent peu à peu les attributs de cet ensemble eau-lune-femme-terre. Malgré tout, certaines figures ouraniennes ont su garder leur souveraineté, leur sceptre garant de l’Ordre universel, de la Loi. Les jeux taurins existent au milieu du III° millénaire avant JC en Inde, en Mésopotamie et dans tout le bassin méditerranéen ; chez les Hittites, à Ur, Sumer, Babylone, en Crête, à Minos, en Assyrie, en Iran, en Phénicie, en Grèce et en Égypte.

Sacrifice initiatique

Certains sacrifices dramatiques initiatiques sont pratiqués par des sociétés secrètes à la gloire de ‘’l’Être Céleste Suprême’’ ou de son substitut. Ils permettent l’accès à l’immortalité dans une condition suprahumaine par un rite cosmogonique. L’animal sacrifié, le taureau remplaçant l’Etre primordial, représente le cosmos.

La tauromachie en est un bon exemple.

NB :

Dans les Mystères de Mithra, dans les védas, chez les populations ouraloaltaïques, en Mésopotamie, Iran, en Franc-Maçonnerie.

Le Rig-veda VIII, 48,3 déclare : Nous sommes devenus immortels, nous avons vu la lumière, nous avons trouvé les dieux.

Le Mont sacré.

Même lorsque la figure ouranienne est passée au second plan, voire est absente, le ciel conserve sa sacralité par le symbolisme de la hauteur, de l’ascension, du centre et de la pérennité. De même, la montagne sacrée conserve sa sacralité par son voisinage avec le ciel transcendant, par sa géographie de maison des hiérophanies atmosphériques et par son point de rencontre ciel-terre qui en fait le centre de l’axe du monde, l’axis mundi. L’étoile polaire se situe classiquement au dessus de la montagne sacrée. A cette montagne sacrée se substituent les lieux de culte érigés en sept étages qui représentent les sept cieux planétaires aux sept couleurs.

Mythe, rite et symbolisme de l’ascension.

La mort est une ascension, un passage dans l’au-delà. Dans certaines langues anciennes, chez les Assyrien et les Égyptiens, mourir se dit s’accrocher à la montagne. On retrouve très souvent l’image d’une échelle, de marches, d’une corde, d’un fil d’araignée (fil d’aragne, fil d’Ariane) ou d’un arbre.

L’ascension céleste, par la montée cérémonielle d’une échelle appelée pont située au centre du monde, fait partie des initiations orphiques, pythagoriques, mithriaques et chamaniques. On retrouve fréquemment ce mythe de l’ascension par degrés.

Voir Mircea Eliade « Traité d’histoire des religions » de pages 101 à 104.

NB :

Jacob, Islam, Dante, Saint Jean de la Croix et le mont Carmel, Golgotha, Thabor, Kaaba, Franc-maçonnerie, etc.

LE SOLEIL ET LES CULTES SOLAIRES

Hiérophanie solaire et évolution sociétale

Les cultes solaires ne sont pas uniformément répartis sur les cinq continents. Ils se rencontrent en Égypte, en Asie, dans l’Europe archaïque, au Pérou et au Mexique, c’est-à-dire dans les civilisations historiques ayant atteint une authentique organisation politique.

Solarisation des êtres suprêmes

L’attirance, au détriment des êtres suprêmes ouraniens tout-puissants, transcendants, créateurs, inaccessibles et oisifs, de l’Homme économique pour des formes magicoreligieuses accessibles, dynamiques, protectrices, fécondatrices, puissantes et efficaces liées aux vicissitudes complexes de la vie humaine, est significative du glissement vers la formule Dieu-Roi-Arbre de Vie. La généalogie solaire consacre certaines classes sociales privilégiées.

Le soleil hiérophante et psychopompe

Le soleil est fils du ciel, fils de l’Être Céleste Suprême. Dans les rituels initiatiques, l’impétrant meurt le soir et renaît le matin en même temps que le soleil. Ainsi, le soleil a un caractère chtonien. Le soleil qui traverse chaque nuit l’empire des morts devient ainsi le prototype du mort qui, éternel, ressuscite cycliquement chaque matin. Il peut à la fois entrainer avec lui des hommes en les mettant à mort le soir (psychopompe) et ramener les âmes à la lumière (hiérophante) par la vertu sotériologique de l’initiation dans le cadre des sociétés secrètes qui trient les élus, souverains fils du soleil.

NB :

Bien que l’arc en ciel, épiphanie ouranienne révélatrice de l’importance du soleil se rencontre dans d’autres régions du monde.

Hiérophante : qui confère l’immortalité. Du grec ancien hierophantês : « prêtre qui initiait aux mystères ».

Psychopompe : conducteur des âmes des morts. Du grec psuchopompos au sens littéral de « guide des âmes ».

Chtonien : ici, relatif à l’enfer. Du grec ancien khthốn «terre». L’entrée de l’Hadès grec, le royaume des morts s’appelle la porte du soleil. Déjà dans le rig-veda, le soleil est considéré tantôt comme resplendissant et tantôt comme sombre, noir. Il est ainsi le maître qui fait entrer et sortir. «Le soleil dévore ses enfants aussi bien qu’il les engendre». Il semble que les deux complexes religieux «culte solaire» et «culte des ancêtres» aient trouvé une expression commune dans l’érection de mégalithes. Ces érections sont, à minima liées aux cultes solaires.

En Egypte, à partir de la V° dynastie (2.500 av-JC), presque toutes les divinités sont confondues avec le soleil sous la pression de la mystique de la souveraineté grandissante et des prêtes de Hiéropolis. Précédemment, les figures ouraniennes de «Shu», «Amon», «Atum» et «Ur», se sont confondues avec le soleil «Aton». «Osiris», maître du domaine des morts est relégué à l’occident, le dieu-soleil «Ré» dominant à l’orient.

En Asie, les esprits ancêtres précédemment initiés et guidés par le soleil ont la même importance que lui. Bouddha est assimilé au soleil. Le soleil est souvent comparé à la lune (tantrisme, yogisme) dans une opposition seulement apparente en tant que ce sont deux êtres complémentaires à réunifier dans le cadre de la réintégration des deux principes polaires. De nombreuses fêtes solaires sont basées sur le symbole cyclique de la roue. On rencontre ainsi des apocalypses solaires suivis d’un nouveau cycle. La fête de Noël marque le sol invictus qui reprend sa course ascendante après le solstice d’hiver. Les hiérophanies solaires archaïques mettent en scène des héros solaires qui entretiennent également des rapports avec la souveraineté, les ténèbres, l’initiation et la fécondité. Ils sauvent le monde qu’ils régénèrent, gardant l’héritage démiurgique conféré par l’Être Céleste suprême. Les hiérophanie solaires ont tendance à devenir l’apanage des élites, des cercles fermés qui célèbrent le feu intelligent puis le rationalisent, désacralisant l’une des plus puissante hiérophanie cosmique.

LA LUNE ET LA MYSTIQUE LUNAIRE

La Lune et le Temps

Si le soleil est immuable, la lune se transforme. Semblable sur ce point à l’Homme, elle est soumise à la loi du devenir, de la naissance à la mort. Astre des rythmes de vie, elle renaît en vertu de son propre destin. C’est pourquoi elle domine les cycles de l’eau, des pluies, des végétations, de la fertilité. Le calendrier lunaire calcule le temps concret. Il est l’instrument de mesure universel.

La Lune et les Eaux

Les Eaux, comme on l’a vu, sont soumises au rythme de la lune : marée, pluie. De ce fait, les Eaux sont considérées comme ce qui engendre le pourrissement et permettent également la régénérescence. Cycle menstruelle chez la femme qui perd ou plus exactement rend les eaux annonciatrices de la génération. Les mythes concernant le déluge raconte ce cycle : Les mythes diluviens, dans leur grande majorité, révèlent comment a survécu un individu unique ou un groupe tel Noé et les siens, dont descend la nouvelle humanité. Quelque fois, ce survivant, homme ou femme, épouse un animal lunaire qui devient ainsi l’ancêtre mythique du clan animiste. Mircea Eliade cite l’exemple dans une légende dayak, d’un accouplement avec un chien pour donner naissance à une nouvelle humanité. Il existe d’innombrables versions des mythes diluviens.

La Lune et la Végétation

En vertu de son pouvoir destructeur et régénérateur, la lune entretient symboliquement, un lien considéré comme organique avec la végétation. Un très grand nombre de dieux de la fertilité sont aussi des divinités lunaires : Min et Hathor en Egypte, Ishtar en Mésopotamie, Anaïtis en Arménie, Artémis, Aphrodite en Grèce, Tchandra en Inde.

Mircea Eliade ouvre une parenthèse sur les breuvages magiques qui confèrent parfois l’immortalité, du fait de la synthèse lune-eau-végétation : le soma indien ou l’haoma iranien. L’amrita, l’ambroisie (littéralement an : « privé de » et brotos : « mort »), comme le soma ont leur prototype céleste réservé aux dieux et héros.

