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Hôtel du Nord, un café-restaurant au goût de cinéma


FV

C’est en compagnie de Frédéric Vignale, fondateur du Journal Le Mague, cinéaste et photographe de talent, poète libre, philosophe intelligent autant qu’insolent et un brin moqueur, que nous sommes allés tester ce café-restaurant dont on nous parle tant.

Il est vrai qu’en arrivant Quai de Jemmapes, ce fameux Hôtel du Nord nous évoque les images d’un film culte de la cinémathèque française, un chef d’œuvre du cinéaste Marcel Carné, avec Arletty qui tient le rôle d’une prostituée et Louis Jouvet celui d’un voyou, dans un scénario un peu ironique.

Situé sur les bords du Canal Saint-Martin à Paris, Hôtel du Nord est visible de la passerelle sur laquelle Raymonde (Arletty) déclare à Monsieur Edmond (Louis Jouvet) qu’elle n’a pas une gueule d’atmosphère.

Aujourd’hui Hôtel du Nord est un estaminet qui fleure bon le Paris d’antan.

La façade de légende est classée, mais il est difficile de la prendre en photo sans avoir une ribambelle de vélos alignés devant, ce qui est gênant pour les touristes en mal d’authenticité !

Les patrons et le personnel de cette brasserie tendance sont jeunes et accueillants. Tous ont su recréer une atmosphère conviviale. Une jolie brunette en mini-jupe écossaise virevolte entre les tables, avec son air innocent de petite écolière, en assurant un service efficace et souriant. Le cadre est sympathique et l’endroit est fréquenté par une clientèle très cosmopolite qui va du jeune chef d’entreprise, en passant par le travailleur plus modeste et le touriste d’un jour qui vient de l’autre bout de la planète. Les toilettes sont propres, l’entrée bien éclairée, le bar en zinc vaut le coup d’œil et l’arrière salle plutôt feutrée est un bel écrin qui abrite les trésors du passé.

L’assiette est bonne et sympathique, les menus proposés sont abordables et variés, le marché du jour reste une excellente proposition sur son morceau d’ardoise, quant à la carte elle est simple mais de bon goût grâce au génie créatif du Chef Pascal Brébant qui évolue dans la simplicité et le bon goût. On ne se fait pas assassiner au moment de l’addition, seuls les grands crus ne sont pas à la portée de toutes les bourses mais il existe de petits vins de soif agréables et d’un prix raisonnable. Le pain a été bien choisi, ce qui est assez rare dans bon nombre d’établissements, vu qu’il est le complément indispensable de plats en sauce.

L’endroit vaut bien qu’on s’y attarde un peu, parce qu’il règne ici un goût de fraternité et quelques effluves de ce Paris qu’on aimait si fort au siècle dernier. Ici le temps qui s’écoule inexorablement semble s’être malgré tout arrêté sur notre heureux et insouciant passé.

Hôtel du Nord est un bel endroit bien tenu, un rêve éveillé pour les gens qui recherchent l’authenticité et l’âme de la Capitale. Sous des airs de province, on prend le temps d’apprécier la vie parisienne.

Écrit par Philippe Chauveau-Beaubaton, le 15 janvier 2010

Site de Hôtel du Nord

Auteur :

Chroniqueur libre et indépendant, mais pas dupe sur la définition du mot liberté. Je suis un paresseux pathologique, n'acceptant pas les critères de performance imposés par notre Société. Rebelle qui respecte sa vraie nature, en se laissant vivre parfois dans le rêve.

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