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Archives de Tag: Textes

« Contez-moi ma vie » par Thierry Paul Valette


Je vous offre mes pages
Mais contez-moi ma vie.
Celle de ma mémoire punie,
Celle d’un autre âge
Qui oublie, qui se fige
De ne plus connaître.

Je vous offre mes tourments
Mais contez-moi ma vie.
Celle de ma tête qui s’enfuie,
Celle de mon cœur de femme
Qui pleure, qui se vide
De ne plus reconnaître

Je vous offre mes secrets
Mais contez-moi ma vie.
Écrivez-moi ces mots
De ces livres interdits
Où les verbes d’hier
Ne conjugueront jamais l’ennemi

Je vous offre mes rires
Mais contez-moi ma vie.
Emportez-moi ces larmes
De ces films d’antan
Où les mots d’aujourd’hui
Ne connaîtront jamais l’ennui

TPV
NS 💙
Texte protégé 1FG2TW
Alzheimer recueil poésie n°18

 

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« Dernier baiser » par Thierry Paul Valette


Un matin mon père s’est réveillé
Comme un enfant apeuré.
De sa mémoire dépouillée,
Dans la nuit il s’était mis à pleurer.
Il a vidé ses armoires ,
Ses fonds de tiroirs,
Pris son dernier repas
De vieux sherpa.
Nu, sans bagage, en marche
Près de la gare Saintes-Eustache,
Sans billet il parfait en voyage
Et s’éloignait doucement de l’Ermitage.
Il portait le visage de la pauvreté,
Celui de toute son humilité
Qui s’efface et devient une vielle aquarelle
Que l’on jette comme ça à la poubelle.
Le long des réverbères,
Il y avait le bruit puis le désert
De ces silences blancs,
De tous ces passants absents,
De tous ces vertiges incessants,
De toutes ces mains d’enfants.
La nuit venait de tomber
Quand il s’est mis à pleurer.
Sur le sol encore mouillé,
Épuisé, il venait de tomber.
Son souffle peu à peu
Déjà disparaissait.
Du sang coulait
Du sommet de son front.
Sous les bruits vagabonds
D’une foule en dispersion,
Recroquevillé et le dos rond
Il ne cessait de demander pardon.
Ses larmes étaient pour sa mère ,
Une vielle dame usée et centenaire.
Dans un ultime râle d’homme condamné
Il lui demandait juste un dernier baisers.

Tpv
NS
Recueil Alzheimer 2017.

 

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« Si j’étais Dieu » par Aliza Teraghia


Si j’étais Dieu
Je me planquerais plus dans mes cieux
Je viendrais en aide aux malheureux
Si j’étais Dieu

Si j’étais Dieu
Je ferais la peau à toutes les guerres
Et à ces marchands d’armes prospères
Si j’étais Dieu

Si j’étais Dieu
Je ferais que les gens s’aiment entre eux
Haïr les autres n’a jamais rendu heureux
Si j’étais Dieu

Si j’étais Dieu
Je soulagerais bien plus la souffrance
Je tonnerais contre la grande finance
Si j’étais Dieu

Si j’étais Dieu
Je ferais sur cette Terre à chaque jour
Mieux briller ce mot splendide, amour
Si j’étais Dieu

Si j’étais Dieu
J’aurais été si content de pouvoir exister
Mais merci l’humanité de m’avoir inventé
Jolie histoire pour ne plus craindre la mort
On est en fait tous seuls, coquin de sort
Alors si au fond pas d’étincelle divine
Et rien qui à la prière le ciel s’illumine
Vis, aime, chante et sois bon ou bonne
Jusqu’à ce que hélas ton heure sonne
Si Dieu avait existé, ce serait sa parole
Je me glisse un instant dans son rôle
C’est vrai, c’est mieux avec des anges
On récolte alors bien des louanges
Prends ma main,, embrasse-moi ,
Caresse moi, oui, embrase-moi
L’amour à deux c’est un joli pluriel
Pour tant monter au septième ciel
Et si on rencontre Dieu au passage
Alors ménage à trois pas trop sage
La foi alors ou quoi me pénétrera
Et à un moment précis : Alleluyah
Rester bien apaisée sur un nuage
Dieu aura fait l’amour à son image…

A lire ceci, les bigots et bigotes choqués
Ils me lanceront de terribles anathèmes
Suppôt de Satan, fille perdue et athée
Je leur réponds déjà ceci: Je vous aime

Aliza Tous droits réservés

 