La Lune, Fertilité, Corne d’abondance

La fertilité des animaux comme celle des plantes est, elle aussi, soumise à la Lune. La relation entre la fécondité de la lune devient parfois quelque peu compliquée, du fait de l’apparition de nouvelles formes religieuses comme la Terre-Mère, les divinités agraires, etc. La fameuse corne d’abondance est un symbole lunaire de fécondité : Il est certain que la corne de bovidé est devenue symbole lunaire parce qu’elle rappelle un croissant, c’est-à-dire ‘évolution astrale totale. (Hentze, Mythes et symboles, 96).

 

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« LES SECTES JUIVES EN L’AN 50 – VERS LE CATHARISME » par Bruno Ressuche


Le Sanhédrin est l’assemblée législative traditionnelle, ainsi que son tribunal suprême. Il interprète la loi des israélites à partir de ses sources écrites et orales. Composé de soixante-dix sages, le Sanhédrin siège à Jérusalem. Il exerce un contrôle légal sur le Grand Prêtre responsable des activités du Temple. C’est devant le Sanhédrin que comparaît Jésus après son arrestation.

A. On dénombre quatre sectes principales. Les Sadducéens, les Pharisiens, les Esséniens et les Zélotes.

I. Les Pharisiens. Ils sont attachés à une stricte observance de la Loi, et sont les plus fidèles interprètes de la Torah. Ils se revendiquent comme les dépositaires de la Tradition des Anciens, venue de Dieu lui-même par l’intermédiaire de Moïse et des Anciens. Ils insistent principalement sur l’observation du shabbat, les différentes purifications rituelles et une liste de 365 interdits. En érigeant tous ces préceptes, ils souhaitent faire en sorte que nul ne puisse enfreindre un principe majeur de la Loi. Jésus les critique sévèrement.

II. Les Sadducéens se recrutent parmi la caste sacerdotale. Ils sont très conservateurs et opposés aux Pharisiens depuis l’hellénisation de la région. Ils refusent la tradition orale et nient la résurrection des morts. Le terme Sadducéen vient du nom du Cohen Gadol, le grand prêtre du 1° Temple : Sadoq. Ils seront décimés par les Zélotes.

III. Les Esséniens sont des ascètes non-violents, volontairement pauvres, pratiquant l’immersion quotidienne et l’abstinence des plaisirs du monde. Ils obéissent au Maître de Justice.

IV. Les Zélotes ou Sicaires se révoltent initialement contre le recensement de Quirinus en 6. Le recensement viole un interdit biblique car seul Dieu est le comptable autorisé des âmes. En se radicalisant, ils finissent par s’attaquer aussi bien à leurs compatriotes jugés timorés ou soupçonnés de collaborer avec les Romains, qu’aux païens qui souillent la Terre promise par leur seule présence. Épris de liberté, ils supportent facilement la douleur. Anti-romains, ils œuvrent contre Rome. Ils sont appelés aussi Galiléens. B. Jésus dit de Nazareth Si on compte quatre sectes principales, il en existe une pléthore. Il semble que Jésus était un nazôréen, et non de Nazareth qui n’existait pas alors. Proche des Zélotes, Jésus était appelé le Galiléen.

Les Nazôréens ou Nazaréens constituent un groupe religieux juif-messianiste très proche des Zélotes, attesté de manière indirecte à partir de la seconde moitié du 1° siècle. Ce groupe disciple de Jésus a la particularité de reconnaître en lui le Messie tout en continuant à pratiquer les préceptes de la loi juive. Pour une branche de la recherche, les Nazôréens reconnaissent la messianité de Jésus, qu’ils qualifient de serviteur de Dieu, mais pas sa divinité. Les disciples de Jésus, les Nazôréens continuent d’observer la Torah et notamment la circoncision, les interdits alimentaires et le sabbat. On estime que la plupart d’entre eux ont été très actifs dans la révolte de 70.

C. Vers le catharisme Les Pauliciens rejettent le clergé, la croix, les saints, l’eucharistie, les sacrements, le mariage et le cérémonial des Églises, leur formalisme et leur appétit pour le pouvoir et la richesse. La communion se fait par l’enseignement du Christ et non par l’eucharistie. Ils prônent une lecture intérieure et personnelle des Écritures, la méditation et la prière. Le Pater Noster est pour eux la seule prière.

Cela vaut aussi par la suite pour divers courants du protestantisme et du catharisme. La doctrine dualiste oppose l’esprit divin à la matière, qui est l’œuvre du diable. Elle rejette tout culte marial car les pauliciens estiment que Marie n’était ni vierge au sens charnel du terme, ni la mère charnelle du Christ, dont le corps, œuvre diabolique s’il avait été réel et qui n’aurait jamais pu emprisonner l’esprit divin du Christ, n’était qu’une illusion. Pour les pauliciens, l’esprit divin du Christ n’a fait que se parer de l’image d’un corps humain afin que les hommes le reçoivent. Ils rejettent les sacrements (baptême, eucharistie) et n’ont pas de prêtres.

Les sources montrent, par la similitude des théologies, que les Pauliciens ont influencé les Bogomiles en Bulgarie dans la deuxième moitié du X° S et au XI° S, les Vaudois, les Cathares et l’Alévisme soufi.

Les Cathares, dissidents de l’Église, sont des monothéistes dualistes. Les guides religieux sont de bons hommes, de bonnes dames, ou encore de bons chrétiens. Le corps humain est la prison matérielle des âmes d’anges précipitées sur Terre lors d’une agression du démiurge, contre lequel le Bien ne peut s’opposer frontalement. Les âmes errent de corps en corps et de mort en naissance, selon le principe de la métempsycose. Seul le baptême spirituel, le consolament du bon chrétien a la capacité de permettre à l’esprit, l’âme spirituelle, d’accéder à la grâce divine et de permettre ainsi après une ultime mort terrestre à l’esprit de retrouver sa part restée dans la création divine spirituelle. Les êtres humains sont des âmes divines emprisonnées dans un monde matériel créé par un dieu inférieur mauvais ou imparfait, le Démiurge ou Yahvé à l’opposé duquel existe un autre être, transcendant et parfait, plus éloigné, un dieu supérieur lié à l’homme par la connaissance (Gnose) qu’il lui a donnée.

Les Gnostiques disparaissent à partir du IV° S, mais elles influencent d’autres mouvements comme les Pauliciens, les Marcionistes ou les Bogomilistes.

 

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« LA LOI SALIQUE ET LE DROIT D’AINESSE DES LETES A AVIOTH » par Bruno Ressuche


En France sous l’Ancien Régime, le droit d’aînesse ou primogéniture masculine fixe les prérogatives du premier-né mâle en matière de succession parentale. Il apparaît comme une conséquence de l’hérédité des fiefs et il s’applique principalement aux familles nobles. Le fils aîné hérite de la totalité des terres afin d’éviter un morcellement du domaine qui entraînerait un affaiblissement du pouvoir de la lignée. Aboli en 1792, le droit d’aînesse est rétabli partiellement en 1826 avant de disparaître définitivement en 1849.

On le dit parfois issu de la loi salique. Qu’en est-il ?

Dans le haut Moyen Âge, au IV° siècle, le pactus legis salicæ ou pacte de la loi salique, est un code de loi composé de soixante-cinq titres, élaboré pour le peuple des Francs dits saliens. Ce code oral comporte de forts emprunts au droit romain ainsi qu’à la tradition germanique.

Il porte principalement sur le droit pénal et il vise notamment à mettre fin à la faide, le système de vengeance privé en cours dans de nombreuses contrées, et dont la vendetta est une survivance. Il pacte de la loi salique répertorie tous les délits et il fixe le tarif des amendes imposées par l’autorité. Le code salique introduit l’idée que la justice relève de la sphère publique et il renforce l’autorité hiérarchique. Le code salique établit également les règles à suivre en matière d’héritage. Une des versions initiales précise que « …si quelqu’un meurt sans enfant et que sa mère lui survive, c’est elle qui hérite… » …Si quis mortuus fuerit et filios non demiserit, si mater sua superfuerit, ipsa in hereditatem succedat… et que « …si ceux-là aussi sont décédés et qu’il demeure des sœurs de la mère, elles héritent… » …tunc si ipsi non fuerint, soror matris in hereditatem succedat… Les mariages incestueux sont interdits, ce qui permet l’éviction des oncles et cousins de la famille royale, de la succession.

A l’origine, le texte de la loi salique ne fait pas état de primogéniture masculine. Au cours des siècles, il est sans cesse remanié et complété. Sous Pépin le Bref, le pactus legis salicæ devient lex salica, la loi salique. Peu après 800, une autre version est appelée lex salica carolina.

Les versions carolingiennes du texte énoncent que « …quant à la terre salique, qu’aucune partie de l’héritage ne revienne à une femme, mais que tout l’héritage de la terre passe au sexe masculin… » …De terra salica nulla portio hereditatis mulieri veniat, sed ad virilem sexum tota terræ hereditas perveniat… Dans le courant du XIV°siècle, un article de ce code salique carolingien est exhumé, isolé de son contexte, puis employé par les juristes de la dynastie royale des Valois pour justifier la primogéniture masculine.

