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Archives de Catégorie: Thierry Paul Valette

« Une main tendue » par Thierry Paul Valette


Quand la porte s’est refermée je me suis mise à pleurer. Loin des oiseaux, des troupeaux s’abreuvant à l’eau des bois, du village de mon enfance aux âmes espiègles, je me sentais si seule.

J’étais devenue cette colonnade orageuse dans la nuit bleue, cette femme au sein triste maudite de toutes ces maisons bourgeoises aux immenses façades arrogantes.

Pourtant lorsque la porte s’est refermée je voulais tellement résister, garder toute ma dignité de femme courageuse qui ne pas voulait se résigner. J’ai senti alors ma vie m’échapper comme une infidèle malmenée, mon corps frissonner puis trembler comme les flots lourds d’un océan en colère.

J’aurais tant voulu m’extirper de ce nuage obscur qui venait irrémédiablement de se poser sur les dernières lueurs de ma vie me laissant vaguement entrevoir le flanc vitreux de mes funérailles naissantes.

J’allais mourir bien trop tôt dans l’indifférence et le silence affreux de tous ces qui gens qui m’entourent sans ne jamais me regarder ni me prêter le moindre sourire qui aura effroyablement manqué à ma vie.

Parce que j’étais cette femme de la rue qui n’avait que la misère pour unique rayon de soleil, qui possédait pour seule richesse qu’un immense cœur brisé, malmené, par les comportements glacials de ces passants agités qui pire que des automates me jugeaient sans la moindre affection venant parfois rompre mon intimité de femme, souillant mes chaires meurtries quand ils voyaient en moi qu’une prostituée de fortune à qui l’on ne doit pour seul respect que l’insulte et le cracha.

La vie ne m’aura pas jamais épargné et malgré tout, sous le ciel noir, entre chaque goutte de pluie glaciale, je n’aurais eu de cesse de cacher en moi cette espérance miraculeuse qu’un jour, avant qu’il n’eut été trop tard, qu’une main se tende et m’eût fait croire que jamais je n’avais cessé d’être une princesse.

TPV

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« J’ai attrapé une maladie » par Thierry Paul Valette


J’ai attrapé une maladie
Mais je ne me rappelle plus laquelle.
Elle n’est pas contagieuse
Mais je ne me souviens plus de son nom.

Je l’avais écrit sur un morceau de papier
Mais je l’ai jeté à la poubelle.
Elle m’a pourtant forcé à tout oublier
Jusqu’à mon prénom.

J’ai attrapé une maladie
Qu’attrape même les gens cultivés.
Elle très mauvais chic mauvais genre
Mais elle me semble incurable.

L’oubli est son vice favori
Pire qu’un contrat de mariage.
Parfois coléreuse, parfois paresseuse,
Je suis loin de faire des envieux.

J’ai attrapé une maladie,
Qui donne des illusions.
Elle hante ma vieillesse
À coups d’humiliation.

Je l’avais parfois oublié.
Alors momentanément soulagée
J’en avais presque oublié
Qu’elle finirait par me tuer.

TPV

 

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« Contez-moi ma vie » par Thierry Paul Valette


Je vous offre mes pages
Mais contez-moi ma vie.
Celle de ma mémoire punie,
Celle d’un autre âge
Qui oublie, qui se fige
De ne plus connaître.

Je vous offre mes tourments
Mais contez-moi ma vie.
Celle de ma tête qui s’enfuie,
Celle de mon cœur de femme
Qui pleure, qui se vide
De ne plus reconnaître

Je vous offre mes secrets
Mais contez-moi ma vie.
Écrivez-moi ces mots
De ces livres interdits
Où les verbes d’hier
Ne conjugueront jamais l’ennemi

Je vous offre mes rires
Mais contez-moi ma vie.
Emportez-moi ces larmes
De ces films d’antan
Où les mots d’aujourd’hui
Ne connaîtront jamais l’ennui

TPV
NS 💙
Texte protégé 1FG2TW
Alzheimer recueil poésie n°18

 

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« Dernier baiser » par Thierry Paul Valette