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« Moi contre toi… » par Laurent Mourot-Faraut


laurent-mourot-faraut

Dans la nuit, ou au lever du jour,
Dans toutes les dimensions,
Où je me perds, où je me trouve,
Où que tu sois, moi, je pense à toi,
Quelque soit le jour, ou la raison,
Je crois bien que je t’aime,
Mon cœur pleure ton absence,
Et toutes les nuits, mes évasions,
M’emmènent au bout du monde,
Mais tu n’es pas là, même pas ici,
Je crie, je hurle, j’appelle cela l’espace,
Et même si je regrette, je n’y peux rien,
L’automne arrive, et puis l’hiver,
Je n’aime pas, quand il pleut fort,
Le souvenir de tes larmes me rend fou,
Je m’en mords les lèvres,
Où que tu sois, où que tu ailles,
Je pense à toi, pour toujours,
Tu sais, j’appelle cela l’amour,
Et je le crie du bout des lèvres,
Et je l’écris d’un bout de plume,
J’appelle ça la vie, maintenant,
Avant de m’endormir,
Et de m’enfuir de ce monde fou,
De m’installer sur des nuages,
Quelque part, quelque n’importe où,
Là où tu vas, j’irais…

Laurent Mourot-Faraut

 

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« Vous n’aviez pas le droit…!!! » par Thierry Paul Valette


tpv

Vous n’aviez pas le droit
De nous trahir, de nous mentir
Vous n’aviez pas le droit
De nous voler, de vous servir

Vous n’aviez pas le droit
De profiter de la situation
Vous n’aviez pas le droit
De ne penser qu’aux élections

Je suis contre la révolution
Mais ne nous demandez pas pardon
Au nom de la sueur sur notre front
Je vous déclare bon pour la prison

Vous n’aviez pas le droit
De nous donner faim
De nous donner froid

Vous n’aviez pas le droit
De boire notre vin
De tous ces grands festins

Vous n’aviez pas le droit
De vos mocassins
Et autres belles vestes de lin

Je suis contre la révolution
Mais ne nous demandez pas pardon
Au nom de la sueur sur notre front
Je vous déclare bon pour la prison

Je déclare nouvelle constitution
Le pouvoir rendu à la nation
La fin de tous ces francs-maçons
Du sénat au palais bourbon

Je suis pour vos démissions
Mes très chers bourbillons
Vous ne serez plus à Matignon
Et n’irez jamais au panthéon

Je suis contre la révolution
Mais ne nous demandez pas pardon
Au nom de la sueur sur notre front
Je vous déclare bon pour la pendaison

TPV
Ns ❤
® »Vous n’aviez pas le droit »

 

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« L’amour au bout des lèvres » par Aliza Teraghia


aliza

Ce soir j’ai le cœur, le corps et l’âme si bohèmes
L’amour au bout des lèvres chasse les problèmes
Je me sens prête à embrasser le premier venu
Et s’il a froid, de le réchauffer de mon corps nu
Ce soir je me sens si envahie de douces fièvres
Ma langue rose humecte gourmande mes lèvres
Mes seins se tendent comme des promesses
Et je cambre en offrande sensuelle mes fesses
Ce soir je me sens l’âme tellement vagabonde
Je ressens en moi un désir sexuel qui m’inonde
Homme ou femme, pour moi ce soir peu importe
Je serais torrent d’amour si on frappe à ma porte
Ce soir j’ai le cœur, le corps et l’âme si bohèmes
Je ne veux plus entendre qu’un seul mot, aime
Il vaut mieux finalement que toi, lectrice ou lecteur;
Que tu ne viennes pas ce soir, je garderais ton cœur
J’emprisonnerais ton corps au creux de mes caresses
Et ta bouche et tes mains sur mes seins et mes fesses
Et enfin je me régalerais une éternité de ton âme
Brûlant pour moi d’une douce et belle flamme …
A nous deux tous les paradis et enfers interdits
Dans le sexe il y a tant de délicieux non-dits
Toutes nos nuits seront si chaudes en amour
Nous laissant un peu apaisés au lever du jour
Tu vois, il vaut mieux que tu passes ton chemin
Je t’aurais trop aimé bien trop de lendemains..
Nous aurions fait oublier Roméo et Juliette.
Ou Juliette et Juliette, non plus pas si bête
Tant pis, ce soir dors sur tes deux oreilles
Aliza ne sera pas au pays des merveilles

Aliza Teraghia Tous droits réservés

 

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« Si tu penses encore… » par Thierry Paul Valette


tpv

Si tu penses encore et toujours à hier
Que tes larmes brûlent tes paupières
Que tes chagrins te réveillent le matin

Si tes draps te rappellent encore à moi
Que chaque soir me ramène à ta mémoire
Que tu préfères rester seule dans le noir

Alors retrouve-moi aux pieds des dunes
Embrasse-moi comme la mer et le soleil
Offre-toi comme à la terre ce même rêve
De ces jours qui passent, qui s’enlacent
De ces jours qui passent, qui s’embrassent