Les Valois se trouvent en effet opposés aux Plantagenets d’Angleterre qui descendent des Capétiens par les femmes et prétendent eux aussi à la couronne. Le recours à la fiction juridique de la loi salique permet de justifier l’exclusion des femmes et de prêter un fondement juridique ancien à la monarchie des Valois.

La véritable origine de la loi salique

Les Romains ont l’habitude de disperser les vaincus devenus des Déditices. Cette appellation signe le statut infamant de la privation de tout droit civique. Les Déditices reçoivent une terre à défricher et les hommes sont astreints au service militaire obligatoire, devenant ainsi des sujets de l’empire sous domination militaire. Ils ne peuvent se prévaloir du droit civil.

Au nord de l’Empire romain, entre Rhin et Ardenne, divers clans vaincus et réunis sous l’appellation abusive de Francs saliens, ont le statut de Lètes. A la différence des Déditices, les Lètes ne sont pas dispersés dans tout l’Empire. Ils constituent des entités homogènes sur un même territoire, souvent une limes, une frontière. Les Lètes qui survivent à une carrière militaire complète peuvent alors accéder à la pleine citoyenneté.

Au IV° siècle entre Rhin et Ardenne, le territoire frontière de l’Empire romain est divisé en quatre préfectures dirigées par quatre généraux Lètes Francs saliens. Outre la charge de préfet, ils occupent de hautes fonctions dans l’Empire.

Il semble que vers 350, entre Rhin et Ardenne, ces quatre préfets Lètes Francs saliens décident de proclamer une loi orale qui impose certains usages romains et encadre des pratiques traditionnelles aux dépens des structures germaniques traditionnelles comme le conseil des Anciens. Le pactus legis salicae est né. Ce texte reproduit plusieurs caractéristiques de la condition létique, dont le régime de propriété de la terre. Par son existence même, le pacte légal salien témoigne de leurs efforts de rationalisation et de pacification dans les usages locaux, dont la faide. Il annonce également la volonté des meneurs Francs de contrôler de plus en plus strictement la société.

Les Astinges, des Lètes à Avioth Dès le 1° siècle de notre ère, les Lètes Astinges s’installent dans la vallée de la Chiers réputée pour sa fertilité. Les Astinges constituent une population dite d’origine germanique répertoriée sous l’appellation générale de Francs saliens. Il s’agit peut-être de Daces dont la langue et les mœurs établissent une parenté avec le Turkménistan. À l’emplacement actuel d’Avioth, se croisaient cinq voies romaines secondaires de l’axe Reims-Trèves. Une d’elles desservait les villages voisins de Breux et de Limes la bien nommée puisqu’actuellement encore, proche d’Orval, Limes se situe sur la frontière franco-belge.

 

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«Du pain vieux de 14.400 ans en Jordanie» par Bruno Ressuche


Des scientifiques ont retrouvé des restes de pain brûlé dans un four en pierre vieux de 14.400 ans lors d’une fouille en Jordanie.

Une trouvaille exceptionnelle qui prouve que l’Homme maîtrisait l’usage de certaines céréales 4.000 ans avant l’apparition des fermes. Aucun pain n’est définitivement perdu. Quatorze millénaires ont passé et ces restes de pain cuit refont surface. Découverts lors d’une fouille dans une région désertique du nord-est de la Jordanie, ils seraient les plus vieux morceaux de céréales cuites jamais retrouvés. Les archéologues responsables du site de Shubayqa ont retrouvé vingt-quatre miches brûlées, dissimulées dans deux prototypes de fours en pierre. Comme ils l’expliquent dans la revue scientifique américaine PNAS, cette découverte majeure prouve que, 4.000 ans avant l’apparition de l’agriculture, l’homme est parvenu à fabriquer des plats à partir de céréales devenus des millénaires plus tard, l’alimentation de base de nombreux peuples. «Cette découverte nous donne l’opportunité de caractériser une pratique culinaire vieille de 14.000 ans» explique l’archéobotaniste de l’université de Copenhague Amaia Arranz Otaegui, le premier auteur du rapport scientifique. «Maintenant, nous savons que du pain a été produit bien avant l’agriculture. La fabrication de pain a pu contribuer à la révolution agricole du néolithique.»

La découverte culinaire fut faite sur un site habité des Natoufiens, peuple vivant au Levant entre 12.500 et 10.000 avant notre ère. Leur mode de vie se distinguait des autres cultures de l’époque par des innovantes expériences de sédentarisation. Les analyses ont révélé que le pain était composé de céréales domestiques et d’un mélange de tubercules. Goûtées par la scientifique, les miettes étaient « légèrement sucrées et salées à la fois, et avaient un aspect sableux. Mais peut-être, est-ce parce qu’on ne les a pas suffisamment bien lavées », plaisante-t-elle.

D’autres morceaux de pain ont déjà été découverts sur des sites du néolithique tardif en Turquie et aux Pays-Bas, mais ceux retrouvés en Jordanie sont la première preuve que sa fabrication a précédé l’agriculture. « Les chasseurs-cueilleurs natoufiens sont particulièrement intéressants parce que leur mode de vie était partiellement sédentaire, et parce que leur régime alimentaire dénotait avec ceux des cultures précédentes », raconte l’archéologue Tobias Richter, directeur des fouilles.

Nourriture de luxe

Les plats à base de céréales sont difficiles à fabriquer, ce qui laissent penser les archéologues qu’ils étaient considérés par les Natoufiens comme de la nourriture de luxe, « servie pour impressionner les inviter et assurer le prestige des hôtes ». Les morceaux de pain retrouvés, étaient probablement plats et avaient l’apparence de galettes. « Ce type de pain présente de nombreux avantages sur des miches volumineuses, juge la spécialiste de la science et technologie céréalière Antonella Pasqualone, je pense que ces pains représentent l’aliment «passerelle» entre les chasseurs-cueilleurs et les fermiers ». La spécialiste poursuit: «Les pains plats ne nécessitent pas un four trop grand et peuvent être transportés plus facilement, si on les empile».

Les archéologues se disent émus de cette découverte. « Les hommes et femmes de l’époque nous étaient très similaires, mais n’avaient pas nos outils modernes. Ils étaient davantage en prise avec la nature », expose Patrick McGovern, directeur du laboratoire d’Archéologie biomoléculaire de Philadelphie. « Quand on y pense, si vous ne passez pas la barre des vingt ans, vous cherchez tout ce qui pourrait vous rallonger votre existence. Vous essayez notamment de changer de régime alimentaire. Ces essais culinaires sont fondamentaux », conclut-il.

Le pain, aliment central de nos cultures contemporaines, chargé de symboles dans plusieurs religions, fait lien entre notre passé et notre présent. Lien que souhaite entretenir l’archéologue Amaia Arranz Otaegui en contactant des chefs cuisiniers pour reproduire les recettes traditionnelles. En espérant cette fois, que les morceaux dégustés soient moins rassis…

 

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« On a tous en nous quelque chose de NEANDERTAL ! » par Bruno Ressuche


Homo neanderthalensis dit « Néandertal » est attesté il y a 500.000 ans, Homo denisovensis dit « Denisova » il y a 400.000 ans, Homo sapiens sapiens dit « Sapiens » il y a à peine 300.000 ans.

Nous le savons maintenant, Néandertal n’est pas une brute épaisse à peine humaine qui évolue vers Sapiens, l’Homme moderne. C’est même certainement Papy Néandertal qui apporte une bonne dose d’humanité à Sapiens.

Capacités cérébrales

Les capacités visuelles de Néandertal (lobe occipital important) sont bien meilleures que celles de Sapiens, notamment la distinction des détails et des couleurs. Il est de fait un penseur plutôt visuel.

Les réalisations de Néandertal qui invente la corde il y a 90.000 ans, sont de la même complexité que celles de Sapiens mais bien antérieures.

Le niveau de dextérité et de coordination manuelle ainsi que les capacités d’abstraction, de conceptualisation et de planification de l’action n’ont rien à envier à celles mobilisées par Sapiens pour fabriquer ses propres outils. (Teyssandier, CNRS)

Comme nous, il maîtrise le langage articulé. (Nature. D’Anastasio-2013)

En Espagne, des coquillages peints prouvent que Néandertal fabrique bijoux et peinture. Il a des préoccupations esthétiques ; il collecte des coquillages, des serres d’aigle, ainsi que des pigments tels l’ocre ou le manganèse. (Maureille, CNRS)

Les plus anciennes peintures rupestres sont l’œuvre de Néandertal. Il n’est pas surprenant de retrouver les origines de la peinture chez lui. Souvenons-nous que son lobe occipital fait de lui un penseur plus visuel que Sapiens ! (João Zilhão et coll. 2010)

Rites funéraires

Il est le premier à pratiquer l’inhumation intentionnelle avec des ornements (ocre, fleurs), il y a 300.000 ans. Il pratique le totémisme, l’adoration animale tel le culte des ours, prémisses de religion. Il y a 100.000 ans, une fosse d’inhumation contient 70 crânes néandertaliens, tous tournés vers l’Est et le soleil levant. Faut-il voir là la notion de culte solaire et/ou d’éternité ?

