Le maintien de l’ordre n’est plus ce qu’il était !


Comme la majorité des français, j’ai pu visualiser quelques vidéos des récents événements du samedi 1er décembre 2018 à Paris et il paraît incompréhensible, autant qu’inadmissible, de constater le manque de cohésion des agents du maintien de l’ordre, gendarmes et policiers, trop souvent isolés.

Lorsque j’étais jeune gendarme mobile, au siècle dernier me direz-vous, nous ne dépendions pas du Ministère de l’Intérieur mais de celui de la Défense voire des Armées aujourd’hui.

Nous intervenions dans des manifestations extrêmement violentes, en unité constituée, et aucun d’entre nous ne pouvait se retrouver isolé car nous formions un bloc inséparable.

En quatre années de Gendarmerie Mobile, l’escadron où j’étais affecté a participé à des opérations très dures, tant au maintien de l’ordre qu’en interventions spécialisées, avec des stages réguliers de perfectionnement au Centre National d’entraînement des Forces de Gendarmerie de Saint-Astier, en Dordogne.

En ordre de marche, nous étions trois pelotons composés chacun de vingt cinq hommes. Nous pouvions rester des heures à nous faire insulter et caillasser, avant que l’autorité civile (un Commissaire de Police) daigne enfin délivrer à notre Patron sa réquisition complémentaire, pour la charge des manifestants hostiles, avec usage de la force après sommations.

Je me souviens d’une opération qui dura un mois, face à des sidérurgistes armés et déterminés qui avaient pour soutien des anti-nucléaires allemands, belges et bretons venus pour les renforcer. Chaque soir, au départ du dossier d’enquête d’utilité publique vers la Préfecture via des véhicules blindés de la Gendarmerie, c’était une vraie guérilla urbaine pouvant durer plusieurs heures. Il y avait de nombreux blessés dans nos rangs comme dans ceux des manifestants, cependant nous ne cédions pas un pouce de terrain car, à l’époque, force devait rester à la Loi, ce qui ne semble plus être le cas à ce jour.

La faute de ce manque de cohésion ne peut être imputée aux gendarmes et policiers mais bien à ceux qui les dirigent, en recevant les ordres du Ministre de l’Intérieur via ses sbires.

Concernant les grenades lacrymogènes instantanées (GLI), ce sont des grenades offensives à puissant effet de souffle et nous ne les utilisions que sur de grands espaces pour progresser vu qu’elles restent des armes dangereuses, outre l’effet conjugué du gaz lacrymogène hautement dosé.

Jamais nous ne manquions de munitions, comme aujourd’hui.

Derrière notre impénétrable et solide ligne de boucliers, se trouvait l’Equipe Légère d’Intervention (ELI), sportive et super entraînée, dont je faisais partie. Nous n’étions pas habillés en Robocop et étions, de ce fait, beaucoup plus libres de nos mouvements. Seule une Tenue 4S ignifugée (pantalon bleu et blouson noir) nous servait aux différentes opérations, en complément d’un casque à visière et de protège-tibias. Notre rôle consistait à courir et à récupérer, lors de la charge et dès que les boucliers s’ouvraient pour nous laisser passer, les meneurs repérés plus tôt. L’effet de surprise était grand, dans les rangs adverses. Il fallait franchir des barricades en feu dans lesquelles des petites cartouches de gaz de camping explosaient à notre passage. Nous recevions de nombreux projectiles comme des gros écrous et boulons de sidérurgie lancés à la main ou des billes de roulement lancées à la fronde par des gens belliqueux. Personnellement blessé à sept reprises, au cours de cet affrontement, je n’abandonnais pas ma mission et ramenais le manifestant, vers l’arrière de nos rangs, pour le confier à l’équipe de police judiciaire composée de nos collègues de la Gendarmerie Départementale qui établissaient directement les procédures pour trouble à l’ordre public.

Ces dernières années, il n’y a pas eu de maintien de l’ordre très dur et nos forces de sécurité se sont plus concentrées sur le terrorisme qui était la priorité.

Devant la situation explosive que nous connaissons actuellement, il devient urgent de se concentrer sur les opérations de maintien de l’ordre, en formant correctement les gens. Il faut qu’ils puissent faire le distingo entre des gilets jaunes majoritairement pacifiques et des ultras-violents casseurs et pilleurs qui ne respectent ni les personnes, ni les biens, ni notre patrimoine culturel.

Castaner et Nuñez ont encore un peu de boulot, jusqu’à la fin de ce déplorable quinquennat !

Ecrit par Philippe Chauveau-Beaubaton

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