La vie est une couleur qui efface les pleurs
La vie est une couleur qui efface les peurs

Si tes envies ne sont pas tombées en oubli
Que mes mains manquent à ton cou
Que mes lèvres manquent à tes joues

Si ta peau se rappelle à mes caresses
Que tu préfères mes baisers à un autre
Que tu crois que ce n’était pas ma faute

Alors retrouve-moi aux pieds des dunes
Embrasse-moi comme la mer et le soleil
Offre-toi comme à la terre ce même rêve
De ces jours qui passent, qui s’enlacent
De ces jours qui passent, qui s’embrassent

La vie est une couleur qui efface les pleurs
La vie est une couleur qui efface les peurs

Si tes rêves sont toujours les mêmes
Que tes mots sont encore je t’aime
Que tes cris résonnent dans la nuit

Si trembles de peur de me voir affaibli
Que tes pleurs n’attendent plus minuit
Que mes folies manquent à tes envies

Alors retrouve-moi aux pieds des dunes
Embrasse-moi comme la mer et le soleil
Offre-toi comme à la terre ce même rêve
De ces jours qui passent, qui s’enlacent
De ces jours qui passent, qui s’embrassent

La vie est une couleur qui efface les pleurs
La vie est une couleur qui efface les peurs.

TPV

 

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« La Dominatrice » par Aliza Teraghia


aliza

J’aurais aimé être une vraie dominatrice
Compter sur les derrières les cicatrices
Fouet, martinet, battoir ou fine cravache
Mon Dieu que j’aurais été vraiment vache
Mon texte ici déjà je sais va vous exciter
Vous me voyez déjà bien vous déculotter
Lentement mettre nues vos jolies fesses
D’abord les masser de douces caresses
Vérifier de temps à autre votre excitation
D’une main douce et experte, bel étalon
Quand ce membre aura durci à loisir
Alors mes coups donneront du plaisir
Vous en serez à vous mordre les bras
En inondant follement dans vos draps
Caresses et discipline, quel programme
Surtout venant d’une jeune et jolie dame
Et comme je n’investis pas en cuissardes
Justaucorps de cuir, chaînes et menottes
A vous dominer non, point je me hasarde
Là je fouette des œufs et un peu de lotte
Votre excitation retombe, j’en suis désolée
Ça me rappelle oh oui d’arrêter mon soufflet

Mais comme certains prennent ça au sérieux
Plutôt que de ranimer les envies.de messieurs
Ou de dames que la vie ne fouette pas assez
Et comptent sur moi pour un peu les ranimer
Lecteurs, un peu ou très masos par nature
Et de vouloir tenter avec moi cette aventure
Je pense avoir je crois d’autres chats à fouetter
Je ne dis pas de chattes pour vous émoustiller
J’ai toujours pensé que le mieux est la tendresse
S’anéantir tendrement à deux sous les caresses
Laisser dehors tout attirail autre que les sentiments
Et tout simplement s’aimer à en défier le temps

Aliza Tous droits réservés

 

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« L’Érotisme » par Aliza Teraghia


aliza

La poésie peut-elle être vraiment érotique
On a souvent un regard sur cela trop critique
Pourtant un peu de chair au-dessus de bas noirs
Entrevu à la hâte très vite dans quelque miroir
Et l’imagination devient folle excitation et désirs
Comme une envie impérieuse de doux plaisirs
Ou de passion incontrôlée d’être notre amant
Et de s’anéantir en nous et si délicieusement
Ce bout de chair a réveillé bien des fantasmes
Mais la pointe d’un sein, la courbe des fesses
Pour vous est synonyme de tas de caresses
Ceci vous remplit d’images toute votre âme
Nous marchons devant, vous pensez positions
Notre bouche vous sourit, vous pensez fellations
Dans nos yeux vous cherchez une acceptation
Si pour le soir même cela va être oui ou non
Y a-t-il poésie érotique ou n’y en a -t-il pas
Quand deux corps exultent entre les draps
Est ce que l’on versifie alors ses émotions
Met-on en vers sa jouissance et sa déraison
Non, on s’agrippe, on hurle, on crie, on jouit
C’est une forme comme une autre de poésie
Poète laisse ton luth et viens donc me baiser
Oui ça fait un peu pute mais il faut s’amuser
Les moments d’amour la vie non consommés
On a l’éternité pour amèrement les regretter
Alors brûlons au plaisir jusqu’à la chandelle
Pour se dire que cette vie vraiment est belle
Et je trouve que cette chair et mes bas noirs
Sont parfaits à donner ainsi un peu d’espoir
Tout désir non-dit est de l’autre côté du miroir
Propre à peupler vos fantasmes de ce soir
Y a-t-il poésie érotique ou n’y en a -t-il pas
C’est ce que vous ressentez qui vous le dira

Aliza Teraghia Tous droits réservés

 

 

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« Je t’écrirai… » de Thierry Paul Valette


tpv

 

Je t’écrirai sur des morceaux de pierre,
Comme si c’était encore hier,
Tous ces mots mis à l’envers
Qui s’effacent avec le temps.