Médecine

La consommation de plantes médicinales, et des signes de blessures soignées sur un crâne attestent ses connaissances médicales. (Stanley Finger, Origins of Neuroscience)

Des traces d’aspirine et de pénicilline, un puissant antibiotique, sont retrouvées chez un individu souffrant d’un abcès et d’un parasite intestinal. (INRAP)

Alimentation

Il possède une alimentation très diversifiée : produits de la chasse, moules et autres mollusques qu’il chauffe pour en ouvrir la coquille, poissons, herbes à graines tels le blé et l’orge qu’il cuit, légumineuses, noix, fruits, champignons. 

Génétique

Le séquençage du génome de Neandertal prouve que les humains actuels ont hérité de 1 à 4% d’ADN néandertalien, à l’exception des Africains subsahariens. Les Papous et les Aborigène d’Australie ont 6% de gènes dénisoviens.

Parmi les sous-espèces de Néandertaliens présents de l’Atlantique à l’Altaï, il existe une plus grande distance génétique qu’entre les groupes ethniques modernes.

Les caractéristiques physiques héritées de Néandertal sont la peau claire, des yeux bleus ou verts, des cheveux lisses et clairs, blonds ou roux, des tâches de rousseur, des sourcils saillants, de grands yeux, de fortes mâchoires, un menton peu prononcé, des épaules larges, des bouts de doigts aplatis, surtout le pouce de plus de 1,5 cm de large. (Frost, anthropologue. Shadow et coll. Olade et coll. Lazaridis et coll. 2014)

Ses traits physiques sont passés massivement chez les Européens du Nord, mais on retrouve également des traits de Papy Néandertal en chacun de nous, notamment ceux liés au système immunitaire, au diabète de type 2, et à la maladie de Crohn.

La morphologie générale de Néandertal fait de lui un sprinter puissant, alors que Sapiens est plutôt un marathonien endurant.

Force est de constater que l’Homme moderne dont nous sommes, n’est pas un pur Homo Sapiens mais le résultat d’hybridations multiples Néandertal/Sapiens. Les récentes recherches indiquent une cohabitation pacifique avec transmission culturelle. Une fertilité moindre de seulement quelques % chez Mamie Néandertal, est néanmoins suffisante pour expliquer sa disparition progressive en quelques dizaines de milliers d’années.

Couple Néandertal-Sapiens

 

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« Göbekli Tepe » par Bruno Ressuche


D’anciennes gravures sur pierre confirment qu’une comète a frappé la Terre vers 11.000 ans av. JC, un événement dévastateur qui a anéanti les mammouths laineux et déclenché la montée des civilisations. Des experts de l’Université d’Édimbourg ont analysé des symboles mystérieux gravés sur des piliers de pierre à Göbekli Tepe, dans le sud de la Turquie, pour déterminer s’ils pouvaient être liés à des constellations. Les marques suggèrent qu’un essaim de fragments de comètes a frappé la Terre exactement au même moment qu’un mini-âge de glace a frappé, modifiant ainsi le cours de l’histoire humaine. Les scientifiques spéculent depuis des décennies qu’une comète pourrait être à l’origine de la chute soudaine de la température au cours d’une période connue sous le nom de Dryas plus jeune. Mais récemment, la théorie semble avoir été réfutée par une nouvelle datation des cratères de météores en Amérique du Nord, où la comète aurait frappé. Cependant, lorsque les ingénieurs ont étudié les sculptures d’animaux gravées sur un pilier, la pierre du vautour, à Göbekli Tepe, ils ont découvert que ces créatures étaient en réalité des symboles astronomiques représentant les constellations et la comète. L’idée avait été initialement proposée par l’auteur Graham Hancock dans son livre Magicians of the Gods. En utilisant un programme informatique pour montrer où les constellations seraient apparues au-dessus de la Turquie il y a des milliers d’années, ils ont pu localiser la frappe de la comète à 10.950 av. JC.

Le Dryas plus jeune est considéré comme une période cruciale pour l’humanité, car il coïncide approximativement avec l’émergence de l’agriculture et des premières civilisations néolithiques. Avant la grève, de vastes étendues de blé et d’orge sauvages avaient permis aux chasseurs nomades du Moyen-Orient d’établir des camps de base permanents. Mais les conditions climatiques difficiles qui ont suivi l’impact ont obligé les communautés à se rassembler et à trouver de nouveaux moyens de maintenir les cultures, par l’arrosage et la reproduction sélective. C’est ainsi qu’a commencé l’agriculture, permettant la montée des premières villes. Les chercheurs d’Édimbourg ont déclaré que les sculptures semblaient être restées importantes pour la population de Göbekli Tepe pendant des millénaires, suggérant que l’événement et le climat froid qui avait suivi avaient probablement eu un impact très sérieux. Le Dr Martin Sweatman, de la School of Engineering de l’Université d’Édimbourg, qui a dirigé la recherche, a déclaré: « Il semble que Göbekli Tepe était, entre autres, un observatoire permettant de surveiller le ciel nocturne. L’un de ses piliers semble avoir servi de mémorial à cet événement dévastateur, probablement le pire jour de l’histoire depuis la fin de la période glaciaire.»

On pense que Göbekli Tepe est le plus ancien temple du monde, datant d’environ 9.000 ans avant JC, précédant Stonehenge de 6.000 ans environ. Les chercheurs pensent que les images étaient censées être un enregistrement de l’événement cataclysmique et qu’une autre sculpture représentant un homme sans tête pourrait indiquer un désastre humain et de nombreuses pertes en vies humaines.

Le symbolisme sur les piliers indique également que les modifications à long terme de l’axe de rotation de la Terre ont été enregistrées à ce moment-là en utilisant une forme d’écriture ancienne, et que Göbekli Tepe était un observatoire des météores et des comètes. La découverte corrobore également l’hypothèse selon laquelle il est probable que la Terre connaisse des périodes où les frappes de comètes sont plus probables, en raison des anneaux en orbite de fragments de comètes se croisant dans l’orbite de la planète. Mais malgré l’ancien âge des piliers, le Dr Sweatman ne pense pas que c’est le premier exemple d’astronomie figurant dans les archives archéologiques. « De nombreuses peintures et artefacts rupestres paléolithiques comportant des symboles d’animaux similaires et d’autres symboles répétés suggèrent que l’astronomie pourrait être très ancienne », a-t-il déclaré. « Si vous considérez que cette comète géante est probablement arrivée dans le système solaire interne il y a 20 ou 30 mille ans et que cela aurait été une caractéristique très visible et dominante du ciel nocturne, il est difficile de voir comment les peuples anciens auraient pu ignorer cela étant donné les conséquences probables « .

 

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« Propre comme au Moyen-Âge » par Bruno Ressuche


D’après Historama N°40, juin 1987.

L’hygiène n’est pas un bienfait des temps modernes, mais un art médiéval cultivé avec amour. L’eau y est un élément sacré, un remède et un immense plaisir. Les bains sont une survivance des thermes romains et on sait qu’à l’époque carolingienne, les palais et les monastères en renferment. La mode en est remise à l’honneur par les Croisés qui ont découvert l’Empire romain d’Orient et ses habitudes d’hygiène héritées de l’Antiquité.

Dès le début du XII° siècle, d’innombrables sources dont les traités de médecine, les herbiers, les romans profanes, les fabliaux, les inventaires après décès, les comptes royaux et princiers, et les enluminures des manuscrits, nous révèlent que l’eau fait partie du plaisir de vivre. « Li baigners en eau douce fait en étuve et en cuve, et en eau froide, fait la santé garder …seul le bain chaud peut expulser l’ordure que la nature cache par les pertuis de la chair. » On se lave fréquemment pour être propre mais aussi par plaisir. Des milliers de manuscrits décrivent le bain des enfants plusieurs fois par jour. La simplicité un peu rude des mœurs fait que l’on ne voit pas malice à se mettre nu entre adultes. On s’accommode très bien d’une liberté des sens. On va aux étuves pour s’y rencontrer.

Au XIII° siècle, les traités de médecine et d’éducation instaurent une véritable obsession de la propreté infantile. « Quand l’enfant a assez dormi, on doit le laver trois fois par jour. On le baigne et oint pour nourrir la chair nettement » Si, au début du siècle, on se contente encore de s’immerger dans de grandes cuves remplies d’eau chaude, en 1258, Etienne Boileau, prévôt de Paris sous Saint-Louis et auteur du Livre des métiers qui codifie les usages corporatifs, fait déjà la différence entre les étuves dites sèches et humides (saunas). Un décret de fabrication rend obligatoire l’apposition d’un sceau sur le savon. Il y a trois sortes de savon : le gallique, le juif et le sarrasin, selon qu’il est fabriqué avec de l’huile ou de la graisse animale mélangée à de la potasse. Si on n’a pas de savon, on se sert de plantes comme la saponaire. Un herbier du XIII° siècle conseille le jus de bette pour éliminer les pellicules, et les feuilles de noyer ou de chêne pour obtenir une belle chevelure. Dans ce même herbier, pour éviter la « puanteur », on préconise de s’arracher les poils et de laver les aisselles avec du vin associé à de l’eau de rose et à du jus d’une plante appelée casseligne. Pour se blanchir les dents, il faut se les frotter avec du corail en poudre ou de l’os de seiche écrasé. Les dames soulignent quelques veines de bleu pour mettre en valeur la blancheur et la transparence de la peau. Les étuves sont à peu près toutes construites sur le même modèle. Classiquement, un rez-de-chaussée domine une cave où sont placés deux énormes fourneaux en brique. Ce rez-de-chaussée est divisé en deux grandes pièces avec une antichambre commune. La première pièce est une vaste salle de bain avec une spacieuse cuve en bois en son milieu et de nombreuses baignoires en bois pour une ou deux personnes sur les côtés.