Un matin mon père s’est réveillé
Comme un enfant apeuré.
De sa mémoire dépouillée,
Dans la nuit il s’était mis à pleurer.
Il a vidé ses armoires ,
Ses fonds de tiroirs,
Pris son dernier repas
De vieux sherpa.
Nu, sans bagage, en marche
Près de la gare Saintes-Eustache,
Sans billet il parfait en voyage
Et s’éloignait doucement de l’Ermitage.
Il portait le visage de la pauvreté,
Celui de toute son humilité
Qui s’efface et devient une vielle aquarelle
Que l’on jette comme ça à la poubelle.
Le long des réverbères,
Il y avait le bruit puis le désert
De ces silences blancs,
De tous ces passants absents,
De tous ces vertiges incessants,
De toutes ces mains d’enfants.
La nuit venait de tomber
Quand il s’est mis à pleurer.
Sur le sol encore mouillé,
Épuisé, il venait de tomber.
Son souffle peu à peu
Déjà disparaissait.
Du sang coulait
Du sommet de son front.
Sous les bruits vagabonds
D’une foule en dispersion,
Recroquevillé et le dos rond
Il ne cessait de demander pardon.
Ses larmes étaient pour sa mère ,
Une vielle dame usée et centenaire.
Dans un ultime râle d’homme condamné
Il lui demandait juste un dernier baisers.

Tpv
NS
Recueil Alzheimer 2017.

 

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« Vous n’aviez pas le droit…!!! » par Thierry Paul Valette


tpv

Vous n’aviez pas le droit
De nous trahir, de nous mentir
Vous n’aviez pas le droit
De nous voler, de vous servir

Vous n’aviez pas le droit
De profiter de la situation
Vous n’aviez pas le droit
De ne penser qu’aux élections

Je suis contre la révolution
Mais ne nous demandez pas pardon
Au nom de la sueur sur notre front
Je vous déclare bon pour la prison

Vous n’aviez pas le droit
De nous donner faim
De nous donner froid

Vous n’aviez pas le droit
De boire notre vin
De tous ces grands festins

Vous n’aviez pas le droit
De vos mocassins
Et autres belles vestes de lin

Je suis contre la révolution
Mais ne nous demandez pas pardon
Au nom de la sueur sur notre front
Je vous déclare bon pour la prison

Je déclare nouvelle constitution
Le pouvoir rendu à la nation
La fin de tous ces francs-maçons
Du sénat au palais bourbon

Je suis pour vos démissions
Mes très chers bourbillons
Vous ne serez plus à Matignon
Et n’irez jamais au panthéon

Je suis contre la révolution
Mais ne nous demandez pas pardon
Au nom de la sueur sur notre front
Je vous déclare bon pour la pendaison

TPV
Ns ❤
® »Vous n’aviez pas le droit »

 

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« Si tu penses encore… » par Thierry Paul Valette


tpv

Si tu penses encore et toujours à hier
Que tes larmes brûlent tes paupières
Que tes chagrins te réveillent le matin

Si tes draps te rappellent encore à moi
Que chaque soir me ramène à ta mémoire
Que tu préfères rester seule dans le noir

Alors retrouve-moi aux pieds des dunes
Embrasse-moi comme la mer et le soleil
Offre-toi comme à la terre ce même rêve
De ces jours qui passent, qui s’enlacent
De ces jours qui passent, qui s’embrassent

La vie est une couleur qui efface les pleurs
La vie est une couleur qui efface les peurs

Si tes envies ne sont pas tombées en oubli
Que mes mains manquent à ton cou
Que mes lèvres manquent à tes joues

Si ta peau se rappelle à mes caresses
Que tu préfères mes baisers à un autre
Que tu crois que ce n’était pas ma faute

Alors retrouve-moi aux pieds des dunes
Embrasse-moi comme la mer et le soleil
Offre-toi comme à la terre ce même rêve
De ces jours qui passent, qui s’enlacent
De ces jours qui passent, qui s’embrassent

La vie est une couleur qui efface les pleurs
La vie est une couleur qui efface les peurs

Si tes rêves sont toujours les mêmes
Que tes mots sont encore je t’aime
Que tes cris résonnent dans la nuit

Si trembles de peur de me voir affaibli
Que tes pleurs n’attendent plus minuit
Que mes folies manquent à tes envies

Alors retrouve-moi aux pieds des dunes
Embrasse-moi comme la mer et le soleil
Offre-toi comme à la terre ce même rêve
De ces jours qui passent, qui s’enlacent
De ces jours qui passent, qui s’embrassent

La vie est une couleur qui efface les pleurs
La vie est une couleur qui efface les peurs.

TPV

 

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« Je t’écrirai… » de Thierry Paul Valette


tpv

 

Je t’écrirai sur des morceaux de pierre,
Comme si c’était encore hier,
Tous ces mots mis à l’envers
Qui s’effacent avec le temps.

Je t’écrirai sur des morceaux d’étoiles,
Comme si nous étions demain,
Tous ces fragments de sable
Qui s’évaporent dans la mer.

Je t’écrirai des lunes et des soleils,
Comme si c’était un rêve,
Tous nos espoirs d’aujourd’hui
Qui se respirent à l’infini.

