Publié dans Fred CB

« Le sens du goût » par Fred CB


FCB

J’ai perdu un sens, et non l’un des moindres, celui du goût.
C’est arrivé petit à petit, au début je pensais que c’était juste une passade.
Mais je me rendais vite compte que dans mon cœur il y avait un trou.
Un vide immense que je dissimulais derrière mes sourires, quelle piètre façade.

J’ai perdu tout d’abord le gout de rire
Puis très vite celui de rêver……
A quoi bon ne cessais-je de me dire.
Puisqu’en fin de compte, je restais seul à errer.

J’ai perdu le goût des grandes discussions.
Celles que je pratiquais avec une certaine passion.
Véritable défenseur de la veuve et de l’orphelin,
Je refaisais un monde où tout le monde se sentirait bien.

J’ai perdu le goût de m’amuser et de m’émerveiller.
Certainement à cause de cette vision si triste de la réalité.
Il suffit à quiconque de surveiller les actualités,
Pour très rapidement, se retrouver désenchanté.

J’ai perdu le goût du partage.
Celui que je défendais ardemment pourtant.
Dire que je m’évertuais à en faire mon adage.
A quoi rime-t-il dans un environnement aussi véhément ?

J’ai perdu le goût des longues veillées le soir.
Celle où j’échangeais avec une forte complicité,
Tous mes vœux, toutes mes envies, tous mes espoirs.
Difficile à suivre lorsque l’on est abandonné.

J’ai perdu le goût de chérir.
On ne peut y croire sans périr.
L’amour n’est qu’une chimère ;
Elle emmène chacun de nous en enfer.

J’ai perdu le goût de sentir
La vie n’est plus amère… elle est devenu fade
Pourquoi continuer à se mentir ?
Vu que tout ceci n’est qu’une pathétique mascarade.

J’ai tout simplement perdu le goût de vivre.
A quoi bon se démener contre vents et marées,
Lorsqu’on dérive comme un bateau ivre…
Je me sens si las…si fatigué…

Mon corps avance pourtant, mais le cœur n’y est pas.
Privé du goût merveilleux de toutes ces choses…
Tout ce qui m’entoure me semble tellement morose.
Seule raison qui me retienne, celle d’être papa.

Envie pourtant de m’évader de cette Terre qui n’a rien à m’offrir.
Envie à nouveau de ressentir des émotions autres que la détresse
Envie, c’est une évidence, de ne plus souffrir
De m’endormir, embrassé par la tendresse.

Point de promesses, juste la certitude.
Que j’arrive à me libérer de cette servitude,
Engendrée par mes sombres pensées …
Afin que la vie retrouve tout son intérêt.

Frédéric Chauveau-Beaubaton le 29 décembre 2013

 

Auteur :

Chroniqueur libre et indépendant, mais pas dupe sur la définition du mot liberté. Je suis un paresseux pathologique, n'acceptant pas les critères de performance imposés par notre Société. Rebelle qui respecte sa vraie nature, en se laissant vivre parfois dans le rêve.

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