Je t’écrirai sur des morceaux d’étoiles,
Comme si nous étions demain,
Tous ces fragments de sable
Qui s’évaporent dans la mer.

Je t’écrirai des lunes et des soleils,
Comme si c’était un rêve,
Tous nos espoirs d’aujourd’hui
Qui se respirent à l’infini.

Je t’écrirai des fleurs de miel,
Comme des épices orientales,
Toutes ces larmes de cristal
Qui te sublime jusqu’à ton cœur.

TPV

 

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« Le Cabaret des Muses » de Thierry Paul Valette


tpv

C’est l’histoire d’une femme atteint de la maladie d’Alzheimer. Au crépuscule de sa vie, il ne lui reste que quelques mois à vivre et elle nous livre ici dignement ses dernières volontés pour sa veillée funéraire.

Autrefois ,à la fin des années folles, elle fût une magnifique chanteuse de cabaret…

Aloïs est la personne qui à découvert cette maladie au tout début du siècle et qui porte aujourd’hui son nom : « Alzheimer »…
La musique aide les patients qui sollicite leur mémoire ancienne.

LE CABARET DES MUSES

Quand l’hiver sera enfin passé,
Je veux que tu viennes déposer
Aux pieds de ma chaumière,
Un joli bouquet de bruyère.

Avant que le printemps ne chantonne,
Que les hirondelles fanfaronnent,
De ma plus belle mousseline,
Aux tendres couleurs d’aubépines,

Je me serai dignement revêtue.
Je resterai belle ainsi étendue
Sur mon lit de soie et de chêne
Aux encens de sève et d’ébène.

Quand l’hiver sera enfin passé,
Je veux que tu viennes écouter,
Tout près de moi, sur une chaise
Cette éternelle balade irlandaise.

Les dernières bougies de cristal
Éclaireront mon linceul de gitane
Comme une vielle et folle profane
Qu’Aloïs aura rendu moins marginale .

Je deviendrai la chanteuse de minuit
Qui s’envole au cabaret des muses,
Cette mémoire qui hante les rues
Au son des vielles cornemuses.

TPV

 

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« Maman » par Thierry Paul Valette


tpv

Parce-que vieillir est une chance…
Et la liberté un devoir, la mémoire aussi….
6 Juin 1944 Opération DDay Overlord

Fragments.

Maman,

Quand j’ai senti ce vent de pluie pénétrant le ciel,
Je me suis précipité tout en en haut du Clocher qui dominait la baie de Colleville.
Dans le silence de son vaste empire.
Le soleil, tendre et pénétrant,
Qui chaque soir
S’endort aux soupirs des cormorans,
Semblait livrer sa dernière bataille.

Je fixais les nuages qui se rapprochaient de la falaise
Et s’élevaient face aux vieux remparts.
Comme de minuscules fourmis, désordonnés au loin,
J’apercevais les derniers marins qui remontaient leurs filets,
Les rares promeneurs qui s’agitaient plus vite que des pantins désarticulés.

Dans une symphonie de couleurs médiévales,
La peau du soleil d’ordinaire bronze doré aux teintes cuivrées,
Se recouvrait d’asphalte bleuté, de noix et de myrtilles.
Son regard injecté de rouge défiait
Dans une lumière électrique
Ces stratus et cumulus d’outre-tombe.

Ce soir la maman j’assistais aux noces du ciel et de la mer,
Et je savourais ce moment privilégié.
J’aurai voulu que mes yeux puissent dévorer le ciel dans son entier,
Que ma bouche croque ce savoureux biscuit de tempête .
Que mes mains d’argile
Touche cette mer saupoudrée
D’écume et de jade en fusion.
D’immenses vagues en colère
Se fracassaient contre les rochers.
Rappelant à ma mémoire
Ce 6 juin 1944

Ce soir la maman, je redevenais un enfant ,
Ton enfant
Mais un enfant
En pleur,
Fragile,
Abandonné,
Terrorisé,
Prisonnier entre deux générations,
Qui par ce sale et triste mois de printemps 44
Avait vu cette interminable grève gémissante avide de chair fraîche,
Assoiffée de sang chaud,
Cette plage grondante aux dantesques et impénétrables lueurs rougissantes
Jeter à mes pieds ces fragments de soldat démembrés,
Agonisants en cris , entre râles et douleurs décharnées.