Je t’écrirai des fleurs de miel,
Comme des épices orientales,
Toutes ces larmes de cristal
Qui te sublime jusqu’à ton cœur.

TPV

 

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« Le Cabaret des Muses » de Thierry Paul Valette


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C’est l’histoire d’une femme atteint de la maladie d’Alzheimer. Au crépuscule de sa vie, il ne lui reste que quelques mois à vivre et elle nous livre ici dignement ses dernières volontés pour sa veillée funéraire.

Autrefois ,à la fin des années folles, elle fût une magnifique chanteuse de cabaret…

Aloïs est la personne qui à découvert cette maladie au tout début du siècle et qui porte aujourd’hui son nom : « Alzheimer »…
La musique aide les patients qui sollicite leur mémoire ancienne.

LE CABARET DES MUSES

Quand l’hiver sera enfin passé,
Je veux que tu viennes déposer
Aux pieds de ma chaumière,
Un joli bouquet de bruyère.

Avant que le printemps ne chantonne,
Que les hirondelles fanfaronnent,
De ma plus belle mousseline,
Aux tendres couleurs d’aubépines,

Je me serai dignement revêtue.
Je resterai belle ainsi étendue
Sur mon lit de soie et de chêne
Aux encens de sève et d’ébène.

Quand l’hiver sera enfin passé,
Je veux que tu viennes écouter,
Tout près de moi, sur une chaise
Cette éternelle balade irlandaise.

Les dernières bougies de cristal
Éclaireront mon linceul de gitane
Comme une vielle et folle profane
Qu’Aloïs aura rendu moins marginale .

Je deviendrai la chanteuse de minuit
Qui s’envole au cabaret des muses,
Cette mémoire qui hante les rues
Au son des vielles cornemuses.

TPV

 

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« Maman » par Thierry Paul Valette


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Parce-que vieillir est une chance…
Et la liberté un devoir, la mémoire aussi….
6 Juin 1944 Opération DDay Overlord

Fragments.

Maman,

Quand j’ai senti ce vent de pluie pénétrant le ciel,
Je me suis précipité tout en en haut du Clocher qui dominait la baie de Colleville.
Dans le silence de son vaste empire.
Le soleil, tendre et pénétrant,
Qui chaque soir
S’endort aux soupirs des cormorans,
Semblait livrer sa dernière bataille.

Je fixais les nuages qui se rapprochaient de la falaise
Et s’élevaient face aux vieux remparts.
Comme de minuscules fourmis, désordonnés au loin,
J’apercevais les derniers marins qui remontaient leurs filets,
Les rares promeneurs qui s’agitaient plus vite que des pantins désarticulés.

Dans une symphonie de couleurs médiévales,
La peau du soleil d’ordinaire bronze doré aux teintes cuivrées,
Se recouvrait d’asphalte bleuté, de noix et de myrtilles.
Son regard injecté de rouge défiait
Dans une lumière électrique
Ces stratus et cumulus d’outre-tombe.

Ce soir la maman j’assistais aux noces du ciel et de la mer,
Et je savourais ce moment privilégié.
J’aurai voulu que mes yeux puissent dévorer le ciel dans son entier,
Que ma bouche croque ce savoureux biscuit de tempête .
Que mes mains d’argile
Touche cette mer saupoudrée
D’écume et de jade en fusion.
D’immenses vagues en colère
Se fracassaient contre les rochers.
Rappelant à ma mémoire
Ce 6 juin 1944

Ce soir la maman, je redevenais un enfant ,
Ton enfant
Mais un enfant
En pleur,
Fragile,
Abandonné,
Terrorisé,
Prisonnier entre deux générations,
Qui par ce sale et triste mois de printemps 44
Avait vu cette interminable grève gémissante avide de chair fraîche,
Assoiffée de sang chaud,
Cette plage grondante aux dantesques et impénétrables lueurs rougissantes
Jeter à mes pieds ces fragments de soldat démembrés,
Agonisants en cris , entre râles et douleurs décharnées.

Maman
J’aurais tellement voulu que tu sois la,
Si près de moi ce matin-là,
Que tu caches mes yeux d’enfants,
Que tu poses tes mains contre mes oreilles
Pour que je n’entende pas jusqu’à la fin de mes jours
Les bruits de ces mitraillettes qui percent les os et fendent les vies ,
Les bruits de ces obus qui explosent en cœur
Dans les cris et les pleurs et qui ne laissent derrière eux
Qu’une sale odeur de soufre, de puanteur et de chair brûlée.
Aujourd’hui encore viennent chaque nuit hanter dans ma mémoire ces terribles douleurs
Qui sans cesse me rappellent que non
Tu ne pouvais pas être la maman
Ce jour-là
Ce matin-là
Sur les plages d’Omaha

Parce-que du Vel d’ Hiv tu n’allais jamais rentrer.