La seconde pièce est la salle d’étuve, la pièce la plus chaude dont le plafond en coupole est percé de trous au travers desquels s’échappe l’air chaud. Autour, des sièges et des gradins permettent de se relaxer. Aux étages supérieurs, des chambres à coucher favorisent la prostitution.

Les statuts interdisent d’accueillir les malades dont les lépreux, mais aussi les prostituées. En effet, les étuves sont des lieux sortes d’agréments galants. Dans le règlement de Saint Louis, en 1268, ce sujet est abordé : « Que nul du dit mestier ne soutienge en leurs étuves, bordiaux de jour et de nuit. »

A partir du XIV° siècle, les bains sont tout à fait intégrés à la vie quotidienne et les étuves fleurissent. Au point du jour, les crieurs passent dans les rues pour avertir la population :  » Seigneurs, venez vous baigner et étuver sans plus attendre… Les bains sont chauds, c’est sans mentir  » Ces établissements sont extrêmement florissants et rapportent beaucoup d’argent. L’Eglise en possède beaucoup. Les étuviers sont constitués en corps de métiers, il leur incombe d’entretenir leurs étuves et les prix sont fixés par le prévôt. « …les maîtres qui seront gardes du dit métier, pourront visiter et décharger les tuyaux et les conduits des étuves, et regarder si elles sont nettes, bonnes et suffisantes, pour les périls et les abreuvoirs où les eaux vont ». Cet édit montre la connaissance des dangers d’une eau polluée pour la population. En 1410, la reine de France récompense les artisans travaillant pour elle en leur offrant un abonnement aux étuves.

Dans la deuxième moitié du XV° siècle, après la guerre de cent ans et la peste noire, la croissance urbaine va de paire avec la reprise économique. Les étuves deviennent de grands établissements. La ville attire et la prostitution se développe. Les miniatures d’alors en révèlent principalement le côté libertin. Ces petits tableaux nous dévoilent l’ambiance de ces étuves où tous les objets sont en place pour le plaisir des sens. Dans les grandes cuves se tiennent des couples nus, auxquels on sert de véritables festins. Les servantes s’affairent, chargées de collations tandis que les couples enlacés se caressent sans retenue. On aperçoit parfois les chambres à coucher où les couples vont prendre leur divertissement. On instaure la séparation des sexes. Une ordonnance décide que les étuves seront réservées aux femmes le mardi et le jeudi, et aux hommes le mercredi et le lundi. Mais les autres jours, vendredi, samedi et dimanche, les étuves se transforment en lieux de plaisirs en tout genre… Malgré la surveillance des bains par les chirurgiens-barbiers et les règlements qui répètent avec obstination que l’accès aux bains doit être interdit aux bordiaux, la mesure reste inefficace. Pour contourner la loi, les étuviers font de l’étage leurs appartements privés où la prostitution continue de plus belle. A la fin du XV° siècle, les procès se multiplient.

Les cuviers sont de dimensions si réduites qu’on ne peut plus s’y laver que les pieds ou les cheveux. Finis les bains d’immersion, voici venue l’ère des ablutions. La fermeture des étuves s’explique-t-elle par l’apparition de la syphilis qui touche le monde occidental ? Peut-être, mais on assiste aussi à un retour à la moralisation des mœurs, la notion de péché envahissant de plus en plus les consciences. Critiquée à propos des mœurs légères de certains de ses membres, l’Eglise se reprend. Elle déclare alors que l’eau est néfaste et qu’il suffit d’observer une main restée longtemps dans l’eau pour constater l’aspect parcheminé de la peau et donc son côté délétère…

Au XVI° siècle, la pratique du bain est révolue. La femme correctement éduquée se doit de procéder au lavage des mains et du visage, c’est-à-dire à la partie visible du corps. C’est désormais l’habit et le linge blanc qui véhiculent la valeur de la propreté à partir de la toilette sèche, une pratique plus proche de l’apparence extérieure que de l’hygiène. La crasse devient vertu en préservant de sa couche protectrice la peau des agressions, de l’infection et de la maladie qui pénètre par les pores. La reine Margot se vante de « …ses mains non décrassées depuis huit jours ». Elle s’enduit le visage de poudre blanche, symbole de distinction et de raffinement au même titre que le blanc du vêtement. Ce fard blanc nommé céruse, est à base de plomb… Dans tous les cas, le sens de la vue et le paraître comptent bien plus que celui de l’odorat. Sous François 1°, on utilise les cheminées pour satisfaire ses besoins naturels.

A Mézières, on est prié de pisser dans des récipients placés là par les tanneurs.

Par coquetterie, on agrémente sa figure de mouches très à la mode : une galante sur l’arrondi de la pommette, une effrontée sur le nez, une passionnée au coin de l’œil, sans oublier la plus troublante, la baiseuse au coin des lèvres. On aime à se maquiller, le fard rouge carmin est destiné à la promenade, le rouge vermillon à la clarté des chandelles du soir. Le noir cerne le regard, les lèvres et les sourcils brillent de l’application de crème. Pour terminer, on s’asperge de poudres odorantes et de parfums variés achetés à grands frais dans des boutiques spécialisées.

L’amorce d’un changement intervient vers le milieu du XVIII° siècle avec l’apparition du bidet, la pièce d’eau des cuisses inventée par les ouvriers parisiens du meuble. Le pot à pisser apparaît ainsi que le bourdalou attaché sous les longues robes des femmes pour leurs permettre de faire discrètement leurs besoins en toutes circonstances, par exemple à l’église lorsque le sermon s’éternise. Le vocable viendrait du père jésuite Bourdaloue prédicateur qui avait la fâcheuse tendance à ne pas savoir terminer à temps ses sermons… En 1769, les premiers water-closets nous arrivent d’Angleterre. Ce n’est qu’au milieu du XX° siècle qu’ils quitteront les fonds de jardin, de cour ou les paliers.

A Mézières, perpendiculaire à la rue Monge se trouve la rue des Étuves.

 

Qui est le Père Rémi Dubois-Matra ?


Comportement inadmissible, pathologique et révoltant du prêtre Rémi Dubois-Matra qui, tout en officiant lors de baptêmes à la chaîne le samedi 8 juin 2019 à 17 heures (avec un gros retard pour lequel il n’a même pas présenté d’excuses) en l’Église de Haybes (08), a fait preuve d’autoritarisme imbécile et de propos déplacés en empêchant un photographe professionnel, ainsi que les membres des familles, de prendre des clichés et de se déplacer dans l’église durant la cérémonie, puis en insultant une famille en lui disant :

« Mais quelle famille êtes-vous ? »

Puis en s’adressant à une jeune femme pour lui demander de rester polie, alors que, sans mot dire, elle effectuait un salut militaire comme pour lui signifier qu’elle avait compris son propos l’incitant à ne pas quitter son banc, créant ainsi de vives tensions parmi les nombreux fidèles.

Pas de quoi se réconcilier avec l’Église.

A signaler au Diocèse de Reims, voire encore au-dessus s’il est besoin.

Ecrit par Philippe Chauveau-Beaubaton

 

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Restaurant Le Val de Semoy à Thilay


La Vallée de La Semoy, au cœur du Parc Naturel des Ardennes, abrite en son sein quelques perles rares comme cette belle auberge qui porte le nom de Le Val de Semoy et se situe après le pont qui enjambe cette jolie rivière Semoy, en direction du village de Naux.

L’établissement est, visiblement, une référence locale vu qu’en ce lundi de Pentecôte il y a un monde fou, tant en terrasse qu’en salle.

Dorian, le patron, offre un accueil chaleureux à chaque client et reste perpétuellement à l’écoute des demandes, tout comme Frédéric qui sert avec le sourire et se renseigne sur votre état de satisfaction entre chaque plat.

La formule Entrée, Plat et Dessert est parfaitement abordable, le prix étant fixé à 22 euros.

En entrée, j’opte pour le compressé d’haricots verts et de boudin blanc en gelée, avec quelques bons légumes croquants en vinaigrette, ainsi qu’un peu de salade. Une belle réussite d’entrée froide et un vrai délice.

Vient ensuite, selon mon choix car il y en a plusieurs, une araignée de porc à la cuisson parfaite, posée sur une réduction à la saveur exceptionnelle, savamment corsée, élaborée avec le plus grand soin, jusqu’à sublimer une viande déjà bien goûteuse. Une variété de légumes frais, à la belle cuisson, accompagne agréablement l’ensemble.

