Publié dans C'est Paris

Le Louchébem : Un rade sans viande de cheval roumain


Fifi et la boutanche de calva du Louchébem

Le Louchébem c’est un peu l’empire de la bidoche. Ici, on ne vous donne pas à bouffer de viande de canasson roumain, à la place de celle d’un cornant, car on n‘est pas chez Findus.

Vous en avez marre de la barbaque à pneu qu’on vous sert dans des chaînes de restaurants à la mords-moi-le-nœud et vos ratiches dépriment sévèrement, ne voulant plus claper de la daube, alors soyez les bienvenus dans cette crèmerie ou plus précisément dans cette brasserie dédiée à la bonne viande et dans laquelle vous allez pouvoir vous éclater le bidon, en vous rappelant le plaisir de becqueter de la qualité.

C’est donc en compagnie d’un vrai «Titi parigot», sachant jacter l’argomuche et le javanais, que je déboule dans ce bistringue situé autour de l’emplacement des anciennes halles de Paname, au métro Châtelet, pour aller grailler quelques savoureux et gigantesques morceaux de chair fraîche.

En arrivant dans ce bel établissement très pittoresque et dès que vous franchissez le seuil de la porte, vous avez l’étrange impression de mettre vos pinceaux dans une boucherie d’autrefois, rien qu’à l’ambiance qui y règne et aux effluves de viande qui viennent vous chatouiller le tarin et les naseaux.

Didier, le chef de rang, déguisé en maquignon pour vaches, avec sa blouse noire, vous confie aux bons soins d’un loufiat fringué en garçon boucher d’antan qui vous ouvre la route jusqu’à votre carante de troquet faite de bois, tout comme la chaise sur laquelle vous allez poser votre derche, pendant le temps de votre casse-dalle de péquenot.

Certes, cet aspect pourra vous paraître folklorique, en même temps que sympathique, mais le cinoche s’arrête là car vous êtes en face de vrais professionnels dont le seul plaisir est de vous satisfaire, dans une ambiance conviviale.

Avec l’apéro, on vous sert une belle soucoupe pleine de généreux morceaux de jambon à l’os et autres viandes cuites.

Du lundi au vendredi, le Louchébem vous propose un plat du jour du style épaule d’agneau, cochon de lait ou contre-filet rôtis, pot-au-feu et tête de veau.

Nous décidons qu’un beaujolpif Fleurie nous servira de kroutchev maison, pour arroser notre gueuleton fait de fromage de tête de cochon, d’onglet à l’échalote et de cuisse de bœuf large comme mon valseur.

Au dessert, mon pote ira se paumer sur une mousse au chocolbif maison certes délicieuse, pendant que je me rincerais les amygdales avec un sorbet à la pomme copieusement mouillé au calva dont on me laissera la boutanche, comme pour m’arroser seul la tronche.

Écrit par Philippe Chauveau-Beaubaton

Le Louchébem
31, rue Berger
75001   PARIS
Tél. 01.42.33.12.99

www.le-louchebem.fr

Auteur :

Chroniqueur libre et indépendant, mais pas dupe sur la définition du mot liberté. Je suis un paresseux pathologique, n'acceptant pas les critères de performance imposés par notre Société. Rebelle qui respecte sa vraie nature, en se laissant vivre parfois dans le rêve.

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