TPV

 

 

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« Te souviens-tu ? » de Thierry Paul Valette


tpv

 

Te souviens-tu du petit Nicolas,
De cet enfant à la peau chocolat,
Que tendrement dans tes bras
Tu croquais d’un air si délicat ?

Te souviens-tu de ses larmes,
De tes rires de jeune femme,
De ton cœur qui s’enflamme
À ses premier pas sur le macadam ?

Te souviens-tu de tes baisers,
Que par milliers tu déposais,
Sur les joues de cet écolier
Doucement chaque soir d’été ?

Cet écolier que tu appelles monsieur,
Que tu regardes d’un air malheureux,
Parfois même si vide et dangereux,
Est pourtant ce que tu as fait de mieux.

Et parce-que s’est arrêté le temps,
Que désormais tu ne sais plus quand,
Alors je te le dis bien tristement
Maman, c’est moi ton fils ton enfant.

TPV

 

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« J’avance en silence » par Thierry Paul Valette


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Les histoires d’amour ne meurent jamais
Elles s’envolent pour mieux recommencer
Aujourd’hui la notre à déployé ses ailes
Et dans le ciel peu peu elle disparaît….

J’ai traversé le pont ou je t’avais rencontré
Je reprends mon chemin
La ou je l’avais laissé
La ou tout avait commencé

Je garde avec moi les couleurs de mon cœur et m’éloigne en silence
Je garde avec moi les fragments de mes pleures et m’éloigne sans prudence

J’avance en silence
J’avance sans prudence

Je suis déjà loin et ne cesse de me retourner
Il n’y a plus de passé
Ton ombre déjà effacée
Je suis déjà loin et ne cesse d avancer
Il n’y a plus de passé
Ton prénom déjà oublié

Je garde avec moi les couleurs de mon cœur et m’éloigne en silence
Je gardé avec moi les fragments de mes pleures et m’éloigne sans prudence
J’avance en silence
J’avance sans prudence

Je terminerai ma route et j’arriverai
là où tout avait démarré
La ou j’avais décidé de voyager
J’avais jeté les clefs sauf une que je t’avais gardé,
Cachée sous l’escalier elle n’aura pas bougé

Je garde avec moi les couleurs de mon cœur et m’éloigne en silence
Je garde avec moi les fragments de mes pleures et m’éloigne sans prudence
J’avance en silence
J’avance sans prudence

J’avance en silence
J’avance sans prudence
J’avance en silence
J’avance sans prudence

J’avance en silence……..

TPV
Toile « Hammam » 160cm×130cm
Texte « J’avance en silence » Copyright 12VT84RW

 

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« Une maison qui serait ailleurs » par Thierry Paul Valette


tpv-2

 

Elle porte en elle ce même rêve
Aux longs matins quand elle se lève,
Celui de pierres et de couleurs,
D’une maison qui serait ailleurs.

Comme l’azur elle serait bleue,
Comme tous ces jours joyeux
Ou elle fixait alors mes yeux
D’un regard tendre amoureux.

Elle porte en elle ce même rêve
Aux longs soirs quand elle enlève,
Doucement, et me laisse entrevoir
Ses plus belles dentelles noires.

D’écumes douces et marines,
De ces longues nuits taquines,
Elle serrait mes mains coquines
D’un désir de larmes câlines.

Ses seins frissonnants tendrement
Sur ma peau nue et transpirante
Embrassaient mes hanches ruisselantes
Me dressant comme un fougueux amant.

Mais un matin son joli cœur parfumé
Soudainement s’est mit à transpirer.
Son regard pourtant alors si heureux,
Bouleversant toujours à mes yeux,

S’est doucement mit à pleuvoir
Illuminant ses belles pupilles noires.
Alors à l’élégance de ses charmes
Elle m’a offert cette si belle larme

Qui respirait tendrement l’amour,
Qui nous berce ainsi chaque jour,
Et coulait le long de son visage
Mon orientale mon doux rivage.

Je déposerai ainsi chaque soir,
Cette lettre , cette belle histoire,
Cette maison qui serait ailleurs
Qui serait celle de nos cœurs.

TPV
NS 2016

 

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« Je marche seul » par Thierry Paul Valette


tpv-1

 

Sur les trottoirs de bitume entachés de souliers usés, qui sans grâce fourmillent, qui sans âme dans le bruit sale de ces journées passagères m’indiffère, je marche seul de la même manière que l’on marche sur les trottoirs de Paris ou de Manille.

