Publié dans Théâtre

« Chambre froide » au théâtre de La Pépinière


Chambre froide

Un théâtre noir de monde, en ce samedi 22 novembre 2014, plus une place de libre jusqu’au dernier strapontin.

Un trio infernal de comédiennes de talent, avec Pascale Arbillot, Anne Charrier et Valérie Karsenti, pour cette représentation de « Chambre froide » de Michele Lowe sur une mise en scène de Sally Micaleff.

Le mari de Nicky est accusé de détournement d’argent, le mari de Molly la flique continuellement, le mari de Debra la quitte pour une autre femme plus riche. Les trois femmes ont une décision à prendre… Si vous aviez la possibilité de tuer votre mari, le feriez-vous… ?

Tout se trame dans le joli décor d’une cuisine américaine. Au cours d’un diner et pendant que les hommes sont au salon, Nicky, (jouée par l’excellente comédienne Valérie Karsenti que tout le monde connaît comme actrice dans la série « Scènes de ménages » où elle incarne Liliane la femme de José), ouvre les yeux de ses deux amies de longue date sur le comportement de leurs trois maris qui ne les respectent pas, sont d’affreux machos, golfeurs de salon, chasseurs occasionnels de surcroit et collectionneurs de trophées de gibiers morts.

Molly, (jouée admirablement par Anne Charrier), une sombre idiote pas si bête que ça, va se ranger rapidement à l’avis de Nicky. Quant à Debra, (jouée divinement par Pascale Arbillot), il lui faudra un peu plus de temps et de persuasion pour se rendre compte qu’elle croyait aimer son bourreau manipulateur de mari, étant sa marionnette, jusqu’à sombrer dans le déni, malgré son intelligence et son instruction.

La pièce bien rythmée est menée tambour battant jusqu’à la fin, par ces trois grandes comédiennes qui jouent à égalité. Drôles, cyniques, idiotes, colériques ou pathétiques sont les états dans lesquels ces trois comédiennes vont passer avec aisance tout au long de cette exceptionnelle représentation théâtrale.

Cet humour grinçant et parfois décalé, nous donne à réfléchir sur la relation du couple et principalement dans le rapport homme-femme, puisque cette dernière est parfois capable de se sacrifier, de subir dans le courage, l’abnégation et l’avilissement, jusqu’à ne plus se rendre compte qu’elle existe en tant qu’être humain !

Il se peut, sans le vouloir, que le spectateur se laisse entrainer inconsciemment dans le soutien à ces trois femmes en souffrance… Et tant pis si la morale judéo-chrétienne doit en prendre un coup dans l’aile !

Écrit par Philippe Chauveau-Beaubaton

Auteur :

Chroniqueur libre et indépendant, mais pas dupe sur la définition du mot liberté. Je suis un paresseux pathologique, n'acceptant pas les critères de performance imposés par notre Société. Rebelle qui respecte sa vraie nature, en se laissant vivre parfois dans le rêve.

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