Publié dans Annette

« Etre la fille de sa mère » par Annette


Entre mère et fille

Quand je la vois pensive

Se cloîtrant dans ses murs de silence,

Je vois danser une délicieuse fillette,

Débordante d’insouciance,

Impétueuse,

Si maudite,

Si répudiée.

Quand je la sens absente

Fixant son regard sur l’horizon,

Je me brûle à son âtre d’autrefois,

Glacial,

Aux braises de mépris,

Aux feux expirant malgré ses soupirs.

Lorsqu’elle rêve de son passé assassin,

Si lointain,

Elle tente d’y peindre des jours heureux

Pour apaiser ses nuits.

A l’aube

Ses plaies enflent,

Et engloutissent la moindre joie.

Des printemps fragiles,

Des étés lugubres,

Des automnes déserts

L’abandonnent

Sur son dernier voyage immobile.

Combien de pièges odieux

Sa créatrice a déposé sur son chemin pour la rendre si cruelle ?

Souvent,

Elle m’arrose,

De mots de pierre

Qui ne libèrent aucune musique.

J’étreins sa détresse.

Cette compassion

Me cheville à elle jusqu’à me faire respirer à son rythme.

La vie ingrate poursuit son œuvre,

Boucle les destinées croisées.

Les saumâtres infortunes de mes aïeuls

S’empilent,

Se heurtent

Sans jamais

S’évanouir.

Elles résonnent au plus profond de moi.

Parfois,

Pour la comprendre,

Je m’égare sur son chemin de croix,

M’écorchant aux épines acérées,

Butant sur des nœuds de vipères.

J’y flâne sur son ombre,

J’y erre sur ses jeunes pas.

Les rôles s’inversent,

Mon corps se cabre de refus,

Mes yeux se noient de détresse,

Mes poings se serrent de vengeance,

Ma fureur frémit de défaite,

Mes lèvres tempêtent

Poussent sa jeunesse à se révolter.

Sa chair douloureuse,

Son cœur fané,

Son âme fripée,

Débordent de mille tourments.

Pour survivre

Tout

Se glace,

Se cimente

Se vidange de toutes vives émotions.

De bien tristes valises

Pour un destin bien trop fugitif.

Un soleil bien trop fugace,

Un ciel bien trop étriqué,

Des étoiles bien trop garrotées,

Pour

Un ange en quête

De tendresse,

De caresses,

Effroyablement seul et châtié.

Sous mon soleil encombré,

Je la regarde marcher,

Aigrie,

Rongée,

Par ses fatalités.

Les plissements du crépuscule,

Sur sa peau,

M’implorent de veiller sur ses ultimes jours.

Ils imaginent

Que je suis loin,

Sans doute ailleurs.

Pourtant,

Ma flamme est si proche

Qu’ils s’y consument.

Écrit par Annette Canard – Juin 2014

Auteur :

Chroniqueur libre et indépendant, mais pas dupe sur la définition du mot liberté. Je suis un paresseux pathologique, n'acceptant pas les critères de performance imposés par notre Société. Rebelle qui respecte sa vraie nature, en se laissant vivre parfois dans le rêve.

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