Oui seul, toujours seul avec mes semelles de vent arpentant un asphalte figé, parfois décomposé, qui ne laissent comme unique empreinte que celle d’un long silence palliatif.

Des milliards de pas qui les uns après les autres, les uns par-dessus les autres, se malmènent et portent sur leurs épaules ces hommes et ces femmes, ces enfants et ces vieillards, ces personnes de toutes sortes et de toutes convenances qui laissent derrière eux ces sempiternelles traces qui inlassablement se substituent les unes aux autres dans un véritable Kâma-Sûtra podo-urbain.

Des tâches de sang usagées et brunissantes, vestiges de cette fragilité humaine, qui se confondent à celles du goudron aux teintes parfois bleutées, des hydrocarbures décolorés, des graisses épaisses et de mélasse de toutes sortes aussi pures que l’eau contaminée des égouts de Tchernobyl.

Pourtant je suis entouré, accompagné, preuve de ces cris qui m’entourent. Je suis cerné sans aucune intention de me rendre. Je suis bousculé, malmené de tous ces coudes saillants, de toutes ces épaules osseuses et parfois même rondelettes, qui frénétiquement me frôlent dans une indifférence hurlante et dont leur seule et unique contrainte ne semblerait être que la perte de ces quelques secondes vitales, aussi essentielles que des points sur un permis de conduire .

Tous accrochés à leurs Smartphones à fendre les foules, ils ne marchent plus…Ils pilotent. Il ne s’agit plus d’une lutte contre le temps mais d’une course frénétique sans aucun départ ni aucune arrivée qui à chaque seconde, à chaque dixième de seconde de perdue sonne le glas de leur bon sens emprunté.

Autrefois, dans des temps encore bien inscrits dans certaines mémoires vieillissantes, dans des temps qui appartiendront tôt ou tard aux livres d’histoires et qui eux même se retrouveront dans ces greniers poussiéreux de maisons inanimées et dont pour les plus chanceux dans les quelques vitrines d’antiquaires spécialisés du quartiers Drouot, nous prenions le temps avec cette féroce envie nécessaire de se perdre aux hasard de rencontres fortuites de toutes sortes aussi futiles qu’utiles ou inutiles que celle d’un frelon avec un ticket de métro.

Le lien ? Aucun !!! Juste que l’absurde n’avait d’importance tant que nous en avions conscience .Mais des lors que l’absurde étant devenue cette monnaie courante et nationale alors nous sommes entrés dans une évidence nécessaire qui nous permet par ce providentiel alibi de nous cacher de la perte de nos propres failles.

Celle évidence est celle de l’indifférence, cette formidable excuse qui nous évite l’aveu, l’aveu de cette perte annoncée du raisonnement.

Peut-être après tout résonner deviendrait il cette absence même de raisonnement ? A force de raison de Platon à Socrate, de Voltaire à Montesquieu ou bien de Lévy à tant d’autres en avons-nous déjà fait le tour… faisant inlassablement évoluer notre monde là même où notre esprit tourne en rond comme un retour inéluctable à la case départ nous rappelant que du ventre de nos mères nous n’avions comme unique refuge ce terrible replis sur nous-mêmes.

Raisonner, se retrouver ainsi à ce même point de départ, plutôt une bulle devrions nous dire, nous retrouver nez à nez à cette évidente métaphore de la caverne interrogerait il peut être ce fait que l’homme s’il prétend survivre doit avant tout autre chose revenir à sa place d’antan telle qu’elle le fut il y a quelques milliers d’années , c’est-à-dire à ce moment précis où « nous étions » plutôt que celle d’aujourd’hui ou « nous ne sommes plus »

TPV
Texte protégé 2016
ns

 

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« Ballade en Lexovie » par Thierry Paul Valette


Le poète Thierry Paul Valette

Le poète Thierry Paul Valette

 

Tout près, dans le petit parc solitaire,
À l’ombre d’un escalier de pierre,
Le jardin de l’évêché fier et magistral
Se cache au pied de notre cathédrale.

Dressée de voûtes en son chœur
L’ombre demeure aux voyageurs,
Aux évêques et autres alchimistes,
À la table de tous ces aubergistes .

Au lait de vache l’odeur du caramel,
Sur les étals, délicatement se mêle
À la rosée que le matin accompagne
De son manteau de verte campagne.

Aux charmes d’antan de ses ruelles
Se mélangent, aux colombages de pierre,
Les empreintes d’une Rome maternelle
Posée aux berges de son unique rivière.

L’ancienne et noble citadelle,
De ses plus vaillantes prunelles,
Au lit des ruines bénédictines,
Berce notre néo-byzantine.