Maman
J’aurais tellement voulu que tu sois la,
Si près de moi ce matin-là,
Que tu caches mes yeux d’enfants,
Que tu poses tes mains contre mes oreilles
Pour que je n’entende pas jusqu’à la fin de mes jours
Les bruits de ces mitraillettes qui percent les os et fendent les vies ,
Les bruits de ces obus qui explosent en cœur
Dans les cris et les pleurs et qui ne laissent derrière eux
Qu’une sale odeur de soufre, de puanteur et de chair brûlée.
Aujourd’hui encore viennent chaque nuit hanter dans ma mémoire ces terribles douleurs
Qui sans cesse me rappellent que non
Tu ne pouvais pas être la maman
Ce jour-là
Ce matin-là
Sur les plages d’Omaha

Parce-que du Vel d’ Hiv tu n’allais jamais rentrer.

TPV

 

 

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« Te souviens-tu ? » de Thierry Paul Valette


tpv

 

Te souviens-tu du petit Nicolas,
De cet enfant à la peau chocolat,
Que tendrement dans tes bras
Tu croquais d’un air si délicat ?

Te souviens-tu de ses larmes,
De tes rires de jeune femme,
De ton cœur qui s’enflamme
À ses premier pas sur le macadam ?

Te souviens-tu de tes baisers,
Que par milliers tu déposais,
Sur les joues de cet écolier
Doucement chaque soir d’été ?

Cet écolier que tu appelles monsieur,
Que tu regardes d’un air malheureux,
Parfois même si vide et dangereux,
Est pourtant ce que tu as fait de mieux.

Et parce-que s’est arrêté le temps,
Que désormais tu ne sais plus quand,
Alors je te le dis bien tristement
Maman, c’est moi ton fils ton enfant.

TPV

 

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« Le temps est fou » par Aliza


aliza

 

Il faut cesser un jour de compter les ans
Le Temps en sera-t-il un peu plus lent
Ce vieil ennemi nous suit sans cesse
On a beau se dire que rien ne presse
Il est là, nous attendant à la porte
Riche ou pauvre, il nous emporte
Du jeune prince il fait un vieux roi
Qui attend la mort avec trop d’effroi
De la princesse si jeune et si belle
Il la change en cette horrible vieille
On le perd souvent pour peu de chose
Politique, people, actu à forte dose
Il faut débarrasser de ça la table
Le Temps perdu est introuvable
On ne le retrouve plus jamais
Je pianote ce texte sur mon clavier
Le Temps à côté de moi passe
Aussi vite pourtant que je fasse
Alors que faire pour enfin l’oublier
Je ne sais rien d’autre qu’un baiser
Au moment où nos lèvres se joignent
Son triste sablier le Temps l’empoigne
Il ne compte plus toute une éternité
Aime moi comme follement je t’aime
L’amour est la meilleure des murailles
Les vieux couples qui encore s’aiment
Restent jeunes même si on les raille
Serre moi dans tes bras mon amour
Et nous conjuguerons le mot toujours
Oublions à jamais le temps qui passe
Ensemble il n’est plus cette menace
Remporte ton sablier ailleurs, le Temps
Plus d’autres saisons que le printemps
Plus de jours, heures, minutes, années
J’aime, j’oublie à jamais ton calendrier

Aliza Teraghia Tous droits réservés

 

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« LE JOUR DE NOËL » par Aliza Teraghia


aliza-teraghia

Dans un monde de guerres, en crise, de sexe
Et de fric roi où tout n’est devenu que prétexte
Où on pense que baiser est synonyme d’aimer
En ce jour de Noël je ne sais plus quoi penser
Roméo est au chômage, Juliette bosse en usine
Survivre encore un peu, ils cherchent la combine
Tristan au RSA,Yseult caissière en super marché
Ils pensent surtout comment pouvoir payer le loyer
Cyrano souffle à Christian qui grimpe au balcon
Avec ta sécu minable, surtout va pas faire le con
Roxane attendra, on a plus le temps d’un baiser
Ce doux point rose qu’on met sur le verbe aimer
Pourtant moi,qui ne doit pas être tellement normale
Je rêve d’un monde où la tendresse serait si banale
Ou le mot bonjour voudrait vraiment dire bon jour
Où amour ne serait pas juste vouloir faire l’amour
Je sais bien, c’est Noël, on se fait plein de souhaits
Demain ce sera juste si on est en train d’éternuer
Demain on pourra enfin oublier l’esprit dit de Noël
Et mettre emballages et tendresse à la poubelle
Redevenir indifférent sauf à ce qui nous touche
Et pour tout le reste ne plus ouvrir notre bouche
Et s’indigner et protester fort en cas de problème
Que les autres, ces égoïstes, fassent de même
Mais aujourd’hui c’est Noël, des souhaits et bisous
Même à ceux qui se foutent vraiment bien de nous

