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« Une main tendue » par Thierry Paul Valette

04 Nov

Quand la porte s’est refermée je me suis mise à pleurer. Loin des oiseaux, des troupeaux s’abreuvant à l’eau des bois, du village de mon enfance aux âmes espiègles, je me sentais si seule.

J’étais devenue cette colonnade orageuse dans la nuit bleue, cette femme au sein triste maudite de toutes ces maisons bourgeoises aux immenses façades arrogantes.

Pourtant lorsque la porte s’est refermée je voulais tellement résister, garder toute ma dignité de femme courageuse qui ne pas voulait se résigner. J’ai senti alors ma vie m’échapper comme une infidèle malmenée, mon corps frissonner puis trembler comme les flots lourds d’un océan en colère.

J’aurais tant voulu m’extirper de ce nuage obscur qui venait irrémédiablement de se poser sur les dernières lueurs de ma vie me laissant vaguement entrevoir le flanc vitreux de mes funérailles naissantes.

J’allais mourir bien trop tôt dans l’indifférence et le silence affreux de tous ces qui gens qui m’entourent sans ne jamais me regarder ni me prêter le moindre sourire qui aura effroyablement manqué à ma vie.

Parce que j’étais cette femme de la rue qui n’avait que la misère pour unique rayon de soleil, qui possédait pour seule richesse qu’un immense cœur brisé, malmené, par les comportements glacials de ces passants agités qui pire que des automates me jugeaient sans la moindre affection venant parfois rompre mon intimité de femme, souillant mes chaires meurtries quand ils voyaient en moi qu’une prostituée de fortune à qui l’on ne doit pour seul respect que l’insulte et le cracha.

La vie ne m’aura pas jamais épargné et malgré tout, sous le ciel noir, entre chaque goutte de pluie glaciale, je n’aurais eu de cesse de cacher en moi cette espérance miraculeuse qu’un jour, avant qu’il n’eut été trop tard, qu’une main se tende et m’eût fait croire que jamais je n’avais cessé d’être une princesse.

TPV

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Une réponse à “« Une main tendue » par Thierry Paul Valette

  1. Maryse LE BARS-VUILLARDOT

    06/11/2017 at 11:21

    A Thierry Paul Valette
    Bravo l’Artiste, quelles belles paroles, quels beaux mots sur ces maux… Bravo

     

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