Au rendez-vous des carmélites
Les vitraux gorgés de sang
Incendient d’eau bénite
Tous ceux rentrent dans le rang

TPV
Copyright 22/11/2016

 

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« Plaisir d’été » de Thierry Paul Valette


Thierry Paul Valette (Crédit photo : Caroline Faindt)

Thierry Paul Valette (Crédit photo : Caroline Faindt)

 

Sur un quai ensoleillé
Sous ta jupe parfumée
De l’odeur des framboisiers
Tu me fais rêver

Légère et dévêtue
Tu me fais dresser
Aux rythmes gênés
De nos souvenirs d’été

Sur un quai abandonné
Sur ta peau mouillée
De tes envies d’orchidées
Tu me fais transpirer

Légère de tes seins nus
Tu me fais glisser
Aux rythmes si frais
De ton corps dénudé

Sur un quai ensorcelé
Dans ton jardin trempé
De tes désirs secrets
Tu me fais oublier

Légère et résolue
Tu me fais monter
Aux rythmes serrés
De tes lèvres déchaînées

TPV
Copyright 2016
Crédit photo : Caroline Faindt

 

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« Promenade interdite » par Thierry Paul Valette


L'Auteur Thierry Paul Valette

L’Auteur Thierry Paul Valette

 

À la lisière d’un chemin découvert,
Allongé sur un drap d’herbe fraîche,
Au pied des fleurs et des pêches,
Commence une étrange prière.

D’une robe vêtue ton fruit défendu,
À l’abri de mes mains indiscrètes,
Se dessine de nos envies en têtes
Au prélude de nos deux corps nus.

Je nous imagine ce doux ballet,
Ou glissants dépourvus de pudeur
Mes doigts, empreints de ferveur
Viendraient te faire transpirer.

Délicatement ton voile, sur ta peau
À tes pieds nus, alors je dépose
Et découvre, ou mes yeux se posent,
Une toison qui dresse mon roseau.

Doucement mon lin, sur ma peau
À mes pieds nus, alors tu déposes
Et découvre, ou tes yeux se posent,
Une tige qui caresse ton museau.

Imprégnés d’agréables voluptés,
Aux sourires fous et insistants,
Nos échanges, suaves et gourmands,
Maintenant m’ordonnent à te déguster.

Me faisant audacieux je t’approche
Et, de ma bouche alors caressante,
Effleure ta poitrine bouillonnante
Qui m’attend sans aucun reproche.

Tes seins, sur ma langue se dressent,
Et te dessine des courbes contredites
Qui mouillent tes chairs interdites
Ou amoureusement je me confesse.

Au goût sucré de tes saveurs exquises,
Ainsi dévoilées ,au creux de ton duvet,
Je me raidi d’avoir, à ton jardin secret,
Goutté le fruit d’une telle friandise .

Maintenant en moi te voilà assise,
Pénétrante avec grande délicatesse,
Secouées de tes rythmes d’ivresses,
Ou tu restes ma douce soumise.

Nos corps, ruisselants, s’entremêlent
À mes nuptiales caresses qui derrière,
Stimulantes, viennent en ta garçonnière
Te rendre bien encore plus charnelle.

Je salive à tes pointes qui se dressent,
Me fixe à ton regard qui m’envisage,
Et brusquement te saisis de cette rage
Qui te voit monter ma belle diablesse.

Vaincue d’extase et de plaisir,
Ta gorge me devient profonde,
Et dépose à ce nouveau monde
Le miel de tous tes plaisirs.

Écrit par Thierry Paul Valette, le lundi 02 mai 2016

TPV-NS 2016
Copyright protégés 13223W34T

 

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« Je fais un rêve » de Thierry Paul Valette


TPV

 

Oh peuple d’Afrique essoufflé au mépris de tes libertés,
De tes terres d’ocre et de sang, de tes enfants affamés,
Naîtrons les histoires fertiles, de ton identité en proie d’humanité,
Au jardin de tes espérance ou tu réunis toutes tes fraternités.

Tes rêves féconds au berceau d’argile et de lianes
Découvriront ton antre parfumée au miel de tes savanes,
Douce musique au crépuscule de tes sarbacanes
Qui pleurent tes femmes enchaînées aux portes de ta Louisiane.

Oh peuple d’Afrique malmené au chevet de ton histoire,
De tes livres de pierres et de bois de tes ancêtres noirs,
S’effaceront tous ces maux qui hurlent ton désespoir
Aux pages de tes méfiances ou tu embellis toutes tes mémoires.

