Publié dans Ardennes, Gastronomie, Insolite, Où sortir, Philip Beaubaton, Qui êtes-vous ?, Reportages, Tourisme

HARGNIES ET LE RESTAURANT «LA TABLE DU PAYS»


Henri VANDENABELE à La Table du Pays

Vous en avez assez du bruit, de l’air pollué et de la cuisine sans saveur, alors suivez-moi, le temps de cette chronique culinaire, dans le très joli petit village ardennais de Hargnies.

Deux heures après avoir quitté la Capitale, vous sortez de l’autoroute à Charleville-Mézières et vous empruntez la direction de Monthermé.

Hargnies est une commune située à la même hauteur que le troisième étage de la Tour Eiffel. Elle est entourée de forêts vertes, odorantes et profondes. Tous les ans s’y déroule la fête du cheval de trait. Ce village est frontalier avec la Belgique et compte quelques 500 habitants.

“ La Table du Pays ” est une auberge coquette, en même temps que rustique. Cette petite bonbonnière est décorée d’une manière très originale puisque les séparations, entre certaines tables, sont réalisées en fer forgé et en bois “ chauds ” (je dirais même brûlants car s’ils pouvaient parler) issus des montants de lits des ancêtres de l’Ardenne de France.

La truculente patronne de ce bel établissement, bien tenu et aux accents du passé, est souriante et fort sympathique. Elle navigue entre ses fourneaux et les tables de ses hôtes pour s’inquiéter du bon déroulement de votre repas. Cette “ Marie-Jo ” (Marie-Josèphe Masson-Briard) est une femme formidable car elle a remis, au goût du jour, ces plats goûteux qui font toute la richesse des Ardennais et qui régalent les bouches qui ne sont pas forcément Harnicottes (entendez celles qui ne sont pas originaires d’Hargnies). Marie-Jo cuisine aussi bien que nos Grands-Mères. Sa façon de dresser les assiettes, en nous régalant des parfums et des saveurs de l’ancien temps, me ferait presque regretter d’être un indécrottable célibataire, parce qu’une femme aussi talentueuse ne peut que rendre heureux un homme.

Dès votre arrivée vous êtes accueillis, ainsi que guidé à votre table, par la délicieuse et pétillante Malika qui vous adresse le petit mot sympathique engendrant le sourire du plus constipé d’entre nous.

Tous vos sens sont en éveil et votre nez est en émoi car il cherche à découvrir les secrets bien cachés des subtiles senteurs qu’on ne peut imaginer nulle part ailleurs qu’au creux de ces bois.

L’atmosphère est gourmande et conviviale, d’ailleurs les Agents de l’Office National des Forêts du coin, ainsi que les petits élèves de l’école communale ne s’y trompent pas, pour y prendre pension quasiment tous les midis.

Ici rien ne va vite et vous prendrez le temps de mastiquer chaque bouchée, avec délectation. Tous les produits sont frais et il vous faut laisser un peu de temps à la patronne pour confectionner les mets que vous prendrez à la carte. En ce qui me concerne, je suis resté sur un menu simple à 13 € qui comprend une entrée, un plat avec accompagnement de légumes et un dessert (à choisir entre trois propositions pour chaque catégorie).

De l’entrée au dessert, tout est confectionné maison. La boisson est en supplément, mais avec deux bières belges, je m’en suis tiré pour moins de 20 €.

Si vous appréciez la charcuterie traditionnelle faite à l’ancienne, les pâtés, les gibiers et les plats d’antan, alors c’est bien ici qu’il vous faut faire étape. Vous pourrez aussi découvrir la spécialité du pays qui est un excellent boudin blanc aux oignons qui se mange chaud ou froid, avec ou sans sauce. Ce boudin blanc n’a rien à voir avec celui que nous connaissons tous, pour le manger au moment des fêtes de fin d’année, et qui avait si peu le goût de truffe que ma mère le piquait à l’armagnac. Avec le boudin blanc ardennais, on ne rajoute rien car tout est déjà dedans et vous n’avez plus qu’à vous lécher les babines.

Chez Marie-Jo, il existe des plats typiquement ardennais comme la salade au lard (dés de lard maigre et gras, pommes de terre cuites à l’eau, pissenlits et vinaigre, le tout est chaud et se cuisine en cocotte, dans un fond de saindoux). Optez pour la “ Cacasse à cul nu ” qui est un ragoût de pommes de terre aux oignons auquel on ajoute thym, laurier, ail et persil, le nom est amusant et le cul n’est que celui de la marmite en fonte. On parlera de “ Cacasse habillée ” lorsqu’on rajoutera quelques “ charcutailles ” (comme dirait le Comte Godefroy de Montmirail, dans le film “ Les Visiteurs ”).

Bons vins, bières fraîches et petits pains de céréales tièdes à la mie aérée sont également au rendez-vous pour accompagner agréablement les plats que vous aurez choisi.

Pour les amoureux du silence, de l’air vif et de la vraie nature, une promenade digestive s’impose et vous trouverez de petits chemins forestiers en reprenant la direction de Haybes, de Monthermé ou de Vireux.

PCB le 19/11/2007

 

Auteur :

Chroniqueur libre et indépendant, mais pas dupe sur la définition du mot liberté. Je suis un paresseux pathologique, n'acceptant pas les critères de performance imposés par notre Société. Rebelle qui respecte sa vraie nature, en se laissant vivre parfois dans le rêve.

3 commentaires sur « HARGNIES ET LE RESTAURANT «LA TABLE DU PAYS» »

  1. Bonjour,
    je ne sais pas vous joindre par téléphone.
    Je voudrais réserver une trable chez vous pour 4 personnes le 11 novembre. Est-ce possible ?
    Merci d’avance pour votre réponse

    Jacqueline Geerts

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