Aliza Teraghia Tous droits réservés

 

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« Corps à corps » par Annette Canard


Annette

 

Dans l’ombre, je la devine prostrée,
Le menton reposant sur le bois sacré.
Un son triste masque son regard éteint,
Chevauche ses lèvres entrouvertes
Qui bercent ses premiers accords,
Ses premières cadences.
Soudain,
Une mélodie impétueuse fuse,
Telle un flot bavard déferlant sur nos vies.
Les cordes frémissent dans un supplice.
L’archet docile en émoi sculpte la voix de son violon
Un long sanglot broute et pille les cœurs en écoute.
Son autre posée sur son miroir rêve d’un violon dingue,
Accordé juste pour aimer.
Un archet qui caresse et ose,
Qui épuise, étourdit de folles notes
Pour expirer sous une avalanche d’applaudissements.

Annette Canard, le 14 juin 2016

Un texte dédié à mon amie Laurence P. de Soumoy

 

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« Le voyage inachevé – Une vie volée » par Annette Canard


Annette

 

C’était le premier jour du printemps,
Une saison pour s’éteindre à jamais.
Au travers les morts,
Des destins brisés,
Des alliances en deuil.

Des vides atroces emplissent les regards,
Des peines colossales saturent les esprits.
Aux travers ces cibles,
Des souvenirs qui résonnent,
Des aventures qui se soldent.

Parce qu’ils étaient là
Aux maudits endroits,
Aux ignobles moments.

Aux travers ces victimes,
Une déchirure
Entre une écrasante sensation d’injustice
Et le lourd fardeau de la fatalité.

J’ose immortaliser la trace
De ceux qui ont égaré leur vie,
Leur offrir un fragment de mon humanité
Pour étouffer toute la barbarie.

Je déshabille chaque portrait,
Ceux qui reflètent notre société.
Ces martyrs c’est nous,
Le deuil des proches,
C’est le deuil des belges.

Annette Canard, le 03 mai 2016

 

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« Couleurs du temps – Regards féconds » par Annette Canard


Sophie Neveux

Sophie Neveux

 

Je m’accroche aux épines qui percent mes aubes blafardes.
Prêtes à s’éteindre, elles s’attardent,
Me tendent leur piège chamarré d’histoires bavardes.
Leur éternelle revanche, sans répit, me bombardent.

Je peins les jardins de mon âme.
Ses lumières dansent et se pâment.
Ses feuilles font raisonner des venelles sans flamme,
Que le vent ravive sans blâme.

L’orangé sur ma toile héberge les épices dorées et mielleuses,
Butine les amants de marmelades prometteuses,
Éclabousse le soleil couchant de mes nuits de romance voluptueuse,
En fait l’emblème d’une Inde vertueuse.

La symbiose de mon rose,
Arrose ma féminité et son apothéose,
Sue la pêche des champs toute éclose,
Réveille les civilisations ancestrales écorchées qui m’indisposent.

Pour moissonner son jaune, j’étripe le tournesol
J’en tisse une topaze mordorée qui me console.
Cette teinte d’éveil qui siège la fleur me déboussole,
J’en réchauffe la pâleur du monde qui me désole.

Mon azur acclame,
La naïade qui brame.
Une exquise entrave sans drame
Dans la révolte de mon esprit qui s’exclame.

Mon rouge s’habille de passion,
Fruste mes raisons,
Allège mes ébullitions
Quand elles craignent de déplaire par trop de dévotion.

Mes élans sanguins cicatrisés qui me souillaient,
Reflètent mon violet,
Animent des guimauves sans reflet
D’une enfance évaporée qui veillait.

Je demeure accrochée au bout de mes pinceaux.
Les larmes qui nichent au fond de mon berceau,
Forment des rinceaux
Glissant dans mes doigts et enfantent tous ces jolis faisceaux.

Annette Canard, le 03 mai 2016

Je dédie ce texte à Sophie Neveux, pour sa peinture.