Tes rêves de faim à la table de tous ces capitalismes
Imposeront ta signature au front de tous leurs absolutismes,
Nouvelles poésies au tombeau de l’esclavagisme
Qui pleurent tes mains tombées aux chants de leurs racismes.

Aux rivages alcoolisés de tes martyrs à l’abandon,
Tes enfants ainsi déposés à l’autel de l’abolition
Banniront l’ordonnance de toutes tes discriminations
Aux alcôves désargentées de leurs fantômes en perditions.

Blancs et noirs dessineront l’arc-en-ciel de la liberté,
Artistes et politiques gommeront les accents du passé.
Le monde, est en marche, enchaîné a tous ses prisonniers,
À nos frères, qu’ensemble, nous devons tous libérer.

Aujourd’hui, je fais le rêve d’une terre d’amour et de flanelle,
D’une cathédrale de verre et de papier, qui chanterait fièrement votre liberté
Au-delà de vos ailes et de vos racines de dentelles.
Faisons ensemble ce rêve fraternel d’une citadelle éternelle.

Thierry Paul Valette
Copyright 2016
Création l’unique

 

 

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« Marche » de Thierry Paul Valette


TPV

 

Seule, ce soir, tu avances dans le brouillard.
Tu as froid, tu as mal mais tu n’as pas faim, tu es seule.
Tu hurles ta douleur, tu abandonnes ta rage.
Et puis tu restes là, assise, figée et décharnée, seule, toujours seule…
Seule comme cette petite fille à qui tu ressemblais,
Seule comme cette petite fille encore hier que tu étais.

Alors relève-toi, défend toi, impose-toi et marche.
Oui marche, marche encore et encore,
Marche sans ne jamais t’arrêter,
Marche sans ne jamais te remettre à pleurer.
Ne te retourne jamais, regarde toujours devant toi, regarde au loin au soleil levant,
Seule comme cette petite fille à qui tu voulais ressembler
Seule comme cette petite fille qu’hier encore tu rêvais…

Ton combat sera ta victoire, ta douleur ton bonheur.
Tes larmes scintilleront de milles couleurs.
Elles illumineront ton cœur,
Elles sublimeront ton intérieur,
Et tu deviendras cette petite fille qui simplement n’avait fait que ce terrible cauchemar.
Tu deviendras cette petite fille qui seulement ne voulait ne plus jamais avoir peur.

TPV
Thierry Paul Valette
® Mars 2016

 

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« Aujourd’hui » par Thierry Paul Valette


 

 

Thierry Paul Valette

Thierry Paul Valette

 

Aujourd’hui encore la nuit obscure et scintille s’est mise à pleuvoir

Elle s’est enroulée me laissant dans le noir, seul au cri de mon désespoir

Je n’ai que les cafards comme agréables compagnies, je n’ai plus les bruits de tes silences que j’écoutais jusqu’à minuit

Ouvre les yeux sur ma folie, elle n’est que le chant de tes ennuies

Prends-moi la main, serres la doucement contre ton sein

Et oui tu tiens toujours en main la clef de ton destin

Aujourd’hui il n’y a plus de fleur pour m’accompagner aux vacances de tes soupirs, pour embrasser le miel de tes désirs et caresser les fleurs, celles qui nous faisaient frémir

Je n’ai que les bruits des marteaux piqueurs comme agréables compagnies, je n’ai plus l’odeur de tes lèvres que je sentais jusqu’à minuit

Ouvre les yeux sur ma folie, elle n’est que le chant de tes ennuies

Prends-moi la main, serres la doucement contre ton sein

Et oui tu tiens toujours en main la clef de ton destin

Alors aujourd’hui

J’ai pris le stylo qui était à mon père pour t’écrire cette lettre

Tous les mots, même les phrases, sont écrits à l’envers.

Et pourtant tu le sais mais tu préfères me regarder de travers

Désormais nous vivrons séparés, nous oublierons toutes ces années

Où la cage était toujours fermée

Il n’y a plus de jour

Il n’y a plus de mois

Il n’y a plus d’année

Quand nous serons vieux ces mots seront toujours les mêmes

Seul l’encre aura changée mais crois-moi je ne vais pas regretter

D’avoir comme ça gommé le passé

Alors je te le dis, je te le dis ainsi

Oui tout est fini, j’ai enfin compris.