Le dessert est un clafoutis aux cerises et éclats de pistaches, surmonté d’une boule de glace à la pistache elle-même coiffée d’un bon chocolat avec sa framboise, sur un coulis de fruits rouges.

Mes compliments à ce Chef créatif qui arrive à nous concocter de belles et bonnes choses pour un prix très démocratique.

Une bien belle Maison qui mérite le détour !

Voir en ligne : LE VAL DE SEMOY

 

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« Souvenirs de guerre du père Jules, Poilu de 14/18 » – Transcription Bruno Ressuche 2014


Ceci est la transcription de cinq cahiers d’écolier rédigés au crayon de papier par un Poilu, monsieur Jules-Nicolas Franskin, durant la guerre 1914-1918.

Né à Châtillon-sur-Bar dans les Ardennes le 23 novembre 1877, fils de Jean-Baptiste Franskin, 54 ans, maçon (1823-1890) et de Joséphine Francine Mathot, 39 ans (1838), il est le cadet d’une fratrie de sept dont cinq garçons.

Vannier, il se marie à Châtillon-sur-Bar le 20 janvier 1908 à l’âge de 31 ans avec Louise Blanche Pauline Meunier. Leurs enfants sont Adeline Geneviève (°27/02/1910) et Raoul (°28/05/1911)

Il décède le 10 novembre 1947 à l’âge de 70 ans, toujours à Châtillon-sur-Bar.

Il est mobilisé à l’âge de trente-sept ans.

Affecté au 46° Régiment d’Infanterie Territorial, 3° bataillon, 12° Compagnie, il séjourne aux alentours de Verdun d’août 1914 à juillet 1916.

Le 46° RIT est démantelé et Jules-Nicolas Franskin est alors versé dans le 279° Régiment d’Infanterie, 14° Compagnie, 1° Section, avec lequel il participe à l’offensive de la Somme.

En février 1918, il est affecté au 103° Régiment d’Infanterie Territorial, régiment de réserve à la 133° division d’infanterie.

Le 20 septembre 1918, il est affecté au 13° corps d’armée comme brancardiers.

LIRE LA SUITE ICI

 

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« L’éruption volcanique de l’Île de Santorin » par Bruno Ressuche


D’après un article de Science Advances

En s’aidant de l’étude des cernes des arbres jusqu’en Californie, une chercheuse vient d’affiner la datation de l’éruption du volcan de Santorin estimée au XVI° siècle av. J.-C. Cette estimation rejoint les données archéologiques qui signent le début de la chute de la civilisation minoenne.

D’après Platon dans le Timée et le Critias, les Atlantes seraient les Minoens des îles de Crète et de Santorin, au sud de la Grèce, de 2.700 à 1.200 av. J.-C. environ dont la civilisation aurait connu un fort déclin vers 1.500 av. J.-C. Il est tentant d’attribuer l’amorce de ce déclin à l’éruption volcanique colossale qui nous a laissé l’archipel de Santorin et sa caldera, mais aussi certainement le mythe des dix plaies d’Egypte.

Cette éruption de la classe de celle d’un super-volcan, a causé un énorme tsunami dont les traces sont retrouvées en Crète et dans les îles environnantes. Une grande imprécision persistait sur la datation de cet événement qui a certainement bouleversé l’histoire des peuples de cette région. Pire, jusqu’à présent, les dates estimées n’étaient pas compatibles avec les données archéologiques. Ce hiatus remettait en question le lien de causalité entre l’éruption de Santorin et le début de la chute de la civilisation minoenne.

La datation au carbone 14 est imprécise car le rayonnement solaire est irrégulier. Les résultats récents de ce type de datation par plusieurs laboratoires d’un même rameau d’olivier vieux de seulement trente ans, ont montré des écarts de quarante pour cent.

La situation vient de changer avec la parution d’un article de Charlotte Pearson, dendrochronologue à l’université d’Arizona. Elle a étudié deux cents échantillons de pins de Californie, et quatre-vingt-cinq échantillons de chênes du Nevada. L’idée était de mettre en évidence un refroidissement planétaire aussi important que transitoire. En effet, cette éruption fut dix fois plus puissante que celle du Pinatubo en 1991, laquelle avait sensiblement abaissé les températures à l’échelle du Globe.

Les pins et les chênes étudiés montrent effectivement les signes d’un tel refroidissement sous la forme de cernes plus étroits. L’observation conduit à une nouvelle estimation de la date de l’éruption de Santorin entre 1.600 et 1.525 av. J.-C alors que l’archéologie retient la fourchette 1.570-1.500 av. J.-C. Le croisement de ces données donne une fourchette large 1.600-1.500 av. J.-C. et la fourchette étroite 1.570-1.525 av. J.-C.

Or, des cendres retrouvées suite à des carottages effectués au Groenland, signent une éruption volcanique majeure en 1.642 avant J.-C. On pense qu’il s’agit là d’une autre éruption, celle du mont Aniakchak en Alaska.

 

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« L’ère des antibiotiques est bien antérieure à 1928 » par Bruno Ressuche


«Imaginez que vous êtes en train de déballer une momie. Tout à coup, vous voyez une paire de lunettes de soleil Ray Ban dessus.» C’est ainsi que George Armelagos, anthropologue des coutumes alimentaires à l’université Emory d’Atlanta, a imagé cette découverte. Si Alexander Fleming découvre la pénicilline en 1928, l’ère des antibiotiques a commencé il y a au moins deux mille ans. En effet, en 2010, une équipe de chercheurs découvrait d’importantes doses de tétracycline dans les os de momies de l’ancienne Nubie. Alors qu’ils ne savaient pas ce qu’était une bactérie, les Nubiens connaissaient donc le moyen de lutter contre les infections. «Vu la quantité de tétracycline, ils devaient savoir ce qu’ils faisaient. Ils ne devaient pas savoir ce qu’était la tétracycline, mais ils savaient certainement que quelque chose leur permettait de se sentir mieux.» George Armelagos

D’où vient cet antibiotique antique ? Une bactérie appelée Streptomyces contamine le grain utilisé par les Nubiens pour fabriquer de la bière, et produit de la tétracycline pour tuer les bactéries concurrentes. Lorsque le grain fermente, la production augmente très fortement. Ainsi, en buvant leur bière, les Nubiens consommaient de la tétracycline en quantités importantes. Les bactéries non pathogènes du genre Streptomyces sécrètent de nombreux antibiotiques, agents anticancéreux, immunosuppresseurs, antifongiques, herbicides, insecticides et antiparasitaires. On peut supposer que la bière consommée à Mézières de tout temps avait les mêmes vertus médicinales, qu’on la nomme cervoise, barbaude, goudale ou queute.

« Prenez deux plantes du genre allium (ail, oignon ou poireau), ajoutez du vin et de la bile de vache. Mélangez, faites macérer dans une cuve en laiton, purifiez le tout, puis laissez reposer pendant neuf jours. Vous obtiendrez alors un divin cataplasme contre les orgelets. » Cette recette issue du Bald’s Leechbook, livre de médecine anglo-saxon du début du X° siècle, a fait ses preuves selon les microbiologistes de l’université de Nottingham. Aucun des ingrédients testés individuellement n’a suffi à combattre les bactéries mais, combinés selon la recette millénaire, ils ont éradiqué toutes les bactéries, des staphylocoques dorés.

Notons encore que la moisissure de pain comme celle du citron, lorsqu’elle est verte, est un concentré de pénicilline. Attention au pain de seigle dont la moisissure est l’ergot de seigle, l’acide lysergique dont fut extrait la drogue psychédélique des années 60, le LSD. D’un dosage malaisé, son usage ancestral par les sages-femmes pour accélérer la délivrance est attesté. Absorbé en excès, l’ergot de seigle provoque l’ergotisme dont l’appellation médiévale est mal des ardents ou feu de saint Antoine.

En 2017, une étude australienne sur la fixation de résidus alimentaires dans le tartre inter dentaire a montré qu’il y a 40.000 ans, Neandertal connaissait l’aspirine issue du peuplier, et la moisissure antibiotique.

 

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« L’Astronomie Préhistorique » par Bruno Ressuche


On s’est étonné de lire un texte cunéiforme qui nous informe qu’à Ninive, vers 1370 AEC, les Assyriens connaissaient la précession des équinoxes, et ils avaient listé soixante-six constellations. Plus étonnant encore, antérieur de quelques siècles, le disque de Nebra atteste de connaissances astronomiques pointues en Europe centrale. Fin 2018, les ethnologues nous révèlent qu’il y a 40.000 ans, l’Homme connaissait déjà la précession des équinoxes….

LE DISQUE DE NEBRA

Daté de 1600 AEC et trouvé en Allemagne, il est une plaque circulaire sur laquelle se détachent des corps célestes incrustés en or. Un croissant représente la lune, le disque central le soleil ou la lune, et un groupe de sept points, la constellation des Pléiades. Il s’agit d’une représentation du ciel avec l’apparition des Pléiades, observées d’Allemagne vers 1600 AEC. Un caractère remarquable de ce site est qu’au solstice d’été, le soleil se couche derrière le sommet le plus haut du nord de l’Allemagne, le mont Brocken, situé à environ 80 km du site.