 

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« L’enfant de personne » par Annette Canard


Annette

 

Pour un bref moment d’amour,
Frêle, étourdi, passager d’un jour,
Elle se retrouve reniée,
Maudite et disgraciée.
Dans sa tête solitaire,
Elle piste sans trêve ses origines « calvaire »,
Épluchant les ressemblances,
Fouillant les alliances.
Elle aimerait rompre avec ses liens de sang,
Ne plus penser à cette semence fleurie dans ce ventre calomniant.
Rien ne cèle
Sa soif de savoir qui chancèle.
Son pinceau traîne sa peine,
Fend ce mystère sans aubaine.
Elle l’habille pourtant de couleur,
Pour gommer le faux pas ancestral sans cœur.
Ce bagage qui n’est pas le sien
Est une malédiction de ses demains.
Son âme dans une impasse,
Ses cruelles racines dans son vase,
Asphyxie sa vie,
Inonde son divin visage tâché de suie.
Cette ombre sans profil
L’accompagne partout dans sa détresse indocile.
Ses pensées la confinent dans le silence,
Sa honte se lit sur sa bouche en carence,
Dévalisant tous ses rêves d’enfant.
Cet instant si court, si innocent
Où son petit être
S’est désuni du cordon maternel pour naître,
La baptisé fille du ciel,
Enfant du néant sacrificiel.
Emmaillotée sans confort du X avec obligation,
Portant un bracelet sans blason,
Elle guette le cimetière de ces baisers,
Où ses espoirs sans écho naissent et meurent sans tisser.

 

Annette Canard, le 13 avril 2016

 

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« ÉROTISME » par Aliza Teraghia


Aliza

 

La poésie peut-elle être vraiment érotique
On a souvent un regard sur cela trop critique
Pourtant un peu de chair au-dessus de bas noirs
Entrevu à la hâte très vite dans quelque miroir
Et l’imagination devient folle excitation et désirs
Comme une envie impérieuse de doux plaisirs
Ou de passion incontrôlée d’être notre amant
Et de s’anéantir en nous et si délicieusement
Ce bout de chair a réveillé bien des fantasmes
Mais la pointe d’un sein, la courbe des fesses
Pour vous est synonyme de tas de caresses
Ceci vous remplit d’images toute votre âme
Nous marchons devant, vous pensez positions
Notre bouche vous sourit, vous pensez fellations
Dans nos yeux vous cherchez une acceptation
Si pour le soir même cela va être oui ou non
Y a-t-il poésie érotique ou n’y en a -t-il pas
Quand deux corps exultent entre les draps
Est ce que l’on versifie alors ses émotions
Met-on en vers sa jouissance et sa déraison
Non, on s’agrippe, on hurle, on crie, on jouit
C’est une forme comme une autre de poésie
Poète laisse ton luth et viens donc me baiser
Oui ça fait un peu pute mais il faut s’amuser
Les moments d’amour la vie non consommés
On a l’éternité pour amèrement les regretter
Alors brûlons au plaisir jusqu’à la chandelle
Pour se dire que cette vie vraiment est belle
Et je trouve que cette chair et mes bas noirs
Sont parfaits à donner ainsi un peu d’espoir
Tout désir non-dit est de l’autre côté du miroir
Propre à peupler vos fantasmes de ce soir
Y a-t-il poésie érotique ou n’y en a -t-il pas
C’est ce que vous ressentez qui vous le dira.

Aliza Teraghia Tous droits réservés

 

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« PANAMA » par Aliza Teraghia


Aliza Teraghia

 

Le seul mot qui rime bien avec riche
Le seul qui vient c’est ce mot de triche
Les rats ont toujours quitté le navire
Le profit de leur vie est le seul empire
Ils n’ont ni honneur ni de sens moral
Le paradis pour eux est juste fiscal
Quand donc va-t-on enfin dératiser
Enfin traquer tous ces rats sans pitié
Et bloquer partout ce semblant d’état
Qui s’appelle vaguement Panama
Sa création donna lieu à un scandale
Ce n’est pas sa propriété ce canal
Il appartient en fait à toute la planète
Qu’on lui verse pour ça une cacahuète
Sans lessive Panama blanchit l’argent
Bien souvent volé à tellement de gens
Tout à fait par hasard enfin on le sait
C’est bien d’en avoir crevé cet abcès
Jésus disait les riches pas de paradis
Leur âme avide ne vaut pas un radis
Enfer 5 étoiles avec supplices assortis
Mêmes morts on est entre gens choisis
Il nous reste à nous de payer nos impôts
Toujours les mêmes qui n’ont pas de pot
Et sur la carte du monde au nom Panama
De la décorer d’un très joli crachat …
Je sais bien, c’est vraiment peu de chose
Mais au moins mon humeur passe au rose
Vitupérer l’époque on a cet amer plaisir là
Alors au diable les nantis et leur Panama

Aliza Teraghia Tous droits réservés

 

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« Sur le lit de fleurs noires » par Annette Canard


Annette Canard sur La Libre Gazette

 

Il y a des drames
Qui calcinent toutes nobles pensées,
Des hasards
Qui plombent tous élans,
Des réalités
Qui rendent immatures pour les braver.