Thierry Paul Valette

TPV Copyright 2016

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« Libre » par Thierry Paul Valette


Thierry Paul Valette

Thierry Paul Valette

 

J’ai tout fichu par terre
J’ai tout fichu en l’air
J’ai même brûlé
Ma carte bancaire
Dans le cendrier
De la pièce d’à côté

J’ai tout fichu par la fenêtre
J’ai tout fichu chez le notaire
J’ai même jeté
Tous mes souvenirs
Dans la corbeille
Du curé

J’ai tout fichu au coin de la rue
J’ai tout fichu dans le feu
J’ai même donné
Les clefs du quartier
Au voisin d’à côté

Mais je suis libre
Libre
Comme je n’avais osé l’imaginer
Comme je l’avais toujours rêvé
Oui libre comme un enfant
Qui refuse d’écouter
Ses parents

Mais je suis libre
Libre
Comme je n’avais osé l’ imaginé
Comme je l’avais toujours rêvé
Oui libre comme un amant
Qui refuse de partager son temps
Encore plus longtemps

Thierry Paul Valette
® TPV 2016
©PLaurent Sigwald Progwald

 

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« Porte d’Orléans » par Thierry Paul Valette


TPV

 

C’est là-bas où s’est arrêté le temps
Où la vie dure plus qu’un long instant
Où les choses durent assez longtemps
C’est comme ça Porte d’Orléans

Sous la pluie, dans le ciel on respire,
On s’envole pour mieux repartir
A l’infini on se donne tous en rire.
C’est comme ça Porte d’Orléans.

Je l’éblouis ça reste toujours ainsi
Elle me dit oui c’est pour la vie
Rien n’a changé, ni le jour ni la nuit
C’est comme ça Porte d’Orléans

Alors prends ma main que je te donne
Viens notre chanson je te la fredonne
C’est bien celle de la Porte d’Orléans
On recommence et on s’aime encore

C’est là-bas où tout a recommencé
Cette chance encore de s’aimer
Sous la pluie, éternelle ritournelle
C’est comme ça Porte d’Orléans

Et maintenant viens, allons-nous en
Heureux, amoureux comme des enfants.
Allez viens on a bien encore le temps
C’est comme ça Porte d’Orléans

Alors prends ma main que je te donne
Viens notre chanson je te la fredonne
C’est bien celle de la Porte d’Orléans
On recommence et on s’aime encore

Alors prends ma main que je te donne
Viens notre chanson je te la fredonne
C’est bien celle de la Porte d’Orléans
On recommence et on s’aime encore

Thierry Paul Valette
Texte protégé 2016
Photo Yannick Bernes
Copyright 2016

 

« Quand nous serons vieux » by Thierry Paul Valette


Thierry Paul Valette by Jean-José Caddy

Thierry Paul Valette by Jean-José Caddy

 

Quand nous serons vieux, installés au coin du feu,
Je sentirai ta main posé sur mes cheveux
Je penserai sûrement a ces jours joyeux
Ou nous avions décidé de vivre heureux

Je n’aurai que le temps d’être devenu vieux
De rester assis, fixe et mystérieux
Aux songes de chaque instant passés à deux
Ou tout n’était que luxe majestueux

Je me souviendrai de la prunelle de tes yeux
Légère dentelle de papier au creux
de tes reins déposée pour me laisser envieux
De nos souvenirs aujourd’hui voluptueux

Quand nous serons vieux, installés au coin du feu
Tu sentiras ma main posée contre ton sein
Tu penseras sûrement a tous ces jours coquins
Ou nous avions décidés de vivre sans fin

Tu n’auras que le temps, dépourvu d’escarpin,
De rester assise, vaine et sans fond de teint,
Aux pensées chagrines de tous nos lendemains
Ou tout n’était que champagne et grands festins.

Tu te souviendras de la douceur de mes mains
Éternelle caresse qui tous les matins
Viendra déposer a tes lèvres de jasmin
Un bouquet de baisers cueilli dans le jardin

TPV
©Thierry Paul Valette
Photo : Jean-José Caddy

 

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« Soumise » par Thierry Paul Valette


"Soumise" by TPV

« Soumise » by TPV

Je n’ai que les vertiges d’une caresse exquise
A déposer au pied de cette brulante banquise
Rendez-vous de ma plus belle marquise
Ou déjà elle me semble toute acquise

Je n’ai que les frissons d’un baiser ainsi dévoré
A lui échanger au précipice de ses lèvres enflammées
Miroir de ses fines pluies de larmes libertines
Ou déjà elles me semblent ruisseler sur sa poitrine

Je n’ai que la chaleur de mon corps assoupi
A lui offrir a la lumière de son sein maternel
Volcan de ses seules floraisons charnelles
Ou déjà elle me semble divinement endormie

Je n’ai que le murmure de mes rêves félins
A lui chanter a l’entrée brulante de son chemin
Écrin sauvage de ses plus vulnérables envies
Ou déjà je lui semble durement introduit

TPV
©2016 RÉSERVÉ

Thierry Paul Valette

Thierry Paul Valette

 

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