Un arc de 82° côté droit, ainsi que la trace d’un arc symétrique côté gauche depuis disparu, figurent l’écart entre les points de l’horizon où le soleil se lève et se couche aux deux solstices. Cet angle correspond à la latitude du lieu. En plaçant le disque à l’horizontal, en orientant l’arc latéral vers l’est ou vers l’ouest, on repère les levers et couchers de soleil au moment des équinoxes. En bas, un arc strié représente la barque solaire qui transporte le soleil de l’ouest à l’est durant la nuit. Ce disque est un calendrier luni-solaire compilant les connaissances nécessaires aux semailles, les Pléiades accompagnant la nouvelle lune mi-mars, et la pleine lune mi-octobre. Les phases lunaires permettent d’adapter le calendrier vis-à-vis de la longueur de l’année. Près des Pléiades, lorsque la nouvelle-lune n’apparaît qu’au troisième jour du mois, soit 32 jours après le début de l’année, décompter des mois de 29,5 jours permet de faire correspondre l’année solaire de 365 jours avec l’année lunaire de 354 jours. Or, 32 est le nombre de points-étoiles, et 32 années solaires correspondent à 33 années lunaires. Les 32 étoiles représentent les années solaires, et si on ajoute le disque plein, on compte 33 années lunaires, soit un cycle de synchronisation. NB : Sa première description écrite figure dans le Mul Apin assyrien. Le disque de Nebra est à rapprocher du site de Goseck, distant de 25 kilomètres et pourtant antérieur de 2500 ans. Goseck fait partie d’un ensemble de plus de deux cents sites sacrés entourés de plusieurs palissades aux ouvertures orientées selon les solstices, situés en Allemagne, Autriche, Slovénie et République tchèque.

LES CÔNES D’OR

Des cônes d’or découverts en Allemagne et en France (1, 2, 3) sont culturellement apparentés aux couronnes d’or hémisphériques du sud-ouest de l’Irlande (4) et du littoral atlantique de l’Espagne, tous de forme scythique. Ces objets datés de 1400 à 800 AEC, sont liés au culte solaire alors répandu en Europe. Cette hypothèse des cônes rituels portés comme des coiffes, est confortée par des statuettes les figurant. Leur ornementation apparente leur assigne la codification de connaissances astronomiques très complexes.

Selon leurs datations et leur forme, ces attributs du culte solaire pourraient être issus de la steppe pontique, puis colportés par les Italo-Celtes Germaniques. Cependant, les deux-cents sites de type Goseck attestent d’observations astronomiques précises bien antérieures en Europe. Selon la théorie défendue depuis vingt ans par Chantal Jègues-Wolkiewiez, réfutée puis reprise par la communauté scientifique fin 2018, les grottes Chauvet (40000 AEC), Lascaux (17000 AEC), Altamira (15000 AEC), ainsi que plus de cent cinquante autres, ont été choisies en fonction de l’orientation de leur ouverture aux solstices et équinoxes ; on y trouve les représentations pariétales des constellations et autres incidents astronomiques notables, comme à Göbekli Tepe en Anatolie (10000 AEC).

 

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Qui perd gagne !


Notre bon Président est un vrai champion, à ce petit jeu-là. Il a un don exceptionnel, pour renverser la tendance et se foutre royalement de ce que peut penser, dire et faire son peuple de dégénérés qui confond imbécilement l’élection européenne avec les échéances nationales, nous dit sa porte-parole.

Hier soir, lors des résultats, les fous du roi déclaraient, ici ou là, que rien ne changerait, qu’il n’y aurait ni démission du Premier Ministre, ni remaniement ministériel et encore moins de dissolution de l’Assemblée Nationale où notre divin enfant règne en maître absolu.

Nos pauvres Gilets Jaunes se retrouvent comme Don Quichotte, dans un combat perdu d’avance. Le Roi ne cédera pas une once de pouvoir, comme tous ceux qui n’ont cure de la démocratie. « J’y suis, j’y reste », se dit-il. Oui mais jusqu’à quand et à quel prix, vu que la moutarde commence à piquer sérieusement le nez des françaises et des français. Cet homme manque, de toute évidence, de discernement et d’ouverture d’esprit. Il ferait bien mieux de s’inspirer du Président François Mitterrand qui avait eu l’intelligence de la cohabitation politique.

Son esprit de sale gosse gâté l’a même entraîné à outrepasser sa fonction présidentielle, en s’impliquant directement dans la campagne des européennes et en désignant le monstre d’en face comme seul ennemi à battre, ne citant pas ou à peine les autres listes, depuis son grand débat, et parlant si peu d’Europe.

Le communisme et le nazisme, deux dictatures criminelles, excellaient dans le vol des consciences, en imposant leurs doctrines mortifères, pensant régner sur notre bonne vieille terre durant des milliers d’années. Le macronisme, assurément, ne vivra pas aussi longtemps que ses deux cousines.

Notre bon Louis de Funès ne croyait pas si bien dire, lorsqu’il déclarait, dans le film Rabbi Jacob : « Mais si, on peut ! On peut très bien. Moi, à mon usine, je lui mens toute la journée, au peuple ! Mais il aime qu’on lui mente, le peuple ! (Moqueur.) Le peuple ! ». Le petit prince, quant à lui, nous ment et se moque de nous, sans avoir le don de nous faire rire.

Tant va le cruche à l’eau qu’à la fin il nous les brise menues !

Tout cela ne peut pas bien se terminer !

Ecrit par Philippe Chauveau-Beaubaton

 

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La Table du Pays à Laifour


Qui, dans nos belles contrées sauvages de la pointe des Ardennes, n’a pas connu La Table du Pays située à Hargnies mais aujourd’hui fermée et dirigée, à l’époque, par Marie-Jo Garand avec l’aide de son mari Denis.

Figurez-vous que Marie-Jo a une digne héritière en la personne de Chloé Englebert, sa petite-fille, qui vient d’ouvrir le même concept basé sur une cuisine ardennaise et faite maison, à l’entrée de Laifour à gauche lorsqu’on vient de Revin et que l’on traverse le pont qui enjambe La Meuse, dans cette jolie boucle dominée par le site extraordinaire des Dames de Meuse.

La Cheffe de Cuisine Chloé Englebert a fait ses études à l’École Hôtelière Provinciale de Namur, en Belgique, authentique, dure et exigeante référence pour la formation de Chefs belges et français très réputés.

La Cheffe Chloé est digne de sa grand-mère, aussi bien dans la manière de vous recevoir avec le sourire que dans celle de vous régaler par de belles, bonnes et généreuses assiettes.

Le restaurant La Table du Pays, à Laifour, vient tout juste d’ouvrir hier soir, vendredi 24 mai 2019.

Aidée par sa Maman, portrait craché de Marie-Jo, dont ce n’est pas le métier, la Cheffe Chloé nous propose, en ce samedi midi, un sympathique menu du terroir ardennais à 14 euros et nous offre l’apéritif, avec du saucisson, pendant que nous faisons notre choix.

L’entrée est une tarte fine au chèvre et miel, accompagnée d’une fraîche salade du jardin et de divers crudités correctement assaisonnés. L’ensemble est plaisant et très bien réalisé.

Le plat se compose, quant à lui, d’une joue de bœuf au cidre avec ses pommes de terre et lardons qui nous rappelle la fameuse Cacasse de Marie-Jo. La joue est un pur délice, bien cuisinée et fondante en bouche, elle libère toutes les saveurs d’une remarquable composition culinaire. Il m’est avis que Chloé Englebert ira loin car réaliser des mets d’une telle saveur, à son âge, lui promet un bel avenir.

J’ai oublié de vous dire que cette Cheffe fait aussi son pain et c’est d’ailleurs son grand-père Denis qui me l’avait déjà dit lorsque je m’étais régalé d’une bonne miche dans ce joli petit restaurant d’Hargnies. Son pain est royal et il représente tout ce que j’aime tant par sa cuisson que par sa texture et sa saveur. Une vraie réussite !

Je décide, pour finir mon pain et mon vin de Saint-Nicolas de Bourgueil, de prendre une belle assiette de fromages plutôt qu’un dessert et là, je suis comblé par trois bons morceaux de fromages.

Une belle Maison à découvrir !

Ecrit par Philippe Chauveau-Beaubaton

Voir en ligne : LA TABLE DU PAYS

 

 

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« Le Radeau de la Méduse » par Bruno Ressuche


Incarnation de l’artiste romantique fasciné par le clair-obscur, Théodore Géricault a 27 ans en 1818, lorsqu’on annonce qu’un nouveau Salon va s’ouvrir au Louvre, Salon soutenu par les deniers du roi. Soucieux d’assurer sa notoriété, Géricault projette d’y présenter une œuvre spectaculaire. Il lui faut trouver un sujet. Or, depuis quelques mois, l’attention médiatique est focalisée sur un fait divers. On ne parle plus que de l’affaire de la Méduse. Fasciné, Géricault se met à l’œuvre. Il prend d’abord connaissance du récit de deux survivants qu’il finit par rencontrer. Alexandre Corréard et Henri Savigny étaient respectivement ingénieur-géographe et aide-chirurgien sur la Méduse.