Il y a des chemins
Qui évincent tous pas vers une quiétude illusoire,
Des berges
Qui manquent de larmes pour peindre le torrent du chagrin,
Des venelles
Qui refusent de sillonner dans le creux des yeux labourés.

Il y a des gens
Qui feuillettent sagement les ans de survivance,
Des êtres
Qui scellent les chapitres d’une odyssée fatale,
Des potes
Qui ruinent des souvenances glaciales.

Dans une lassitude funeste,
Tous les espoirs fiévreux laissent leurs cendres.
Je ne sais cueillir les mots pour exprimer l’inexprimable,
Je ne sais célébrer les notes pour consoler l’inconsolable.

Dans les lendemains dépanneurs
Tous les sentiers apaisants enchaînent les peines.
Rien ne bondi,
Rien ne s’évade.
Dans la tête
Tous les sérums pour éponger les mots qui saignent.
Des silences que la douleur fait fleurir,
Des silences pour maudire.

Dans les cœurs mutilés,
Tous les vaisseaux réclament du temps pour s’adoucir.
Faut rester debout,
Faut s’armer de courage.

Dans ces orages,
Toute mon encre fait pleuvoir sans grand espoir.
Demain le ciel peindra ton chemin souverain
Demain tu ne seras plus le même.

 

Annette Canard, le 05 avril 2016

 

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« La faim du monde » par Annette Canard


Annette

 

Le gris de fatigue et d’érosion
Éteint mon être.
Mais,
La lumière sévit dans mon regard.
La flamme qui s’y consume
Est
Farouche et pure.
Son ardeur est invincible.
Mon évasion sur l’archipel du verbe
M’offre un vagabondage rempli d’images.
Celles,
De clémence en friche
Et
De générosité en jachère.
Sur cet horizon crépusculaire
Où le ciel est bas,
Les nuages séquestrent les vivants sur un sol injuste,
Amputé d’humanité.
Ce décor nauséabond,
Où baignent des gueules sans foi, ni loi
Écorche ma poésie sauvage
Et
Renie l’humain dans l’inhumain.
Ma visée s’envole vers la clarté du salut.
Si la vie n’est plus que tempête, fougue et hargne
Tout est perdu.
Si l’humanité se fane
La menace,
C’est de la perdre à jamais.

 

Annette Canard, le 26 février 2016

 

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« La mercenaire du Gange  » by Annette


Annette

 

Là-bas,

Règne un duo d’empreintes

Celles du possible et de l’impossible.

Là,

Le pensable peut bondir partout,

Surgir à toute heure.

Là,

Le rêveur,

Le vagabond,

Se dérobent,

Errent captifs d’une flânerie à mi-chemin

Entre Illusion et réel,

Entre,

Mystère et clarté.

Tel,

En ces entrailles,

Le silence

Séquestre toutes les mélodies,

Renferme toutes les poésies

De tous les dialectes.

Sa voûte azurée,

Engrange dans ses brumes,

Aux multiples semblances,

Tous les hasards,

Toutes les épopées,

Toutes les rencontres,

D’où éclatent les orages

De tous les imprévus

Et De toutes les surprises.

 

Annette Canard, le 21février 2016

 
 

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« L’amour en miette » par Annette


L'amour en miette

L’océan de mes peines

Se brise sur des récifs

De refus et de silence,

Rend son clair de lune veuf d’étoiles.

 

Son écume sucre mes lèvres

N’absout ses baisers feints.

Leurs vertiges

M’offraient la floraison de rêves secrets.

Mon corps se plisse sous ce pénible fardeau.

La pluie de mon regard

Noie mon âme loyale,

N’apaise mon être avide de son étreinte.

 

J’implore sans espérance,

Les saisons de peine pour qu’elles s’effacent

La colère lumineuse pour dorer mon esprit

L’oubli radieux pour soulager mes démons.

 

Cette nuit mes ailes de désespoir

Se posent sur le lit d’un autre.

Elles étouffent les braises de leurs baisers,

Libèrent des lendemains désenchantés.

 

Ma chair se froisse

Sous le poids de ce bouclier sans providence,

Calcine mes pensées

Ancrées dans sa victoire.

 

Viendra un soir,

Où je la gracierais

Elle fera de mon corps

Une caresse d’ivresse.

 

REFRAIN

Mes mains se tendent vers

Cette colère de haine

Pour celle qui porte mon amour.

Mes mains se fâchent

De cueillir ses mensonges,

Se cabrent devant ces flammes de calvaire

Qui ne sont que tourments.

 

Écrit par Annette Canard, le 12 mai 2015

Chanson dédiée à mon ami Philippe Chauveau-Beaubaton qui a perdu sa muse.

 
 

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