Publié dans Fred CB

« Un Deuil Majeur » par Fred CB


Mémère

Cela fait à présent dix huit ans,
De longues années, privé de ta lumière,
D’errances, de perditions et de calvaires ;
Ton absence est pour moi un perpétuel tourment.

Toi qui, comme ton propre fils, m’a élevé ;
Toi qui malgré ta chair mutilée par cette horrible guerre,
N’était que pur amour et bonté.
Douce rêveuse, la tête dans les étoiles mais les pieds sur Terre.

Tu continues malgré tout à me fasciner.
Par-delà la mort, continuant à me parler.
Tu as fait, et ce depuis ma plus tendre enfance,
A mon égard, acte de foi et de bienveillance.

A l’aube du centenaire de cet évènement,
Qui t’as couté ta sœur et un bras,
Je ne peux ne penser qu’à toi ;
Mon cœur s’emplit d’un triste sentiment.

Quelle force tu avais dans ton pardon,
Quelle tolérance, quelle humilité.
Ta sagesse, calmait les plus hauts et féroces tons,
Ta douceur parvenait même à apaiser, les plus excités.

J’espère que de là où tu es tu peux me voir,
Et qu’en aucun cas, je suis en train de te décevoir.
J’applique au mieux tout ce que tu m’as enseigné,
Être juste et bon ; et autant que possible, ne pas juger.

Mon plus grand regret est de n’avoir pu te dire au revoir,
Répondre à ta demande et ainsi exhausser ton souhait,
Mais vois à présent, que dans nos cœurs réside l’espoir.
Celui de cœurs réconciliés, même si imparfaits.

Ta disparition a été destructrice,
Mais aussi tout à la fois salvatrice.
M’apercevant ainsi que la vie était trop fragile ;
Pour rester sur des ressentiments bien futiles.

Il ne passe pas un jour où je ne pense à toi.
Nos éclats de rire et cette tendresse partagée.
Cette complicité qui restera à jamais gravée.
Dans ma mémoire, dans ma chair, tu seras toujours en moi.

L’on me dit, que je n’ai peut-être pas eu l’affection que je m’évertue à trouver.
Mais, il n’en est rien, c’est parce que j’ai connu l’amour absolu,
Que je m’efforce absolument à le recréer…
Mais hélas je ne peux que constater que c’est peine perdue.

Je ne sais toujours pas faire mon deuil…
Celui-ci est majeur…
Sans aucuns doutes est-ce la peur…
L’idée de t’oublier me fait trembler comme une feuille.

Pardonne-moi d’être si faible, tu devrais être libre dans cette lumière.
Dont tu fais partie, et qui aujourd’hui m’éclaire.
Tu vivras en moi, et en mes enfants, à l’infini.
Puisqu’au quotidien, tu continues à influencer nos vies.

Frédéric Chauveau-Beaubaton le 28 avril 2014 – à Haybes.

Auteur :

Chroniqueur libre et indépendant, mais pas dupe sur la définition du mot liberté. Je suis un paresseux pathologique, n'acceptant pas les critères de performance imposés par notre Société. Rebelle qui respecte sa vraie nature, en se laissant vivre parfois dans le rêve.

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