Que lui conte-t-on ?

Après les Cent-jours, Waterloo et le retour de Louis XVIII, le traité de Paris permet à la France de récupérer ses comptoirs du Sénégal. Le nouveau gouverneur Schmaltz et trois cent quatre-vingt-douze fonctionnaires, militaires, scientifiques et colons ont à rallier Saint-Louis du Sénégal.

Le 16 juin 1816, une division de quatre bâtiments militaires quitte Rochefort et prend la mer. Il s’agit de la frégate La Méduse, de la corvette L’Écho, du brick L’Argus et de la flûte La Loire. Le commandement de l’expédition est confié au capitaine de frégate Hugues Duroy de Chaumareys, un officier sans expérience malgré ses cinquante et un ans, puisqu’il n’a plus navigué depuis l’Ancien Régime. Estimant que les autres navires sont bien trop lents, Chaumareys commence la traversée en les distançant. La Méduse se retrouve bientôt isolée. Il s’agit d’un bâtiment moderne à trois mâts et quarante-quatre canons, la frégate la plus récente et la plus rapide de la flotte française. A bord de La Méduse, l’ambiance est délétère. Marins et officiers napoléoniens détestent Chaumareys, le noble royaliste qui le leur rend bien. Souvent aviné voire ivre-mort, Chaumareys mésestime la position du navire. Les officiers l’avertissent du danger imminent : la frégate se dirige droit vers les hauts fonds du banc d’Arguin. Chaumareys refuse de l’admettre…

Le 2 juillet vers 15 heures, La Méduse s’échoue sur le banc de sable à soixante kilomètres des côtes de l’actuelle Mauritanie. Plusieurs tentatives de renflouement échouent puis une violente tempête secoue la frégate. Des voies d’eau apparaissent dans la carène, la quille est brisée. Chaumareys décide de l’abandon du navire. Il établit en secret la liste de ceux qui seront répartis dans les six canots de sauvetage. A l’aide de pièces de bois récupérées dans la mâture, il fait construire un radeau de vingt mètres sur sept, sur lequel s’entassent une partie de la cargaison et cent cinquante hommes d’équipage.

Le 4 juillet, ordre est donné d’évacuer La Méduse. Chaumareys est un des premiers à quitter le navire. Les chaloupes gagnent la côte, peu soucieuses du radeau qui dérive au gré des courants. Sur le radeau que les marins ont surnommé la machine, il n’y a ni eau potable, ni vivres, seulement des barriques de vin. La charge est trop importante et les hommes trop nombreux ont de l’eau jusqu’aux genoux. La première nuit fait vingt victimes.

Le 5 juillet, dans un délire collectif, les hommes s’enivrent et décident de mourir immédiatement. Ils commencent à couper les cordages à coups de hache pour envoyer la machine par le fond. Un féroce combat s’engage, des hommes passent par-dessus bord.

Le 6 juillet, au matin du deuxième jour, on compte soixante-trois nouvelles victimes. Les hommes que la faim tenaille ont maintenant de l’eau jusque-là taille.

Le 7 juillet, les naufragés arrachent quelques lambeaux de chair aux cadavres qui jonchent le radeau, et les dévorent.

Le 8 juillet, il ne reste plus que vingt-sept personnes à bord. On jette les plus faibles à la mer. Les naufragés sont désormais quinze.

Le 17 juillet, après treize jours de dérive et d’horreur, une voile apparaît à l’horizon. C’est celle du brick L’Argus. En effet, Chaumareys l’a envoyé avec pour mission, non pas de rechercher les naufragés, mais de retrouver l’épave de La Méduse à bord de laquelle sont restés quatre-vingt-dix mille francs, propriétés du Roi ! Malgré tous leurs efforts pour attirer l’attention du brick, les malheureux survivants de la machine sont de nouveau abandonnés aux éléments. Quelques heures plus tard, toujours à la recherche de l’épave, L’Argus repasse dans les parages, repère la machine et recueille enfin les infortunés. C’est à ce moment que l’on remarque la chair humaine à sécher sur les cordages, vestiges du cannibalisme. A son arrivée à Saint-Louis, l’Argus ne compte plus que dix survivants de la machine.

Le 4 septembre, l’épave de La Méduse est retrouvée par L’Argus. Sur les dix-sept hommes restés à bord pendant quarante-cinq jours, trois ont survécu.

De retour en France, Chaumareys est jugé par un conseil de guerre le 25 février 1817. Il risque la peine de mort. La sentence est prononcée le 3 mars 1817 : « Hugues Duroy de Chaumareys, chevalier des ordres royaux de Saint-Louis et de la Légion d’honneur, est condamné à cinq voix sur huit, à être rayé de la liste des officiers de la marine et à ne plus servir. À cinq voix sur huit, il est condamné à exécuter une peine de trois années de prison. »

De novembre 1818 à juin 1819, Géricault travaille avec acharnement à transcrire l’instant d’espoir où les quinze survivants ont vu apparaître la voile de L’Argus à l’horizon. Il fait construire une maquette grandeur nature du radeau dans son atelier, près de l’hôpital Beaujon où il se procure des restes humains. Le crâne rasé, il s’astreint à une discipline de vie monastique. L’artiste, dont l’atelier est très bien rangé mais où règne une puanteur étouffante, travaille méthodiquement dans le silence le plus complet. Il ne sort que très rarement. Sept des dix rescapés viennent poser pour lui.

Le 25 août 1819, l’immense tableau est présenté au Salon du Louvre sous le titre générique Scène de naufrage. Le titre initial Le radeau de la Méduse, a été censuré afin d’éviter les foudres de la monarchie. Malgré les mille trois cent œuvres du Salon, les critiques ne parlent que du tableau de Géricault, ceci pour trois raisons principales Pour les Impérialistes, il symbolise le mépris porté par l’aristocratie à l’encontre du peuple, et l’incompétence notoire des officiers de l’ère post-napoléonienne, recrutés au sein des dernières familles de l’Ancien Régime.

Le choix de placer un homme noir au centre de la composition est très controversé, et il manifeste les opinions abolitionnistes de l’auteur.

Le sujet et le style de cette œuvre marquent un tournant dans la peinture. S’éloignant du Classicisme, ils signent l’avènement du Romantisme et du Réalisme en influençant fortement Delacroix, Courbet, Manet et bien d’autres.

Géricault meurt en 1824, à l’âge de 33 ans. C’est au Louvre qu’on peut admirer cette œuvre témoin de son temps.

 

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« Laisse-moi partir » par Vincent Lambert


Ma Petite Maman Chérie, c’est du fond de la prison de mon corps que je t’adresse cette demande d’amour qui consiste à ouvrir enfin ma geôle, afin que je puisse m’envoler paisiblement vers des cieux plus cléments.

Ma peine terrestre me semble interminable. Alors je te le demande, Maman, ne sois pas la complice active de mon enfermement et de ma condamnation à la peine de vie.

Cette vie qu’on me prolonge, à cause de toi et de ton amour qui m’étouffe, n’est pas la vie qu’un humain a envie de choisir. Oui, Maman, moi je voulais vivre mais pas de cette façon. Je voulais marcher au bord d’une plage ou à travers bois, en respirant l’air frais à pleins poumons. Je voulais rire, chanter, danser, manger, aimer ma femme et venir m’attabler avec elle autour de ta belle et bonne table.

J’ai l’impression d’être l’enfant turbulent qu’on vient de punir, en l’obligeant à rester au coin sans bouger.

Il me semblait, à travers notre foi chrétienne, qu’on ne pouvait se satisfaire de la souffrance de l’autre et qu’il fallait, bien au contraire, tout mettre en œuvre afin de lui rendre la vie plus douce. Si notre Église n’est pas capable de mettre ses dogmes en application, alors elle n’est plus mon Église.

Même notre Seigneur n’est pas resté en croix aussi longtemps que je suis cloué dans ce lit à cause de ton acharnement, égoïste et surprenant, qui consiste à me maintenir dans cet état lamentable que je ne souhaite pas à mon pire ennemi.

Je sais, Maman Chérie, que tu m’aimes de tout ton cœur de mère, alors ne permets pas que je sois ton jouet et celui des médias. Ne fais pas passer tes intérêts personnels avant les miens, en pleurant devant les Tribunaux. Le seul acte qui soit un crime est celui de me laisser branché. Jusqu’à quand va-t-on jouer avec moi comme on le fait avec une marionnette. Il est grand temps de couper les ficelles, sachant que je n’appartiens à personne… Pas même à toi, Maman que j’aime !

Que ton amour inconditionnel à mon égard, Maman, puisse enfin éclairer le chemin de ta raison et la voie de ma délivrance. Que la paix puisse enfin être avec moi.

La seule logique à notre existence terrestre est l’amour, alors je souhaite que tu m’aimes encore plus fort, Maman, en ouvrant la cage à l’oiseau libre que j’ai envie d’être.

Puisses-tu tout mettre en œuvre pour organiser mon évasion !

Ecrit par Philippe Chauveau-Beaubaton

 

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